a-voeux 2020

C’est un titre bizarre qui m’est venu comme ça. A l’heure de prendre mon stylo pour une seconde fournée de cartes de voeux, celui-ci reste en suspension. Les 10 premiers jours de 2020 ont une sale mine. Alors, cet optimisme qu’il sied de manifester en début d’année (tout nouveau tout beau) ne me vient pas.

Je pense à cette guerre qui viendra peut-être au moyen-orient, encore que les pays de cette partie du monde n’en soient jamais vraiment sortis depuis … 2004 au mieux.

Je pense à ce coursier plaqué au sol, après un contrôle routier, et dont on apprendra la mort, quelques heures plus tard, d’une asphyxie avec fracture du larynx, selon l’autopsie. Accusée, la technique du « plaquage ventral » destiné à maîtriser un individu récalcitrant. Sauf que les images diffusées sur certains médias montrent que l’homme était inoffensif.

Et puis viennent ces images de charges, hier, de forces de l’ordre contre une foule qui n’était pas agressive non plus ou celle d’un fonctionnaire de police tirant une LBD à moins de deux mètres d’un manifestant (une enquête est en cours) ou encore celles d’avocats (des gens bien mis, non ? Pas des gilets jaunes), remontés comme des coucous contre la réforme de leur régime de retraite (mais je pense aussi contre celle de la justice), jeter leur robe à terre en signe de protestation et conspuer leur ministre …

… et je me dit que cette République sans dialogue a de belles violentes impasses devant elle.

Je me console, un peu, en accueillant des petits nouveaux en ce monde, chez les uns et les autres, en se demandant ce qu’on leur laissera : des terres brulées comme en Californie ou en Australie ?

Et puis je tombe, par hasard, sur un site de citations, sur cette phrase, d’Albert Camus (dont je n’ai pas vérifié si elle était exacte parce qu’elle m’arrange bien pour la suite du billet)  » Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse ».

Devenus spectateurs individualistes du détricotage scrupuleux de notre microcosme social hexagonal, nous avons aussi une sale tête. Car il ne faut pas se leurrer après l’institution d’un régime universel de retraite -qui tolère déjà des « spécificités » pour reprendre les éléments de langage de ses thuriféraires- viendra le temps de l’assurance maladie, malmenée par la modération salariale, des exonérations de charges désormais non compensées (qui jouent comme des trappes à salaires), des objectifs de dépenses tirés au cordeau et consécutivement des personnels épuisés. En attendant ce à quoi je n’ai pas eu la présence d’esprit de penser.

Alors pour me distraire, presque à peine, j’écoute ça :

Birmanie : lac Inle

Cette partie finale du voyage est ma préférée. Plus « naturelle », encore que la mise en scène n’en soit pas complètement absente.

Lac Inle 21 novembre 2019

Ce genre de photo figure dans tous les guides et blogs de visiteurs. Cet homme pêchait-il vraiment ? Pour ma part j’en doute et je n’étais pas la seule. Le bruit de nos embarcations suffisait sûrement à éloigner les poissons.

La brièveté de notre séjour autour du lac (3 jours) ne m’a pas permis de savoir si les pêcheurs croisés un peu plus loin participaient au ballet ou non. Je m’en tire en me disant que pour avoir développé de telles aptitudes à l’équilibre, ils ont bien dû être de « vrais » pêcheurs un jour (ou pratiquent encore effectivement cette activité loin des regards en des recoins plus paisibles, les « têtes de gondole » touristiques n’étant peut-être pas reconduites d’un jour à l’autre). Et puis, pourquoi se priver de la beauté d’un mouvement ?

Les Inthas, qui se seraient installés autour du lac, selon mon guide Lonely Planet, aux alentours de 1359, manoeuvrent leur pirogue d’une manière singulière.

Debout sur la poupe de la pirogue, ils n’utilisent qu’une seule rame et la pilotent en s’aidant d’une seule jambe. 

Lac Inle 21 novembre 2019

Mais comment pêchent-ils ? Selon des visiteurs plus érudits que moi, actuellement selon deux modes modes différents (https://www.voyageway.com/art-de-la-peche-sur-le-lac-inle) : au filet ou à la nasse. Auparavant, la technique consistait en une sorte de cage qui était plongée dans l’eau mais celle-ci n’est plus utilisée qu’à des fins artistiques.

Lac Inle 21 novembre 2019

Plus mystérieux reste pour moi le ramassage de ces végétaux au risque de noyer la barque. Je suis définitivement citadine et ne comprends rien aux champs, une lacune grave si l’on considère l’avenir nutritif de la planète.


Lac Inle 21 novembre 2019

Mais revenons aux Inthas, peut-être est-ce ce mode fragile d’existence sur des esquifs, des maison sur pilotis, illustration de l’impermanence des choses chère aux boudhistes, en voie de « museification »pourtant pour cause de tourisme compulsif, qui m’a plu.

Lac Inle 21 novembre 2019

Je me demande ce qu’est la vie quand la chaleur et la moiteur éloignent le pérégrin. Parce que dans les couleurs je ne voyais que nous et dans une sorte de grisaille des barques vides attendant le chaland. Il faudrait pouvoir rester mais prendre et goûter le temps est devenue chose si rare…

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Birmanie : Pindaya et « Botulisme »

Grotte de Pindaya 19 novembre 2019

Pindaya est un village situé dans la région du lac Inle, réputé dans toute la région notamment pour sa grotte aux 8 000 bouddhas.

Grotte de Pindaya 19 novembre 2019

Y ont été entreposées au fil des siècles des statues parmi lesquelles figurent des donations de toutes physionomies et origines géographiques. Pour la plupart recouvertes d’or, ces statues offrent aux pièces souterraines une luminosité presque irréelle. L’initié peut y suivre l’évolution des représentations du Bouddha de siècle en siècle, le néophyte s’y perd dans tous les sens du terme.

Grotte de Pindaya 19 novembre 2019

L’endroit est, en effet, un véritable labyrinthe ponctué de petites grottes, d’étroits lacets.

Grotte de Pindaya 19 novembre 2019

Ainsi, au bout de ce qui s’avéra une impasse, suis-je tombée sur cette statue offerte par un certain Jean-Baptiste Botul.

Le seul que je connaisse – et auquel Bernard Henri Lévy, dans son livre « De la guerre en philosophie », donna involontairement (et au grand dam de son ego) une visibilité inattendue – est un philosophe fictif créé en 1995 par Frédéric Pagès, journaliste au Canard enchaîné. Le seul titre des productions de JBB (dont les « nègres » diffèrent) signent le canular. Entre autres (parce que je les ai lus) :

– « La Vie sexuelle d’Emmanuel Kant », ouvrage tendant à donner du relief à la vie de ce philosophe considérée comme absolument terne. Jean-Baptiste se serait penché sur le délicat problème de la chasteté supposée d’Emmanuel à l’occasion de conférences prononcées en mai 1946 au Paraguay dans le cadre de rencontres de néo-kantiens. Il y aurait exposé pour la première fois la thèse selon laquelle « les philosophes ont inventé un moyen extraordinaire de se reproduire : ils ne pénètrent pas, ils se retirent. Ce retrait porte un nom : la mélancolie » ;

– « Landru, précurseur du féminisme. Correspondance inédite entre Henri-Désiré Landru et Jean-Baptiste Botul » dans lequel Jean-Baptiste conduit Landru à se dévoiler… et où il appert (comme disent les juristes) qu’en définitive le monstre de Gambais voulait en réalité remédier à la triste condition des femmes…

Selon le site de son éditeur : 

« la vie de Jean-Baptiste Botul, philosophe de tradition orale, est encore mal connue. Seules certitudes : il est né en 1896 et mort en 1947. À part cela, on ne sait pas grand-chose sinon que ce grand esprit, originaire des Hautes Corbières (il pâtit beaucoup de son accent méridional) connut de très près Joséphine Baker, Lou Andreas-Salomé et Simone de Beauvoir. On signale sa présence en Argentine, à Clipperton, en Cilicie et au Paraguay dans des missions restées très secrètes« .

Alors, pourquoi pas la Birmanie en général et Pindaya en particulier ?

Si j’ai le temps j’en toucherai deux mots à son créateur. Qui sait si Jean-Baptiste n’a pas entretenu une correspondance avec le treizième et/ou le quatorzième Dalaï- Lama ou des échanges spirites avec Siddhartha Gautama : un ouvrage à découvrir que je laisse à d’autres le soin d’écrire.

Grotte de Pindaya 19 novembre 2019

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Birmanie : c’est joli, c’est pas cher et c’est moi qui l’ai fait

Amarapura 13 novembre 2019

Cette petite ritournelle me reste en mémoire autant que les paysages, les lieux, les milles visages de Bouddha et ceux de ces moines de tous âges défilant silencieusement, en ligne, dans les rues d’Amarapura, leur repas entre leurs bras.

Il nous a cueillis à l’orée d’un petit chemin descendant sur un embarcadère où nous attendait un petit bateau destiné à nous amener sur l’autre rive du fleuve Irrawaddy pour visiter l’ancienne cité d’Ava (Inwa) : un essaim de jeunes filles/femmes trimbalant des sacs pleins de petits souvenirs.

– « Bonjour ! »

– « Bonjour ! »

– « Je m’appelle Aung (ou Cho ou Myat ou Epo …), et toi ? »

– « Sylvie. »

– « Et tu viens d’où ? »

– « France. »

Ne jamais répondre ou jeter ne serait-ce qu’un coup d’oeil furtif à la marchandise sinon vous êtes fait aux pattes.

– « C’est joli non ? », disaient-elles en montrant ce qu’elles avaient à vendre, « c’est pas cher et c’est moi qui l’ai fait. »

J’en doutais fort mais, ce jour-là, j’ai acheté à l’une d’elles, pour un prix extrêmement modique (3000 kyats soit environ 2 euros), trois petits bracelets, en vraies fausses pierres précieuses, que je trouvais mignons. Au retour de la visite d’Ava, elles étaient toujours là mais je ne fus pas entreprise et en ai conclu naïvement qu’il suffisait … de céder un peu.

Erreur.

Mingun 14 novembre 2019

Le lendemain était prévue la visite de Mingun, un site comportant notamment les fondations de ce qui aurait pu être l’un des stupas les plus grands du monde. Nous y arrivâmes après une petite heure d’excursion en bateau sur la rivière Ayeyarwaddy. Occupée à prendre des photos, je m’étais laissée distancée par le groupe. Une jeune femme, qui vendait accessoirement des petits chapeaux pour se protéger des rayons du soleil, m’indiqua gentiment la direction dans laquelle il était parti. En guise de remerciement, je lui ai pris un couvre-chef (qui me fut bien utile). Je pensais en être quitte. C’était sans compter sur sa voisine qui vendait des éventails.

Il faisait effectivement chaud. Mais je n’avais nulle intention de m’encombrer de cet objet : changer l’objectif de mon appareil photo en fonction des circonstances suffisait à occuper mes mains. J’ai donc décliné l’offre.

– « Regarde, c’est joli. Tu aimes les oiseaux ? »

– ….

– « 5000 kyat, c’est pas cher »

– ….

– « C’est moi qui l’ai fait ».

J’ai essayé plusieurs tactiques : le non-j’en-ai-pas-besoin plutôt amical, le non plus ferme, le non catégorique, le non mezza vocce puis forte, le cache-cache avec d’autres touristes, l’intérêt singulier pour certaines pierres.

Rien n’y a fait.

Quand elle ne pouvait pas me suivre, notamment lors de certaines visites, elle me disait « à tout à l’heure ». Et, de fait, à la sortie de tel temple, elle m’attendait, mes chaussures à la main.

Elle m’éventait en chemin (ce qui n’était pas désagréable), me montrait d’autres modèles. Le prix d’achat variait selon le degré d’exaspération qu’elle sentait en moi. Une véritable pro.

J’avais décidé de résister, je n’aime pas la vente forcée. Elle avait compris, de son côté, que, passé un seuil temporel, en bonne occidentale, je jetterais l’éponge. Ce que je fis : je lui en ai pris un, mais un seulement, pour un prix moyen (c’est à dire la moyenne de tous ceux qu’elle m’avait proposés). Une reddition assez ridicule finalement, à un quart d’heure de reprendre le bateau pour rentrer.

Par la suite je me suis verrouillée, marchant droit sans regarder ni répondre … sauf une fois.

Bagan 17 novembre 2019

C’était une jolie gamine à laquelle j’avais du mal à donner un âge. Une petite ado, disons, qui ne vendait ni objet, ni cartes postales, mais des dessins, sans faire l’article. Je les ai trouvés touchants et les lui ai achetés. Ils n’étaient vraiment pas cher et je me suis dit qu’elle devait sans doute en être l’auteur.

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Birmanie : Yangon

Pagode Shwedagon 12 novembre 2019

Sur Yangon (Rangoon) s’ouvrit et s’acheva notre voyage. Entre ces deux moments, de nombreux chemins davantage engrammés dans ma cervelle que ceux du premier jour. Souvent, ces lieux où le périple se devine puis se referme me laissent un souvenir à la fois flou et morose. Flou, parce qu’à l’aller les heures d’avion altèrent la perception, morose parce que les dernières heures signent le retour à un quotidien laborieux que j’ai mis de côté le temps de l’aventure.

Ce qui me frappe en regardant mes photos est le contraste entre la ville Bouddhique inaugurale et le final colonial. Entre la rutilance de la pagode Shwedagon et l’aspect désolé de bien des bâtiments d’inspiration britannique. Entre une curiosité initiale et un détachement prématuré.

Pagode Chaukhtatgyi 12 novembre 2019

Avant Shwedagon, il y eut la pagode Chaukhtatgyi (merci Madame Lonely Planet), immense hangar abritant le plus grand Bouddha couché de Birmanie (65 mètres de long). Financée à l’origine par un riche marchand, la statue fut achevée en 1907, mais l’expression du Bouddha, jugée à l’époque agressive (selon Madame Wikipedia) ou trop rustique (selon notre guide), conduisit à son remplacement par une figure plus aimable, consacrée en 1973.

Au risque de choquer les fervents, j’ai trouvé le visage un peu kitsch mais ai été assez saisie par une androgynie, que je relèverai souvent plus tard, accentuée par « sa masse ». Homme, femme ou être universel ? Je ne saurais dire si ce n’est que ses gigantesques plantes de pieds étaient plus intéressantes à regarder que celle (actuelle) de mon pied gauche.

Pagode Chaukhtatgyi 12 novembre 2019

Après un petit tour dans un parc calme autour d’un lac (Lac Inya) au milieu duquel trône une réplique immobile d’une ancienne embarcation royale vint l’entame du « dur » : Shwedagon. Immense lieu tout en dorures et entrelacs de pagodes et de stèles où j’appris incidemment que, pour les ablutions, il était important de connaître le jour de la semaine auquel correspond celui de votre naissance (vendredi pour moi).

Lac Enya 12 novembre 2019

Le jour tombant donnait à la pagode éminente des couleurs mordorées et des ouvriers commençaient à installer les lumières qui lui donnent un relief particulier à la nuit (dont nous n’avons pas profité pour cause de départ très matinal le lendemain).

Pagode Shwedagon 12 novembre 2019
Pagode Shwedagon 12 novembre 2019

Assis sur des escaliers nous avons regardé s’écouler les « fidèles », dont ce moine à la recherche d’un photographe de passage pour se faire prendre en photo à l’aide de sa tablette. Comme quoi l’impermanence n’est pas incompatible avec la modernité.

Pagode Shwedagon 12 novembre 2019

« Tout est bien », ai-je pensé dans la chaleur adoucie et ce temps paisible.

Pagode Shwedagon 12 novembre 2019

Le Yangon du départ n’avait plus ces couleurs : bouchons interminables, façades mangées d’humidité. Il y a sans doute mille façons de se délivrer d’un passé pesant : par exemple, en le laissant se déliter. Seuls surnagèrent de la journée, ce petit cadeau de notre guide – un bracelet d’amitié que je porte au poignet droit- et un coucher de soleil mélancolique, somme toute assez banal.

Yangon 22 novembre 2019

Yangon 22 novembre 2019

Ainsi vont les jours.

Yangon 22 novembre 2019

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Retour Birman – prologue

Lac Inle 20 novembre 2019

Il a jeté un coup d’oeil rapide sur mon pied peu ragoûtant à regarder et le verdict est tombé mollement : erysipèle (infection de la peau). Deux consignes à un infirmier et puis il est parti. Bonjour distrait, attention assortie. On m’a fait un beau pansement, j’ai attendu encore une petite heure pour avoir les ordonnances et consignes à suivre. Reconvoquée trois jours plus tard aux mêmes urgences, le médecin en charge ce jour-là s’est demandé pourquoi on me faisait revenir. Entretemps je n’avais pas noté grande amélioration de l’état de mon pied mais, bonne fille, j’ai bien voulu consentir au fait qu’il fallait être patient (et doublement en ce cas) dans la vie.

Ainsi vont les jours dans un service d’urgence où l’on a cru suffisant d’affecter deux médecins (dont un pédiatre), une interne et deux infirmiers alors que les bobos et fièvres s’empilent dans l’entrée.

Mais au fait, comment ai-je ramassé ça ? Pas besoin de chercher bien loin …ou plutôt si, du côté de la Birmanie, d’où je reviens, où l’on ne peut entrer dans les temples et autres pagodes que pieds nus. Parfois, le coin à casier pour les chaussures n’est pas situé au plus près et nos plantes de pieds peu habituées font connaissance avec les chemins caillouteux. Une petite estafilade, des lingettes insuffisantes à restaurer la propreté de nos orteils qui macèrent jusqu’au soir dans les chaussures …et le (mauvais) tour est joué.

Pindaya 19 novembre 2019

Maussade et confinée chez moi, j’en profite pour regarder et trier mes clichés et je réalise alors l’importance de la population de Bouddhas que j’ai emmagasinée. Je suis loin d’avoir fini encore, mais j’éprouve comme un sentiment de trop plein, une forme de lassitude devant cette collection de visages au sourire énigmatique. De quel Bouddha s’agit-il ici ? du premier , second, troisième ou quatrième ? Car il y en a eu quatre là où je n’en avais jamais considéré qu’un seul qui, si j’ai bien compris notre guide, serait le quatrième.

Pindaya 19 novembre 2019

Je suis perdue dans les véhicules (grand et petit) comme au milieu des motos qui zigzaguent dans les rues. Mon manque de culture bouddhique hypothèque le plaisir du regard. J’ai alors scruté les mains comme je le fais quand je regarde les hommes et femmes commercer et travailler sur les marchés.

En route vers Pakokku 16 novembre 2019

En route vers Pakokku 16 novembre 2019

Il n’y a pas de doute, cependant, je suis plus sensible à la pâte humaine qui se déploie parfois en un singulier ballet, comme celui de ces pêcheurs sur le lac Inle.

Lac Inle 20 novembre 2019
Lac Inle 20 novembre 2019

à suivre…

Pindaya 19 novembre 2019

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Une société en roue libre

Il est temps que je (re)parte pour fuir une « séquence » délétère (je sais, c’est un peu fort mais aucun autre mot ne me vient pour le moment) dont j’espère naïvement qu’elle se sera calmée quand je rentrerai dans 15 jours.

On pourrait dire que tout a commencé par ce débat sur l’immigration, qui ne faisait pas partie des priorités des français, et le retour qui s’ensuivit, via un bulot du RN, du foulard et de ses avatars : dernier en date celui d’une rectrice, censée visiter une école maternelle où se déroulaient des ateliers autour du harcèlement, qui fait demi-tour et s’en va. La raison ? La présence de trois femmes voilées au sein de l’école.

http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/a-clamart-trois-meres-voilees-sont-presentes-dans-l-ecole-la-rectrice-fait-demi-tour-07-11-2019-8188356.php

« La règle est claire, nous sommes sur le temps scolaire, à l’intérieur de l’école, les signes religieux ne sont pas admis », se justifie l’intéressée.

Pas dans l’école, pas d’accompagnement de sortie scolaire, on se demande, à ce compte, quel espace restera, en définitive, ouvert à ces femmes.

Prétendre intégrer en excluant est un écart difficile à réduire. Alors ? Il y a toujours l’humour … qui pique tout de même un peu. Exemples piochés sur twitter :

« J’allais au boulot ce matin. J’ai vu une femme voilée et j’ai fait demi tour pour regagner mon lit en signe de protestation. Je ne transige pas avec ça. Certes la femme en question était ma mère mais quand même (Rachid l’instit).

Pareil ! J’allais au boulot ce matin. J’ai vu une femme voilée et j’ai fait demi tour pour regagner mon lit en signe de protestation. Je ne transige pas avec ça. Certes la femme en question c’était moi dans le miroir mais quand même (Nadia) ».

Pareil. Ce matin, j’allais au boulot, j’ai vu que le soleil était voilé, et je suis rentré me coucher en signe de protestation. Si même le climat s’y met, on n’est pas rendus (Luc)

Où l’on se dit tout de même que des recadrages ne seraient pas inutiles sur la notion de laïcité … qui déconcerte bien de nos voisins.

Où l’on trouve aussi un peu curieux que le voile et/ou l’immigration nous soient jetés en pâture au moment où se décident des réformes graves qui ne vont guère dans le sens du partage et de la solidarité. Tenez par exemple :

2004 : année de la première réforme importante des retraites et vote d’une loi sur les signes religieux dans les écoles publiques

2010 : le projet de loi portant (deuxième) réforme des retraites (présenté en Conseil des ministres le 13 juillet 2010) fut suivi en octobre de la même année de la présentation d’un projet relatif à l’immigration à l’intégration et à la nationalité (loi qui sortira en juin 2011)

2016 : la loi travail sur fond de querelles burkiniques

2019 : réforme de l’assurance-chômage, réforme des retraites à venir …et ? Je ne vous le fais pas dire.

Pour l’heure la diversion islamo-immigrante donne un peu le tournis. On s’écharpe sur un mot, voire moins.

Témoin cette manifestation prévue pour dimanche où l’on dénombre :

– ceux qui iront, mais ont refusé de signer l’appel ;

– ceux qui ont signé l’appel, mais n’iront pas (ils ont foot le dimanche après-midi) ;

– ceux qui ont d’abord signé, puis qui ont demandé qu’on retire leur nom mais qui iront peut-être quand même manifester ;

– ceux qui ont signé, mais font savoir qu’ils n’approuvent pas la totalité du texte ;

– ceux qui ont signé, mais déclarent qu’ils défileront de leur côté, avec leurs mots d’ordre, et surtout pas avec des « islamistes »…

Dans un autre style, celle-ci se plaint parce que son enfant n’a pas pu avoir sport ainsi que tous les autres jeunes car le gymnase a été réquisitionné par la maire de Paris pour loger des migrants.

Une autre assène sur une chaîne d’info continue que les policiers devaient pouvoir tirer à balles réelles sur les racailles de banlieue (souvent basanées et un peu plus). J’ose croire, quoique mollement, qu’elle ne vise que le cas de légitime défense et n’en fait pas un principe. Mais si j’osais, comme disent les Suisses, je lui ferais remarquer que le Code pénal lui même n’élude pas la question de la proportionnalité de la réponse à une « attaque ».

Je ne regarde pas la télé, j’en saisis juste des bribes sur la toile, et j’ai cette impression sinistre d’entendre « psittacer » des aras sans tête avec ronds de serviette un peu partout.

Pendant ce temps, au Parlement, on surfe sur la vague en rognant sur l’accès aux soins des demandeurs d’asile, au point que le conseil national de l’ordre des médecins s’en inquiète (rappelons au passage que l’actuelle ministre de la santé est médecin)

https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/annonces-limmigration-matiere-sante

A ne plus comprendre à quelle pulsion primaire (pléonasme ?) s’abandonnent les gens. Le réflexe aiguisé par l’immédiateté des réseaux sociaux a remplacé la réflexion.

Le bordel est tel que je me peux me retrouver dans ce constat de Natacha Polony directrice du journal Marianne (vraiment pas de mon bord) :  » Il y a un an, la colère des gilets jaunes éclatait. Mais la politique d’Emmanuel Macron, héritière de 40 ans d’échecs d’un modèle en crise systémique, n’a en rien répondu aux attentes des Français « .

Chacun semble penser et dé-penser dans son coin.

Alors quand j’ai vu ça sur le site de l’Assemblée Nationale, j’ai cru à une blague :

http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2391.asp

Je n’avais jamais imaginé les lieux dits d’aisance en ZAD. C’est pourtant moins potache que cela en a l’air.

Juif de personne

Le livre est sorti le 9 octobre dernier et depuis j’en traque la recension dans mes journaux préférés et même dans les autres (je ne suis pas une adepte de la radio). Rien trouvé encore. Je suis déçue.

Pourquoi ?

D’abord parce que c’est un livre qui ne laisse pas indemne ou plus exactement qui ne m’a pas laissée indemne (mais l’auteur m’avait prévenue dès l’épilogue introductif de l’ouvrage). Ensuite parce que j’aimerais lire quelque chose d’intelligent à son propos et je ne suis pas sûre d’être la mieux placée pour ça : pas juive et incapable de prendre la distance qu’il faudrait pour avoir recueilli de celle que j’ai toujours appelée Hélène une partie de cette histoire là.

Ce bref croisement de nos trajectoires, je le dois à ma mère qui fut quelque temps la baby – sitter de Michel. Hélène l’avait prévenue : son fils pleurait beaucoup. Trouvant les biberons un peu chiches, ma mère avait pris sur elle d’augmenter les doses sans rien dire à personne. « C’était un enfant « de grande vie », tonique, réceptif, très présent et il avait manifestement faim » me dit-elle.

La faim, la raison d’une rare colère d’Hélène…

Aucune existence ne va de soi, a fortiori celle lestée dès le départ par l’ombre de la déportation. Etre juif et fils de « dèpes » : comment faire tenir tout ça, tenir avec tout ça. C’est cette construction personnelle, sabre au clair, que raconte le livre. J’ai pensé « un juif au singulier  » à un moment donné mais cela ressemblait trop à « un homme au singulier » de C. Isherwood qui n’a pas grand chose à voir si ce n’est une certaine forme de solitude. Mais celle-ci a quelque chose de rageur … et puis « juif de personne », c’est nettement plus fort.

J’ai lu le livre dans sa chronologie, je veux dire dans le sens des pages. Maintenant j’ai envie de rouvrir au hasard, le relire dans tous les sens (sens dessus dessous ?), dans le désordre. Tomber sur Auschwitz en hiver, sur la version de la Torah teintée d’Hollywood, le récit d’Alex ou celui d’Hélène (Leni)… Juste pour voir, changer d’angle.

« Lectrice, lecteur, je ne suis pas certain de te retrouver au bas de la dernière page. Si je te tombe des mains, je n’ai qu’une demande à te faire. Ne me laisse pas crever sur un rayonnage de ta bibliothèque ». Aucun risque.

Retour aux affaires

Difficile de revenir au quotidien après ces « rêvages » sibériens hebdomadaires. Je n’avais pas l’intention de les faire durer aussi longtemps. Mais construire de petits récits me permettait de me défaire de l’impression de vivre dans une sorte de chaos amplifié par
« lémédias » et « léréseaux ».

Après Karthoum et Alger,  Port-au-Prince, Hongkong, Quito, Bagdad, voici maintenant Beyrouth, Santiago du Chili et Barcelone. Comme le fait observer Denis Sieffert dans le journal Politis de cette semaine, « ces processus, qui ont tous une dimension révolutionnaire, ont plus que des traits en commun. La première flammèche paraît parfois dérisoire. Au Liban, c’est une taxe sur l’application mobile de messagerie WhatsApp. En Haïti, c’est la pénurie de carburant. Au Chili, une augmentation de
quelques pesos du prix du ticket de métro. À Hongkong, un amendement qui inquiète. Et le feu, qui couvait, se propage. C’est un homme, un clan, et bientôt un système que l’on conteste. Et des mots, partout les mêmes, qui surgissent : inégalités, corruption, démocratie. Partout l’objet de la colère se déplace ».

Ces mouvements ont-ils un avenir face à la violence institutionnelle et policière qui se déploie en images plongeant dans une sidération impuissante ? Ou une crise boursière y mettra-t-elle un terme funeste avant que le capitalisme ne mute encore en saisissant la perche verte ?

En attendant, voici la France, pays autoproclamé des droits de l’homme, élevée, dans la bouche d’un sénateur chilien, en modèle de stratégie de maintien de l’ordre. Pas de quoi pavoiser.

Dans un article paru dans son numéro de février 2019, P. Rimbert et S. Halimi du Monde  diplomatique concluaient  » Appuyé sur une base sociale étroite, il [E. Macron] ne pourra mettre en œuvre ses «réformes » de l’assurance-chômage, des retraites et de la fonction publique qu’au prix d’un autoritarisme politique renforcé, une répression policière et un « grand débat sur l’immigration » à l’appui. Après avoir sermonné les gouvernements « illibéraux » de la planète, M. Macron finirait ainsi par en plagier les recettes… »
Nous y sommes il me semble.

Ainsi s’installe, à peine en douce, une accoutumance à un hybride appelé « démocrature » fondé sur une majorité en ordre et des éléments de langage relayés sans recul par une classe éditoriale médiatique plus suivie que d’autres. Y compris ceux qui ne veulent rien dire : « un droit illégal » assénait Muriel Pénicaud sur France Inter à propos du récent mouvement des cheminots. A quoi une juriste en droit social lui répondait justement sur Twitter : « une grève illégale ça n’existe pas ; on parle de mouvement illicite de travail dans ce cas. Un droit ne peut pas être illégal ». Le raisonnement vaut pour le droit de retrait, il me semble. Juridisme pensez-vous ? Non. Je vous souhaite de ne pas vous retrouver en garde à vue pour saisir le cocasse de l’illégalité décrétée du droit de vous exprimer.
Pour revenir aux cheminots, il est ironique de voir maintenant certains usagers, au delà de leur « prise d’otage », s’aviser que leur sécurité n’est pas un sujet mineur…à sacrifier sur l profit.
Ce qui n’empêche pas certains de persister dans leur bashing ferroviaire. Lu ce tweet par exemple  « Rapport interne de la direction des audits de sécurité #SNCF. « La cause première de l’accident est la présence d’un convoi routier exceptionnel (…). Même avec 50 contrôleurs, la collision aurait eu lieu, donc… », je me demande si on peut faire plus absurde ….

Je n’évoquerai pas le sujet du voile et des délires qu’il charrie (dont le moindre n’est pas l’évocation d’une société de vigilance qui désarçonne, par exemple, en milieu scolaire) …


le lassant feuilleton du Brexit, l’abandon brutal des kurdes par Trump, la tribune télévisuelle offerte à un condamné pour incitation à la haine raciale et ces autres choses que j’oublie et qui me donnent à penser, parce que je suis un peu limitée, que l’on marche sur la tête sur des routes constellées d’éclats de grenades de désencerclement.

« Je préfère toujours les gens qui viennent râler, ceux qui me font le plus peur sont ceux qui ne disent plus leur colère », nous dit Emmanuel qui ne semble guère enclin à aller amadouer cette ire silencieuse.
Après l’assurance chômage, l’hôpital et en attendant l’ouverture des commerces jusqu’à minuit (il est vrai que tout le monde a besoin d’aller acheter un pot de confiture à cette heure en prévision du petit déjeuner), c’est la sécurité sociale que l’on fragilise encore à nouveau :  désormais, cela a été acté dans le cadre de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, l’État ne compensera pas, dans le budget de la Sécurité sociale, les exonérations de charges sociales qu’il institue. Manque à gagner pour la sécu pour l’instant : 5,2 milliards d’euros selon Médiapart. Bientôt, on viendra nous dire que le déficit persistant de cet organisme est la preuve que ce système n’est plus viable pour le réduire, disons, à quelque chose, qui ressemblerait au medicare américain.

Alors passablement déprimé, on est heureux de tomber sur une émission intelligente en 4 volets sur Arte :

https://www.arte.tv/fr/videos/083305-001-A/travail-salaire-profit-travail

et à se réjouir de la moindre mise en cause des « grands de ce monde » : Marc Zuckerberg par exemple (même si celle-ci n’est pas exempte de mise en scène et la pertinence des questions discutée par certains avocats, mais l’effet est quand même là)
http://www.leparisien.fr/international/la-democrate-alexandria-ocasio-cortez-met-mark-zuckerberg-dans-l-embarras-au-congres-americain-24-10-2019-8179380.php

Thierry Breton subira-t-il un interrogatoire aussi direct ou les parlementaires européens, rassasiés par leur happening anti-Goulard, modéreront-ils leur témérité pour ne pas froisser à nouveau notre Jupiter ?

Russie : épilogue

La brochure nous faisait un peu miroiter le mythique transsibérien au lieu de quoi nous eûmes cela, une sorte de Corail russe amorti et vétuste :

Oulan-Oude 24 juillet 2019

Sans doute aurais-je gagné à mieux la lire (la brochure) puisqu’elle disait : « Le retour à Irkoutsk (depuis Oulan-Oude) se fait par la ligne mythique du transsibérien (voyage de jour pour profiter des paysages).

De déjeuner dans le wagon-restaurant, promis lui aussi, nous n’aurons pas non plus. En d’autres occasions j’aurais apprécié la lenteur du train mais elle me parut fastidieuse et les paysages plus ternes que ceux que nous avions croisé jusque-là. Sans doute cette partie du voyage s’est elle colorée de ma déception.

Sur le parcours transsibérien 24 juillet 2019
Sur le parcours transsibérien 24 juillet 2019
Arrivée à Irkoutsk 24 juillet 2019

Le dernier jour nous plongea dans le XIX ème siècle, période où la ville sibérienne se mua en ville européenne, notamment sous l’impulsion d’intellectuels hostiles à l’autocratie de l’époque parmi lesquels les Décembristes (ou décabristes). Ce vocable désigne (pour faire court) un groupe d’aristocrates francophiles, séduits par les idées des philosophes des lumières, qui tentèrent le 14 décembre 1825, jour prévu pour la prestation de serment du nouveau Tsar Nicolas 1er, de soulever la garnison de Saint-Pétersbourg afin d’imposer des réformes, en particulier, l’établissement d’une Constitution et l’abolition du servage. Le complot échoua et la répression fut impitoyable. Cinq des chefs de la conjuration furent pendus et 121 conjurés condamnés à l’exil en 1826 parmi eux : Serguei Troubetskoï et Serguei Volkonski. Ayant purgé leur peine de travaux forcés, les exilés furent autorisés à s’installer à Irkoutsk. Entretemps les femmes de certains d’entre eux les avaient rejoints. Ce fut le cas pour les deux Serguei.

Irkoutsk 25 juillet 2019 maison Volkonski

Construite en 1839, dans un village nommé Urik à l’extérieur de la ville, la maison de Volkonski a été déplacée à Irkoutsk en 1846. Y avaient lieu autrefois des bals, des concerts, des soirées théâtrales, musicales et littéraires où venait toute la haute société de la ville.  Elle abrite aujourd’hui le musée des décembristes et c’est toute cette saga que racontent les murs, les vitrines, les portraits, les vêtements, les meubles et les objets réunis là mais aussi autre chose de plus intime, une fêlure diffuse, dont je ne saisis pas tout de suite la teneur. Le petit dictionnaire du Baikal m’éclaire. Selon Nicolas Bielogovy, médecin et publiciste, ami entre autres de Tourgeniev, « Le vieux Volkonski passait à Irkoutsk pour un grand original. Arrivé en Sibérie, il avait radicalement rompu avec son passé de brillant représentant de la noblesse, s’était transformé en homme affairé et pratique et avait pris des habitudes de vie simple (…). L’été il passait des journées entières à travailler dans les champs et l’hiver, son passe-temps était d’aller au marché où il comptait beaucoup d’amis parmi les paysans de la périphérie de la ville et de discuter avec eux de leurs besoins ».

La culture était-elle devenue l’apanage exclusif de Madame Volkonskaia?

Irkoutsk 25 juillet 2019 Maison Volkonski

Cette virée dans l’Irkoutsk du XIX ème nous conduit ensuite chez M. Vladimir Soukachev, ancien maire de la ville, grand collectionneur et mécène. Durant son mandat furent construits le bâtiment du théâtre du Jeune spectateur, le pont sur l’Angara, la polyclinique, l’hôpital pour les enfants. Aux frais de Soukatchev furent édifiées l’école pour les enfants sourds-muets et l’école pour les filles pauvres.

Voilà pour la politique.

Dans les années 1870, Vladimir commence à collectionner des tableaux, des dessins, des sculptures. La galerie de peinture Soukatchev (comme on l’a appelée) est devenue avec le temps une des curiosités de la région. Son propriétaire en a fait don à la ville. C’est ainsi qu’ a été créé le Musée des Beaux-Arts d’Irkoutsk qui abrite aujourd’hui nombre d’oeuvres d’art russe mais aussi des tableaux de peintres ouest-européens (Monet, Pissaro notamment).

Irkoutsk 25 juillet 2019 maison Soukachev

Nous croiserons un peu plus tard cette maison en bois, parfois appelée la maison en dentelle avant de replonger dans ce siècle – ci via le marché central de la ville.

Irkoutsk 25 juillet 2019 maison en dentelles

J’aime ces lieux, leurs étals, leurs odeurs, les discussions qui s’y déroulent comme le lierre sur son arbre et surtout les visages. Des visages que j’essaie de croquer sur le vif, en loucedé, de manière un peu misérable en jouant avec l’écran de mon appareil photo … sans tromper personne.

Irkoutsk 25 juillet 2019 marché central
Irkoutsk 25 juillet 2019 marché central

Cette dame a eu la gentillesse de faire semblant de ne pas remarquer mon manège. Je lui ai acheté pour sa peine un « sirop » dont une amie m’a traduit la notice mais que je n’ai pas encore essayé. C’est un nectar « à large spectre »si l’on peut dire puisqu’il est bon pour tout. S’il ne me rend pas malade il prolongera mes souvenirs.

Ainsi se clôt pour de bon le récit de mes tribulations sibériennes.

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés