Une époque formidable

Saisissant. En quelques jours à peine, le Rassemblement national sera devenu fréquentable tandis que la Nupes croupit dans son coin. Son défaut : abriter des sauvages non républicains regroupés sous la bannière LFI. Le refus d’un jeune insoumis de serrer la main d’un député Rassemblement national a plus d’importance que le discours nostalgique de l’Algérie française du doyen d’âge RN de l’Assemblée (qui se souvient à peine de ce que fut l’OAS) ou l’accession de deux membres de ce même parti à la vice-présidence (VP) de cette même assemblée grâce à des voix macronistes. Quoi ???? Mais comment ???

L’arithmétique est impitoyable comme le fait observer ce twittos (@malopedia) très au fait de la vie parlementaire qui note plusieurs singularités dans l’élection de ces deux représentants :

  1. Avec respectivement 290 voix (pour S. Chenu) et 284 (pour H. Laporte), ils ont obtenu bien plus que les 89 voix de leur groupe. Et bien plus que les 151 voix qu’on obtient si on y ajoute les 62 voix de LR. Même en faisant l’hypothèse que les membres du groupe LIOT ( Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoire) et les non-inscrits aient eux aussi tous voté RN (et il y a peu de chances que ce soit le cas, voir notamment l’attitude de C. de Courson, qui fait partie de ce groupe, lors de la désignation de la présidence de la commission des finances), il manque environ 114 voix pour avoir les 290 qu’a fait S. Chenu ;
  2. Il y avait aussi des candidats RN lors des votes pour les postes de secrétaire, qui ont obtenu 118 voix pour Bruno Bilde et 116 voix pour Edwige Diaz au premier tour (et 102 voix pour Bilde et 94 voix pour Diaz au second tour, nb : ils ont perdu) ;
  3. Si on revient aux voix des VP : 284 et 290 voix pour les candidats RN, c’est très suspicieusement proche d’un nombre important : 289. Si ce nombre ne vous parle pas : c’est (577/2)+1, c’est à dire pile la majorité absolue des sièges.

Bref, tout cela semble, pour le moins, curieux. D’autant qu’à croire ce même twittos (pas spécialement nupesien, je précise)  » si chaque groupe (ou alliance (Nupes / macronistes)) avait voté pour ses propres candidats et aucun autre, il n’y aurait eu aucun VP élu aux tours 1 et 2, il aurait fallu aller au 3ème tour, et LREM (Renaissance) aurait pu rafler tous les postes (sous réserve de présenter assez de candidats) ».

Je vous conseille si vous avez un compte twitter d’aller lire l’ensemble de la démonstration car tout cela me dépasse faute de connaître sur le bout des doigts les règles applicables au fonctionnent de l’Assemblée qui m’ont tout l’air d’une usine à gaz. Vous pouvez aussi zapper et aller direct à ce résumé d’une semaine parlementaire pour le moins « insolite »:

ou ici :

Bon, d’accord, c’est orienté mais c’est fait exprès car la médiasphère mainstream est devenue si unanime qu’il devient presque osé de se poser des questions.

Ainsi, la Nupes se voit sommée de répondre sur ses intentions futures : « opposition frontale ou opposition constructive ? » Question où l’on voit poindre quelques inquiétudes fiscales comme le nez au milieu de la figure. Question qui n’est pas posée au RN dont l’économie (sic), en particulier, n’est pas la tasse de thé et qui ne fera pas de vagues sur ce sujet délicat.

Bref, on est dans un marigot pas très engageant. La semaine prochaine, E. Borne engagera-t-elle la responsabilité de son gouvernement ? Celle qui se termine me donne à penser qu’elle ne risquerait pas grand chose. Si elle ne le fait pas, la Nupes sera sans doute seule à présenter une motion de censure… vouée à l’échec.

Une « drôle » (sic) de cohabitation s’engage…assurément dangereuse si on continue sur cette pente :