Digressions covidiennes (puisqu’il est difficile d’en sortir)

Société | Cercle Progressiste Carnussien | Page 7

Drôle d’ambiance un peu flottante qui me ramène à début mars. Alerte maximale dans Paris et les départements de la petite couronne, dans la métropole d’Aix-Marseille et la Guadeloupe. Si la tendance actuelle se confirme d’ici dimanche, les bars et restaurants fermeront en région parisienne à partir de lundi, et les soirées et les fêtes de famille seront interdites. Le confinement général a coûté trop cher économiquement pour être à nouveau envisagé, mais l’étape suivante pourrait être des confinements localisés ou temporaires, le temps que la fièvre baisse.

On ne sait pas, les ondoyantes et successives annonces gouvernementales et le centralisme peu démocratique de la gestion de cette crise, avec en « appui » des « machins » multiples dont on finit par perdre de vue la compétence, n’aident pas à y voir clair, voire hérissent. Difficile d’obtenir la coopération des élus locaux quand on les zappe. Ajoutez à cela une parole largement discréditée dès l’origine autour des masques …

Aujourd’hui les délais d’obtention des résultats des tests nasaux PCR les rendent inutiles, alors on place ses espoirs dans des tests salivaires et antigéniques dont les résultats seraient plus rapides. Mais si les vannes sont également aussi ouvertes que pour les précédents ne risque-t-on pas, là encore, la saturation ? Et d’ailleurs qui les produit ?

En Finlande, des chercheurs ont décidé d’utiliser des chiens, et leur odorat, pour repérer les malades. « Lorsque vous arrivez à l’aéroport d’Helsinki », raconte ce correspondant de RFI, « vous avez la possibilité d’entrer dans une petite pièce pour frotter vos aisselles ou le creux de votre cou avec un morceau de tissu. De l’autre côté du mur, un dresseur récupère l’échantillon et le fait sentir à son chien qui peut savoir en dix secondes si vous êtes ou non infecté par le coronavirus. » Il paraît que ça marche. Petite question tout de même : la formation du chien c’est combien de temps ?

https://www.rfi.fr/fr/europe/20200928-en-finlande-chiens-d%C3%A9tecter-le-covid-19-en-10-secondes?ref=tw

Et puis quelle durée d’immunité ? Une jeune collègue, qui assurait avoir eu le Covid au printemps, a été contaminée par une amie testée positive. Elle s’est claquemurée chez elle pendant la semaine réglementaire mais n’était pas sortie de la toux quand elle nous est revenue …brièvement car elle a été prestement renvoyée chez elle. De deux choses l’une : au printemps c’était pas le Covid ou alors le temps d’immunité est vraiment réduit.

Un grande différence par rapport à mars cependant : le virus a circulé joyeusement tout l’été et l’on n’a plus cette configuration de « clusters départementaux » qui permettaient un « délestage » d’un CHU à un autre. Considérera-t-on plus sérieusement l’option d’associer les établissement privés ? Il semblerait que le nombre de lits en réanimation HP n’ait pas été relevé.

Je ne suis pas assez comptable, par ailleurs, pour jauger et juger de la pertinence (suffisance ?) des différents objectifs nationaux de dépenses figurant dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2021, mais je suis tout de même très dubitative. Lire ici, tout de même, entre autres choses :

Voilà, je tourne en rond un peu autour de tout ça en me demandant si cette réduction de vie sociale, spatiale et temporelle n’est pas une incitation sérieuse à la penser autrement ou à la repenser (là je crois que je vais avoir droit à une remarque sentie de l’un de mes lecteurs qui se reconnaîtra).

Et puis, il y a ça :

https://www.radioclassique.fr/magazine/articles/polemique-autour-dune-campagne-daffichage-sauvage-en-faveur-demmanuel-macron/

Quand Angela Merkel, chancelière depuis bientôt 15 ans – un record de longévité – incarne la stabilité de l’Allemagne (alors qu’elle était assez mal avant le Covid), la popularité de notre Jupiter yoyotte au niveau des sondages. La faute à ce remaniement ministériel de juillet dernier ? J. Castex, c’est le moins qu’on puisse dire ne convainc pas.

Où se situe-t-il d’ailleurs, notre Président, qui se sent des ailes à l’international (Liban, Turquie…) et semble si « distrait » au national (séparatismes exceptés) ces derniers temps.

Est-ce pour cela que LREM a sorti de son chapeau ces « drôles » d’affiches, recyclant sans imagination excessive le « ensemble tout devient possible » de Sarkozy de 2007, et tweete sans compter la même chose ?

En attendant D. Trump a été testé positif au Covid (une des rares choses positives chez lui) ainsi que sa femme. Je n’ai pas regardé le « débat » entre lui et Biden l’autre jour mais pour ce que j’en ai lu et subodoré de postillons dangereux, je serais le candidat démocrate, je me ferais tester fissa (peut-être l’a-t-il fait d’ailleurs ?). Il serait assez amusant qu’au bout du compte – car ils sont tous les 2 dans la tranche d’âge des personnes à risques – les américains se retrouvent dans un mois à devoir choisir entre leurs « vices ».

Ce corona qui nous dépasse

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Deux personnes (en « pause cigarette » est-il bizarrement précisé) blessées à l’arme blanche dans le 11e arrondissement de Paris, ce vendredi 25 septembre, dont une grièvement, lors d’une attaque qui s’est déroulée en fin de matinée près des anciens locaux de Charlie Hebdo.

Covid-19 : Marseille se révolte contre « l’affront » des nouvelles restrictions liées à l’épidémie. Dès samedi, bars et restaurants devront fermer. De même que tous les lieux accueillant du public et ne respectant pas un protocole sanitaire strict.

A Paris, les bars fermeront à 22 heures, les rassemblements de plus de 10 personnes seront interdits à partir de lundi. La carte de France vire au nuancier gris-rouge :

mais on assouplit le protocole sanitaire dans les écoles, au motif que les enfants seraient moins contagieux (Ah bon ?). Les étudiants s’entassent dans des amphis trop petits pour les accueillir et les travailleurs dans les transports en commun. Distanciation, mon amour.

Tout ce qui a pu se dire avec des trémolos dans les voix pendant le confinement – pour cause de pénurie de masques mais aussi, semble-t-il, de stocks stratégiques de médicaments à plat – est démonétisé. Nous ne sommes plus en guerre mais il faut « vivre avec le virus », urgence économique oblige.

Ces 8 semaines de quasi absence de vie sociale ont ouvert des boîtes de pandore qui n’ont pas fini déverser leur contenu. Et l’impression de flotter dans une atmosphère de mensonge – excusez- moi, d’affirmation à tort, de raccourcis ou d’imprécisions pour reprendre la novlangue de notre ministre de la défense – alliée au sentiment que la politique sanitaire est menée par un Gouvernement sans tête – après avoir encouragé le retour au travail dans les murs des entreprises, nos autorités ont fait marche arrière, ré-encourageant le télétravail, en particulier pour les personnes vulnérables. Mais elles ne sont pas revenues sur le décret du 29 août 2020 qui a drastiquement réduit le nombre des personnes jugées vulnérables face au Covid-19, lesquelles ont le droit au télétravail, et si ce n’est pas possible, au chômage partiel – ne fait rien pour remonter le moral.

Bref, je me demande ce qui va bien pouvoir « sauver » cette singulière année pour rester polie : un vaccin ? Le Sida qui, 40 ans après, attend toujours le sien, devrait nous inciter à plus modestement espérer un traitement. Mais à quel prix ? Le soin n’est plus un sujet et la santé est devenue un commerce extrêmement lucratif. La boulimie des labos pharmaceutiques n’étant plus un mystère, quelle instance osera les mettre au régime ?

Pour moi, le nez dans le guidon de la nouvelle édition d’un ouvrage consacré aux représentants du personnel, je me dis que j’ai peut-être aussi loupé un coche. Créer un chapitre sur la protection de la carrière professionnelle des représentants n’était pas totalement dénué d’intérêt mais peut-être aurais-je mieux fait d’en anticiper un sur la représentation des salariés au temps du télétravail … sans tirer exagérément de conclusions de ces derniers mois. Pour un intéressant instantané sur le sujet lire par exemple ici :

https://www.actuel-ce.fr/content/pour-70-des-elus-du-personnel-la-charge-de-travail-liee-aux-mandats-augmente-depuis-la-crise

Ainsi brinquebale ce vaste monde et je me demande (encore) si le grand Alexandre (Vialatte) n’aurait pas été obligé par la rédaction du journal « La Montagne » de faire le deuil de sa chute : « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ».

Je suis Amish

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 » Oui, la France va prendre le tournant de la 5G  (….) J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine« 

Commentant ces propos un twittos écrivit : Le méprisant de la République. Ce qui me paraît assez bien résumé. Car c’est plus fort que lui. Le Gaulois réfractaire ayant vécu, voici donc les Amish. Les intéressés s’en moquent sans aucun doute, les citoyens de la convention climat beaucoup moins : la demande d’un moratoire sur la 5 G faisait partie des 149 mesures proposées que le chef de l’Etat s’était engagé à reprendre. Où il se vérifie, une fois de plus, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Une étude d’impact sanitaire et environnementale avant d’accorder des licences serait-elle superflue ?

Pas sûr

http://La 5G arrive en France, mais les autorités notent « un manque important de données sur ses effets sanitaires »

http://Tour du monde des réseaux mobiles 5G : les particuliers ne sont pas conquis

mais Jupiter ne saurait s’arrêter à ces considérations. Le doute ne fait pas partie de ses affects. « Le progrès vous dis-je  » ne se discute pas. On croirait entendre Diafoirus.

Il arrive un moment où l’on ne sait plus qualifier les gens. Le devrait-on d’ailleurs. Sans doute pas mais cela soulage souvent. En ce qui concerne E. Macron, j’hésite entre plusieurs qualificatifs que je ne dévoilerai que contre faveurs sonnantes et trébuchantes (je plaisante) : vu de ma fenêtre, cet homme est inconscient de la violence qu’il distille via ce genre de sorties (on se souvient outre des gaulois réfractaires, des illettrées, du costard, de traverser la rue, du pognon de dingue etc. A propos de ça, la réfection de son bureau nous aura coûté bonbon.Start-up nation mais old style présidentiel ).

Mais, au fait, c’est quoi la 5G ? Selon l’ autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (Arcep)

« La cinquième génération de communications mobiles (5G) se présente comme une génération de rupture, celle qui ne s’intéresse plus uniquement au monde des opérateurs mobiles grand public, mais qui ouvre de nouvelles perspectives et permet la cohabitation d’applications et usages extrêmement diversifiés, unifiés au sein d’une même technologie.

La 5G doit permettre un saut de performance en termes de débit (qui doit être multiplié par 10), de délai de transmission (qui doit être divisé par 10) et de fiabilité de la communication.

Elle devrait être un véritable « facilitateur » de la numérisation de la société, en autorisant le développement de nouveaux usages : réalité virtuelle, véhicule autonome et connecté, ville intelligente (contrôle du trafic routier, optimisation énergétique), industrie du futur (pilotage à distance des outils industriels, connectivité des machines)… »

Outre la vacuité du discours, c’est ignorer sciemment que beaucoup sont loin de pouvoir accéder à cette discutable petite merveille.

Drôle d’époque où, de plus en plus, on ne se pose pas la question de l’utilité des choses mais de comment les acquérir pour la seule raison qu’elles existent. Quel bonheur d’acheter un cache-pot en forme de pot….mais un pot design !

Jupiter a-t-il jamais sérieusement songé à la notion de « progrès » ? Sans doute pas. Pour cet homme pressé, il ne faut pas rester en queue de peloton, il faut aller vite sans être trop regardant.

Alors je songe à J.Ellul et à ce constat qui n’a pas pris une ride : « La Technique ne se contente pas d’être le facteur principal ou déterminant, elle est devenue Système, et l’homme est au service de la technique plus qu’elle ne le sert ».

« Si la technique est totalisante », poursuit Ellul, « c’est-à-dire si le système technicien est capable d’intégrer tous les phénomènes nouveaux au fur et à mesure qu’ils se présentent, si la technique est récupératrice, c’est-à-dire si tous les mouvements révolutionnaires sont finalement récupérés par elle, qu’est-ce qui peut bien lui échapper ? D’un point de vue humain, rien. »

Voir pour plus de détails ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ellul

En sommes-nous là ?

Rien à voir,

Olivier Véran: « Les cas contacts de cas contacts ne sont pas des cas contacts ». Ah, bon ???? Et pourquoi donc ? la causalité serait-elle rompue ? Moi, ce genre de sortie, cela me fait penser à Bobby Lapointe (takatietakité). Après les masques, les tests, notre ministre de la santé est en bonne voie de crédibilisation.

Des décisions difficiles

Compte rendu de l’allocution sanitaire de Jean Castex par « Les belles tapisseries autogérées@Belletapisserie »

Le résumé me semble assez clair et, pour ce que j’ai pu lire, complet.

Comme le fait remarquer Bernard Pivot sur twitter : « Plus les autorités politiques et médicales disent et répètent qu’il ne faut pas inquiéter, plus nous nous inquiétons de ce qu’elles savent et qui est sûrement inquiétant. »

Pendant ce temps là notre garde chiourme national Gérald Darmanin annonce que chaque tir de LBD lors de manifestations sera désormais soumis à l’accord d’un « superviseur » (on est prié de le croire) et qu’une nouvelle grenade à main de désencerclement (GMD), censée être moins dangereuse, sera utilisée dès samedi 12/9, jour où les Gilets jaunes ont promis de « se manifester » (source AFP 11/9/2020- 17 heures).

Parallèlement, selon le Huffington Post la préfecture du Pas-de-Calais a annoncé interdire aux associations non mandatées par l’Etat de distribuer des repas aux migrants à Calais, à partir de vendredi (11/9) et jusqu’à la fin du mois de septembre.

“Il est interdit toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires [dans une vingtaine de rues, quais, places du centre-ville] pour mettre fin aux troubles à l’ordre public et limiter les risques sanitaires liés à des rassemblements non déclarés”, peut-on lire dans un arrêté publié jeudi soir et que l’AFP s’est procuré.

La préfecture estime notamment que les repas que distribuent des associations non mandatées par l’Etat sont “caractérisées par le non-respect des mesures de distanciation sociale dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, qu’elles créent des nuisances et que des déchets sont laissés sur place”. https://www.huffingtonpost.fr/entry/migrants-darmanin-interdit-la-distribution-de-nourriture-par-certaines-associations_fr_5f5b460fc5b6b48507ff0012

Où l' »ensauvagement » martelé à longueur d’ondes semble aussi, parfois, le fait des institutions. Et où la Covid se montre une opportune « alliée ».

« Demain dépend de vous, de nous » dit Jean Castex. « Débrouillez-vous, nous nous chargeons du reste en somme » serait -t-on tenté de traduire. L’économie avant la santé, la sécurité avant les libertés, l’infantilisation sous la responsabilisation …voilà où nous persistons d’être.

Pour revenir au sujet initial, il en est des épidémiologistes comme des économistes. Il y a les orthodoxes au Conseil scientifique et les hétérodoxes. Catherine Hill fait partie de ces derniers. Pour elle, « La France a perdu beaucoup de temps et d’énergie sur la question des masques. Les propos contradictoires du Gouvernement au printemps, essentiellement pour dissimuler la pénurie la pénurie en dépit du bon sens scientifique, ont brouillé le discours qu’il fallait tenir dès le départ : oui, le port du masque dans l’espace public est nécessaire (….). Mais il ne faut pas se leurrer, les masques ne sont qu’un pis-aller (….). Pour elle, la stratégie de tests développée en France n’est pas la bonne. « Cet été en France environ 4 cas identifiés sur 5 n’étaient pas contacts d’un cas connu : cela signifie qu’au lieu de se concentrer comme on le fait sur des clusters,, en famille ou en entreprise, il faut tester la population de façon plus large, y compris grâce à des tests groupés pour tester plus vite et en plus grand nombre des échantillons tests de la population. Ou alors en testant régulièrement les eaux usées des villes pour repérer rapidement la présence de cas positifs (…). Dire que la responsabilité de la situation revient aux citoyens est une erreur majeure. L’avenir de l’épidémie est avant tout entre les mains des autorités » (Le 1, numéro 311 du 26 août 2020).

La politique du test groupé est celle adoptée par la ville de Wuhan : : 9,9 millions de ses 11 millions d’habitants ont dû se soumettre à un test. Pour y parvenir, la capacité quotidienne de tests a été augmentée de 300 000 à 1 million, en partie grâce à l’utilisation de tests par lots (ou « pooling ») : des échantillons provenant de plusieurs personnes étaient regroupés et testés ensemble dans un seul tube. Si l’un des échantillons s’avérait positif, il suffisait ensuite de tester les échantillons individuels des personnes du groupe concerné pour trouver celle qui était positive.

Oui mais voilà : est-il séant de s’inspirer de solutions chinoises (question oiseuse) ? Et, en l’admettant, est-t-on seulement logistiquement (personnel, matériel, produits etc.) en mesure de le faire ?

Reste encore une autre question : l’immunité pour ceux ayant contracté la maladie, combien de temps ?

Pour l’heure, si le stade de l’épidemie augmente, l’étiage de la réflexion des autorités ne semble guère avancer. Reprise oblige.

Bullshit jobs et coronavirus

https://www.flickr.com/photos/94915094@N06/41450028734

L’anthropologue David Graeber définissait ainsi les bullshit jobs : « une forme d’emploi rémunéré qui est si totalement inutile, superflue ou néfaste que même le salarié n’arrive pas à justifier son existence ».

Je ne crois pas que le doute sur leur utilité habite les géniaux concepteurs du plan d’évolution de notre groupe. Par contre, ils nous font perdre un temps assez précieux au point que je serai assez tentée de dire qu’il nous entraînent, nous les salariés, sur la pente du bullshit. Nous voilà, après la présentation de la chose, en phase 2. C’est à dire celle où nous, pauvres rédacteurs, entre autres cobayes, allons devoir phosphorer pour faire des propositions sur divers types de « chantiers ».

Je partage avec 4 autres malheureux le douloureux privilège de réfléchir sur ça : « Délivrer par segment de marché les niveaux d’approfondissement et types de contenu attendus tout en anticipant le continuum entre le documentaire et le logiciel »…

On a essayé pendant plus d’une heure de décrypter le sujet. Sans résultat.

Il doit y avoir quelque chose de masochiste à s’être tous pliés à l’exercice tout en étant intimement persuadés de sa parfaite inutilité, les décisions « politiques » étant sans doute déjà calées au plus haut niveau, les mois de confinement ayant laissé à nos conducators éclairés des loisirs de « monologuer entre eux ». Mais pour parodier le dessin ci-dessus « il vaut mieux essayer de participer même s’il n’en est rien tiré que risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne participant pas ».

Les paroles verbales érigées en principe du dialogue social. Cela me fait penser au Grand Débat macronien, tiens.

Au Canada, le masque ne semble pas l’acmé de la communication médicale sur le coronavirus. Selon la docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, « la santé sexuelle est un aspect important de notre santé générale. Cependant, les relations sexuelles peuvent être compliquées pendant la pandémie de COVID-19, surtout pour les personnes qui ne vivent pas avec un partenaire intime ou dont le partenaire sexuel court un grand risque de contracter la maladie. Comme pour les autres activités associées à des contacts rapprochés pendant la pandémie, il y a des moyens de réduire au minimum le risque d’infection et de propagation du virus. Les activités sexuelles les moins risquées pendant que sévit la COVID-19 sont celles où vous êtes seul ».

De manière parfaitement malhonnête j’ai (sic) coupé la déclaration ici. Juste histoire de corréler masturbation intellectuelle (cf. ci-dessus) et masturbation « tout court » (sic encore). Pour la déclaration intégrale, voir ici

https://www.canada.ca/fr/sante-publique/nouvelles/2020/09/declaration-de-ladministratrice-en-chef-de-la-sante-publique-du-canada-le-2-septembre-2020.html

On attend avec intérêt la position (re-re-sic) de notre ministre de la santé Olivier Véran sur le sujet (oui, je sais je pourrais aussi rajouter un sic).

Télétravail

C’était le sujet d’une émission un peu agaçante, mais intéressante cependant, sur le site d’arrêt sur images la semaine dernière. Invitées une sociologue du travail et une philosophe qui ne se situaient pas, à mon sens, sur le même plan (plus individuel chez la philosophe et plus collectif chez la sociologue), d’où parfois une fausse impression de dissonance.

Quelques points d’accord cependant : le télétravail en période de confinement fut une expérience singulière et il ne doit pas être apprécié à l’aune de celle-ci mais il a surligné ce dont on pouvait se douter : entre autres choses, la difficulté qu’il y a dans un tel cadre de séparer vie privée et vie professionnelle (d’où l’importance d’un espace propre et d’un matériel adéquat), les inégalités sociales et sectorielles au regard de ce type d’exercice de son activité (nombre de métiers, souvent peu reconnus, mais pas seulement, sont inenvisageables à distance).

Au-delà de ces banalités, il me semble que l’interrogation essentielle posée au cours de l’émission et restée, au fond, non tranchée (le peut-elle d’ailleurs?) est celle-ci : le télétravail est-il un progrès (on laissera de côté la notion de progrès qui mérite une encyclopédie) ?

Individuellement peut-être, socialement cela se discute.

Je me souviens d’un film déprimant des années 80 où de jeunes yuppies américains ne finissaient par avoir que des relations téléphoniques…Les moyens et les services ayant largement évolué depuis lors, une vie sans jamais physiquement croiser personne est devenue possible (cela aussi, au-delà du télétravail, le confinement nous l’a mis sous le nez. Non que cela ne fut pas pensable auparavant mais naïve comme je suis cela ne m’était pas venue à l’idée).

Pour revenir au télétravail, je l’ai envisagé, parfois, pour m’extraire de querelles intestines ou de la pression au bureau, mais au fond, tout cela est un leurre. La contrainte vous rejoint toujours et l’isolement physique est « désocialisant ».

Faut-il y voir le tropisme de quelqu’un élevé dans la curiosité et le partage ? Allez savoir.

Toujours est-il que le retour des usagers dans le métro ont conduit un certain nombre de mes collègues à demander à télétravailler. Pour l’heure (en attendant un futur accord collectif) c’est 2 jours maximum. Les couloirs seront passablement désertés les mercredi et vendredi.

Alors que les locaux de l’entreprise étaient pratiquement vides la semaine dernière, notre PDG plaidait, chez les quelques présents, pour une reprise du travail sur site pour « redynamiser le collectif ». Attitude un peu étrange quand on songe à la prudence de sioux mise au ré-investissement des locaux et à l’injonction quelques semaines plus tôt à ne pas hésiter à demander à télétravailler.

Ainsi va ce monde coronavidé, où les consignes gouvernementales autour du masque zigzaguent et où l’on se demande s’il y a vraiment quelqu’un aux manettes de la santé.

Soyez rassurés tout de même, il n’est pas nécessaire de mettre un masque pour faire du vélo d’appartement avant de télétravailler chez vous.

Rentrée masquée

Ainsi donc la date de rentrée scolaire est maintenue au 1er septembre. C’est peut-être la seule chose qui soit sûre. Pour le reste, tout est flou.

Quel protocole sanitaire appliquer ? Au cours du mois de juillet a été mis en ligne, en toute discrétion (aucune communication officielle n’a été faite sur le sujet auprès du grand public) sur le site du ministère de l’éducation nationale, un protocole assouplissant notamment les règles de distanciation physique. Plus de détails ici : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/08/07/l-education-nationale-publie-en-catimini-un-nouveau-protocole-sanitaire-pour-la-rentree_6048335_3224.html

Dans un contexte de recrudescence du nombre de cas de Covid, ce protocole est-il remis en cause ? Que nenni. « Le protocole élaboré au mois de Juillet prévoit tous les types de situation, circulation faible du virus ou circulation forte du virus » et les choses se feront « au cas par cas » a répondu le ministre. D’ailleurs, il (le protocole) permettrait, selon lui, de réduire la présence physique d’une partie des élèves qui, alors, devraient suivre les cours à distance (sous réserve d’être équipés, of course, mais le ministre n’imagine pas que certains ne le soient pas). La trinité locale maire-préfet-recteur, à laquelle il convient d’ajouter le directeur de l’Agence Régionale de Santé, qui devra démêler la perruque appréciera.

Et pour les masques ? Il sera obligatoire pour les élèves à partir de 11 ans, c’est-à-dire au collège et dans les lycées, ainsi que dans les espaces clos. Au journaliste qui, à propos des moins de 11 ans, lui faisait remarquer que les classes étaient comparables aux « open space » des entreprises où le masque devient obligatoire le jour même de la rentrée scolaire, le ministre s’est réfugié derrière les recommandations médicales qui disent les difficultés de faire porter le masque à de jeunes enfants, tout en ouvrant la porte à un possible changement pour les CM1 et CM2. Éventuellement …

Et pour les espaces ouverts? Le ministre laisse la question du port du masque à l’appréciation des acteurs locaux.

La précision, il n’y a que ça de vrai.

Et la fourniture des masques ? « Il (le masque) est une fourniture comme une autre, comme on vient avec sa trousse ou ses cahiers » et ne sera donc pas fourni sauf dans les cas extrêmes (familles sans ressources). Pour justifier sa position, le ministre fait valoir « la hausse considérable et exceptionnelle » de l’allocation de rentrée scolaire décidée par le gouvernement. C’est oublier que cette allocation n’est versée qu’à la rentrée et que l’année scolaire risque d’être longue et particulièrement chère en masques pour des familles déjà en difficulté ou paupérisées par la crise économique et sanitaire, sans compter qu’on navigue à l’aveugle sur la durée de cette dernière. Réaction d’une de mes collègues mère de 2 jeunes enfants : « ils sont gonflés de dire que, comme ils ont augmenté l’allocation de rentrée scolaire, ça ne pèsera pas sur le budget des parents. Le coût des fournitures a apparemment augmenté de 6,5 %… ces politiques, ils ne doutent de rien ! ».

Et pour les enseignants ? Aucun moyen financier non plus pour l’équipement des enseignants en matériel informatique qui pourrait à nouveau s’avérer nécessaire en cas de classe à distance. Quant à se fournir en masques qu’ils se débrouillent. Jean-Michel Blanquer a renvoyé, pour tout cela, aux négociations sur les rémunérations, augmentations que les enseignants attendent depuis 3 ans : rappelons au passage que selon l’Insee, les salaires des enseignants ont baissé deux fois plus vite que ceux des autres fonctionnaires en 2018 (plus de détails ici http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/07/24072020Article637311809161762116.aspx) . Et sur la question de savoir s’il n’est pas compliqué de capter l’attention des élèves en ayant le visage masqué, le ministre répond : « Lorsqu’il y a une distanciation physique de plus de 2 mètres, il est possible pour le professeur d’enlever son masque ». Un mètre, 2 mètres au doigt mouillé …

Dormez bonnes gens, tout est pensé et sous contrôle.

S’il avait des cheveux, je traînerais bien le ministre à l’école où enseigne -mon frère dont la réfection de la salle de classe n’est pas terminée (le sera-t-elle le 1/09 ?) et qui se débrouille depuis le début des travaux (interrompus par le Covid) dans un Algeco (avec quelle classe à la rentrée ? et combien d’élèves ? Pour l’année scolaire 2019-2020, il avait en charge 29 élèves et un double niveau CP-CE1). Histoire de tâter un terrain physique qui lui semble bien étranger comme celui de la condition des enseignants, qui, à l’instar de mon frère, ont bricolé avec les moyens du bord pendant tout le confinement, et pour lesquels JMB n’a eu aucun mot.

Comme écrit ce twittos : après le présentiel, le distanciel, le « démerdenciel ».

Pour finir sur une note un peu moins noire, Jean-Yves Naud dans son blog « Journalisme et santé publique » (c’est ici https://jeanyvesnau.com/) reprend un écho du Canard enchaîné selon lequel M6 lancera dès le 24 août une nouvelle saison de son émission « Les reines du shopping » dans laquelle on pourra retrouver Roselyne Bachelot. M6 précise que cette « nouvelle saison » a été enregistrée en janvier – alors qu’émergeait la pandémie de Covid – et à l’heure où, selon le journal, la future ministre « cachetonnait » pour les chaînes de télé LCI et C8.

« Comment s’y retrouver ? » s’interroge-t-il ? « Cachetonner » : pour un artiste, c’est courir le cachet, le cachet étant la rétribution d’un artiste par représentation ou par concert. Je me souviens, il y a longtemps, en relisant les épreuves d’une des publications de « mon » (sic) entreprise, avoir découvert une coquille du photocompositeur sur une information écrite par mon chef. Il (le photocompositeur) avait tapé comédie médicale au lieu de comédie musicale. N’osant toucher à la prose de mon supérieur, je m’étais contentée de mettre au crayon et en marge « pour laquelle les artistes étaient payés au cachet ». Et il (mon supérieur) m’avait dit : « et vous trouvez ça drôle ? ». Ben oui.

Reprendre et tenir

C’est un peu le défi qui revient me narguer dès l’ouverture de ma boîte mail professionnelle après de nouveaux problèmes de connexion à distance. Mon ordinateur de bureau (j’entends celui sur site auquel je dois être connectée pour pouvoir travailler depuis chez moi) disfonctionne encore. Alors on me bricole, faute de mieux (le site de l’entreprise est fermé pour l’heure), quelque chose de très moyennement satisfaisant vu qu’un certain nombre de fichiers me restent inaccessibles.

Je suis mal assise alors qu’une belle chaise ergonomique m’attend dans la loge du gardien, mais le carton déposé par chronopost sans récépissé quelconque devant la loge pèse 18 kilos, pas de diable pour le voiturer jusqu’à mon escalier, pas d’ascendeur pour le monter jusque chez moi…et il va me falloir assembler les différentes pièces, moi qui suis au bricolage ce qu’un pet est à une symphonie de Mozart. La remplaçante du gardien est sans solution. Je vais devoir attendre le retour du titulaire.

Reprise ambiante donc, et je vous passe l’orage qui m’a valu de passer ma nuit à surveiller mes arrivées d’eau. Et oui, ma bonne dame, les canalisations de l’immeuble où je vis sont de 1913 et, en cas d’abats d’eau nourris, ladite eau remonte dans mon évier et par le tuyau d’évacuation de la machine à laver…la dernière fois (c’était en plein jour et j’étais absente), mes placards sous évier et un bon tiers de ma cuisine-salon, ont été inondés (les remontées d’eau ont même atteint le deuxième étage). La météo orageuse est aussi un souci.

Voilà. Vous rentrez chez vous, tranquille, apaisée, dopée par quelques semaines de congé, et 48 heures s’avèrent suffisantes à vous donner envie de plaquer votre travail derechef, quitter votre logement pour aller voir ailleurs.

Pourquoi continuer ? Ou plutôt combien de temps encore ? Telle est la question. Les estimations que la caisse nationale d’assurance vieillesse m’a transmis me font penser que, moyennant un bémol sensible sur les voyages, je m’en sortirai correctement dès l’an prochain (à condition de déménager), et puis, j’ai quelques noisettes ailleurs même si leur pérennité ne semble pas totalement assurée (dans tous les sens du terme), les temps covidesques étant meurtriers (sic).

Quelques trimestres d’activité en plus ne seraient certes pas de trop mais le courage me fuit surtout quand je songe à ce télétravail qui me pèse. L’urgence confinée seule face à son écran est pénible (encore plus quand s’y ajoutent des soucis techniques). Le « distanciel » comme on dit de nos jours n’est pas ma tasse de thé.

Alors, racheter quelques périodes d’insouciance estudiantine, pourquoi pas ? C’est cher mais déductible des impôts. Je songe, je soupèse. Je me languis, tout en calculant, du jour où je me libèrerai de ce qui m’a occupée presque 40 ans (sans compter les années d’études), où je pourrais passer à autre chose, vivre à mon rythme. Il se peut que j’enjolive ce que sera ce temps. Mais ma reprise chaotique me pousse à fermer ce chapitre et changer d’air.

Les espagnols ont un joli mot pour cela : jubilacion. Cela a franchement plus de gueule que retraite, non ?

Droit de retrait

Quelque chose de vert - Ecole Saint-Gilles

En droit du travail, le droit de retrait se définit ainsi : « le salarié qui estime que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé peut quitter son poste de travail ou refuser de s’y installer ».

Je n’ai jamais eu affaire à ce genre de situation dans ma vie laborieuse. Mais certaines circonstances plus courantes peuvent amener à adopter une posture assez voisine. Je m’explique.

L’évasion voyageuse se voyant covidement réduite, je me suis inscrite auprès d’une agence proposant une courte virée en Provence autour des abbayes cisterciennes de Sénanques, du Thoronet et de Silvacane et quelques concerts dans le cadre du festival de La Roque d’Anthéron.

Imaginer ce qui se cache sous un masque n’est pas chose aisée même si beaucoup de mes « covoyageurs » en avaient une conception très laxiste du port (on conspue les jeunes mais il y aurait aussi pas mal de ménage à faire chez les seniors).

Le trajet en train fut somnolent et silencieux. Sur ce point, je fus à l’unisson. Ma « sécession » commença sur le trajet nous conduisant à l’hôtel.

Un rond-point. Un homme vêtu d’un gilet jaune taille des haies.

– Tiens un gilet jaune, dit ce participant.

– Il travaille … manifestement, c’est donc un faux …renchérit un autre.

Rires nourris dans le bus.

La suite des échanges, en particulier lors des repas en commun, fut du même tonneau : considérations sur l’impérieuse nécessité de travailler plus et plus longtemps, les salaires qui sont un frein à l’emploi, les fonctionnaires, etc.

Confrontée à une unanimité certaine, j’ai vite perçu, sauf à rectifier sèchement quelques idées reçues sur les domaines que je maîtrise, qu’il valait mieux durant ces quelques jours m’en tenir aux banalités sur la chaleur ou la musique, terrains plus propices à de paisibles échanges. C’est ainsi que placée devant une situation susceptible de mettre mon humeur à l’épreuve, j’ai exercé en quelque sorte un droit de retrait des conversations.

Bizarrement cette solitude volontaire n’entama pas mon plaisir du voyage. Le guide était érudit et passionnant et les concerts furent somptueux.

Mais le fait demeure, je me suis rarement sentie aussi étrangère à un groupe. Il ne s’agit pas d’une question de génération, ce serait trop caricatural, mais plus simplement de points de vue. Tout bien considéré d’ailleurs, cette radicalité qui fait les séparatismes était peut être de mon côté.

Et pendant ce temps ?

Le Gouvernement se verdit à bon compte. Petit florilège:

Olivier Véran (tweet) : Face à la canicule, « la règle c’est chercher la fraîcheur à tout prix ».

Quand je pense qu’on riait de la marionnette de Roselyne Bachelot aux guignols de l’info sur Canal + à qui, en 2003, je crois, on faisait dire que le mieux pour se protéger de la chaleur était de rester à l’ombre.

Il dit quoi de plus intelligent notre ministre ?

Le même annonce l’ouverture d’un numéro vert sur la canicule (00.800.06.66.66).

C’est peut être tout ce qu’il y a de vert dans ce Gouvernement dont on peut se demander s’il publiera un annuaire des numéros de cette couleur qu’il a ms en place. Car ils sont légion : coronavirus (numéros à destination des salariés, des entreprises, des particuliers), public vulnérable, appui pour les personnes en situation de handicap et les aidants, aide aux femmes victimes de violences, et j’en passe.

Pourquoi je parle de cela ? Parce qu’au fond ce monde d’après qui ne semble avoir tiré aucune leçon de la pandémie et recycle en plus dur des recettes économiques éculées me déprime absolument.

J’atteins, un âge, disons, « sensible » en termes d’employabilité (sic), et cette société consumériste oublieuse, verbeuse, netflixeuse, startupeuse, m’est aussi étrangère que mon petit groupe « provençal ».

Qu’y ferai-je une fois …retraitée ? Un bon sujet pour mes mois à venir.

Coup de chaud

C’est très convenu j’en conviens, mais la chaleur, et c’est paradoxal, a tendance à congeler mon écriture. Dans la torpeur, rien ne me séduit, j’ai le sentiment de remuer une boue vague.

Gabriel Matzneff méritait-il toutes ces attentions ? L’ironie pourrait être que l’affaire « Girard-Cofin » suscite une sorte de curiosité sur des écrits…restés plutôt confidentiels il me semble. La raison ? Ne pas passer, dans les dîners mondains, pour celui qui condamne sans savoir. Éternelle schizophrénie assez francophone ma foi : distinguer le réalisateur, le pédophile, le ministre, du ….. je vous laisse remplir les blancs. On recycle Gisèle Halimi en icône d’un féminisme responsable (convenable soudain ?) si loin de ces hystériques androphobes du conseil de Paris ….

On nous stresse aussi avec « Covid le retour ». L’avalanche de chiffres exténue sans informer. La peur anesthésiera-t-elle la rentrée sociale et éducative annoncée comme musclée ?

Pour qui le Covid roule-t-il ? C’est peut-être la seule question à la fois idiote, vaine et essentielle qui louvoie dans les commentaires sur les réseaux sociaux.

Le monde diplomatique sort un numéro spécial sur les fake-news. Un numéro de santé publique en ces temps où la mise en exergue convenue (pourquoi avoir attribué le prix Nobel de l’économie à Jean Tirole qui est à l’inventivité économique ce que je suis à l’astrophysique ? ) de la catastrophe économique justifie l’abandon de toutes les utopies…

Le « business as usual » a repris ses droits et on en profite pour baisser les protections sociales. La liberté de licencier, d’augmenter la durée du travail ou de baisser les salaires via des « accords compétitivité emploi », voilà la solution ; on y croit ou l’on fait semblant car depuis Raymond Barre (1979) toutes ces incitations à l’embauche n’ont conduit à presque rien sur le terrain de l’emploi …les assistés ne sont pas où l’on croit : crédit impôt recherche, crédit compétitivité emploi, réduction générale de charges patronales, contrats aidés, baisse de l’impôt sur les sociétés…et j’en oublie sûrement. Combien de milliards ici et d’allocations là ? Le nombre de millionnaires s’accroit, celui des pauvres aussi. Vous avez dit ruissellement ? Mais la fortune, telle un saumon, semble remonter son cours financier plus que descendre.

Dans les supérettes près de chez moi, les salariés ne portent plus de masques …ou alors sous le menton. Plus de « bonjour », ni de « bonne journée « . Rendus à leur invisibilité. Pourtant si « cela » devait repartir on considèrerait comme normal qu’ils soient là. Masqués, distanciés, les mains hydro-alcoolisées lorsqu’elles se saisissent de votre carte fidélité…

La Sibérie brûle, le permafrost fond, bientôt du méthane en plus du CO2, Aurore Bergé pleure de n’avoir rien gagné à sa servitude volontaire, … et l’on applaudit au Puy du Fou.

Tout va bien donc.

Dans vos rêves, s’il vous en reste.