Eliott

Je suis une voyageuse confortable et toute aventure de ce calibre est au-delà de moi.

Mais j’imagine.

Etre en éveil et démuni, ouvert comme un gosse bouffeur d’atlas et avancer sans munitions, libre de tout préjugé, c’est peut-être cela  partir. Disparaître et se présenter au monde comme une feuille blanche : il me semble que c’était son idée. Se laver de soi, en sachant que la route vous prend toujours ce que vous avez essayé, malgré tout, de garder en douce.

J’ai lu la faim, la soif, la peur parfois mais aussi une joie à tracer son chemin dans ce désert vert puis blond, et, à la faveur de rencontres nomades, dans ces langues inconnues.

Le voici rentré.

Les retours sont le temps de l’écriture et d’une certaine souffrance. Il ne s’agit plus d’éveil  mais de  réminiscence.  La page s’est remplie et a laissé des traces. Donner à sentir est plus dur que donner à voir. Et les mots sont lents à venir parce qu’on veut être juste et laisser ouverte la porte du voyage aux rêveurs et autres aventuriers.

Donner à sentir sans peser. Donner de la vie à ce re-vivre.

Une autre aventure, plus tactile mais tout aussi physique, l’attend. Je ne connais qu’une seule compagne sur ces sentiers là : la musique. Celle qui a rythmé les jours, celle dont le corps se souvient. Celle qui viendra.

 

Pour le suivre : https://www.facebook.com/eliottschonfeldaventurier