Ce blog n’est pas prémédité. Je ne planifie rien. Parfois les horizons me fatiguent, alors j’écris au plus près : sur des personnes qui m’ont marquée, sur du présent, du banal, et, quand ils me viennent, sur des imaginaires …qui n’en sont pas tout à fait, car on ne se défait jamais complètement de soi. Tout cela manque peut- être un peu d’unité, n’est pas d’airain. Cela zigzague, hésite, revient, repart. C’est comme ça. Le plus délicat est la distance car, si je ne rechigne pas à partager des émotions, l’intime reste une autre chose dont je n’ai pas envie de parler ici. Alors baladez-vous sur ce flou, si l’écriture vous en dit !
Très populaire au Japon, le pachinko est un appareil qu’on peut décrire comme un croisement entre un flipper et une machine à sous. On y joue dans des salles se caractérisant par des allées étroites de machines clinquantes alignées les unes à côté des autres sous un puissant éclairage au néon et par un bruit assourdissant. Je n’ai jamais compris comment on pouvait y passer des heures (et y perdre des fortunes) mais peut-être cet alliage de lumière et de son a -t-il quelque chose d’hypnotisant. Rivé à sa machine, tel l’ouvrier des temps modernes de Chaplin, le joueur ne pense plus, répétant inlassablement le même mouvement.
C’est un peu l’effet que me fait cette période électorale où les bruits de casseroles occultent les programmes, prennent le pas sur les idées au point que le conseil supérieur de l’audivisuel vient de s’inquiéter du temps de parole et d’antenne consacré aux déboires de certain – habilement feuilletonnés par un hebdomadaire satirique – et se fait un devoir de rappeler à qui de droit le respect du principe d’équité entre les candidats.
Jamais discourir ne m’a paru plus vain. J’observe certaine classe politique se mouvoir comme un banc de poisson, au gré de stratégies nébuleuses. Bref, dans tout ce « bruit » médiatique, je suis comme le joueur arrimé à son pachinko : incapable de penser, m’en tenant, consterno-médusée, au spectacle.
Je songe que Madame Irma devrait abandonner la cafédomancie et les cartes pour l’infusion judiciaire, et nos sondeurs se muer en bookmakers.
Outre-manche, d’ailleurs, ces derniers s’activent. Les cotes ont de quoi déconcerter. Par exemple celles-ci ( anciennes mais bon, c’est juste pour illustrer)
Ils auraient tort de se priver. Qui sur le fil : « Ourasi » ou « Roquépine » ? Car toute cette agitation me fait largement penser à un prix de trot attelé sur terrain miné. Me vient alors l’idée saugrenue qu’il aurait été parfait Léon Z pour commenter cette course à l’échalotte présidentielle. Reste plus qu’à trouver son hologramme.
(j’aurais voulu une vidéo plus rigolote mais je n’ai pas trouvé …du moins autour du tiercé)
François Fillon a décidé de reconquérir l’électorat féminin froissé par le Pénélopegate au pas de charge. Le voici dans les rues de Levallois-Perret, ébouriffant amicalement celle-ci, ou proposant (en tout bien tout honneur) un selfie à celle-là …pas d’échappatoire adjacente …ça va être mon tour. La perspective m’est si pénible …que je me réveille. Je n’ai jamais supporté la lippe satisfaite et cette raie au cordeau. Je me méfie des gens trop apprêtés.
Dans mon rêve (sic) tout cela ressemblait fort à un galop d’essai avant de se lancer dans le bain du Salon de l’Agriculture : un passage presque obligé, éprouvant pour les politiques. La faune qui s’y presse est ce monde tenu à distance qui se rappelle à eux. Je ne parle pas des bêtes, vous imaginez bien, mais de cette donnée imprévisible qu’est le visiteur, ce citoyen qu’il faudra se colleter de près. Car préserver le corps du candidat entre les stands est une gageure.
Un salon risqué, où vous guette la tomate, l’oeuf, l’invective et la prise à partie (on se souvient du délicat « casse-toi pov’con » qui mit fin à l’une d’elles). Un salon qui requiert un solide estomac, dans tous les sens du terme, car il faut aussi savoir goûter : par exemple (fictif) une association rillettes, bière, maroilles, jambon de pays, calvados, foie gras, pinot gris, est de nature à déstabiliser les constitutions délicates (et même moins délicates). En bref, comme dirait un tonton de ma connaissance : le Salon, « c’est du brutal » et se défiler n’est pas sans conséquences « en termes d’image » comme on dit. Pour « réussir son salon » il faut en somme être un véritable animal politique.
Je ne connais qu’un seul homme répondant à ce profil – Jacques Chirac – dont le plaisir à chaque visite était évident. Qui sait si la participation à cet évènement n’a pas fini par représenter, pour lui, un moment de résilience personnelle.
D’autres y furent moins convaincants ….
Quant à François Fillon, après avoir joué les arlésiennes, a-t-il clôturé sa visite par un selfie avec une avenante et placide saosnoise (1) ?
PS qui n’a rien à voir.
Répétition du requiem de Duruflé : la chef est formelle : « Messieurs, vous traînez sur le qui tollis ». L’ homophonie n’est pas parfaite … mais tout de même. Je croise le regard de cette autre choriste dont la pensée a suivi le même chemin que la mienne. Le fou rire nous guette. Nous voilà mûres pour la suite : Lux(ure) aeterna.
(1) De saosnois (au nord de la Sarthe). Lu sur un site spécialisé : cette vache d’herbage, de grand gabarit et aux panachures variées mais toujours blanches et blond-rouge, reflète ce qu’était l’ancienne race Mancelle, avant l’introduction de la Durham au XVIIème siècle en Sarthe et en Mayenne. Malgré sa masse importante, la Saosnoise a gardé une ossature fine.
Pas tout saisi à cause des rires mais je vous suggère après avoir lancé la vidéo de cliquer sur l’icône des sous-titres, c’est encore plus surréaliste. A l’origine de l’histoire, ceci, à lire avant :
Sept planètes rocheuses découvertes autour d’une étoile naine
L’étoile Trappist-1 est située à 39 années-lumière de la Terre. Trois de ses planètes se trouvent dans la zone dite d’habitabilité, où l’eau peut exister sous forme liquide.
LE MONDE | 22.02.2017 à 18h57 • Mis à jour le 23.02.2017 à 14h56 |Par Pierre Barthélémy
C’est un peu, dans une version astronomique, l’histoire d’une femme enceinte qui croit attendre des triplés et apprend, lors de l’échographie, que sept bébés grandissent dans son ventre… La maman, c’est l’étoile Trappist-1 ; les enfants, sept planètes rocheuses plus ou moins semblables à la Terre, dont une équipe internationale emmenée par des chercheurs belges de l’université de Liège ont annoncé la découverte, mercredi 22 février, dans la revue Nature.
« Ce n’est pas la première fois que l’on trouve un système planétaire avec sept planètes, mais c’est la première fois que les sept planètes en question sont toutes rocheuses », précise Franck Selsis, chercheur au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux et cosignataire de l’article.
Trappist-1 est située à 39 années-lumière de nous, dans la constellation du Verseau. Dans le jargon des spécialistes, il s’agit d’une « naine ultra-froide », c’est-à-dire d’une toute petite étoile, dont la masse représente 8 % de celle du Soleil et dont le rayon est à peine supérieur à celui de Jupiter, la plus grosse planète du Système solaire.
Et elle est dite « ultra-froide » non pas parce qu’on y gèle – cela reste une étoile… – mais parce que sa température de surface, d’environ 2 200 °C, est très inférieure à celle que l’on mesure pour d’autres astres – par exemple 5 500 °C pour le Soleil.
C’est précisément ce nanisme stellaire qui a intéressé l’équipe liégeoise lorsque, sous la direction de Michaël Gillon, elle a conçu le petit télescope Trappist (pour « Transiting Planets and PlanetesImals Small Telescope »), installé en 2010 au Chili.
Comme son nom complet l’indique, cet instrument exploite le phénomène appelé « transit » : lorsque, pour les observateurs lointains que nous sommes, une planète extrasolaire passe devant son étoile, la luminosité de cette dernière est légèrement amoindrie, une baisse d’éclat dont on peut déduire la présence d’une planète, et son rayon.
Un imbroglio à démêler
Plus l’étoile est petite, plus la détection est aisée. Et si elle est minuscule, il devient même envisageable d’obtenir des informations sur l’atmosphère de l’exoplanète qui transite. D’où le choix fait par les concepteurs du projet Trappist de se concentrer sur les compagnons des naines ultra-froides, car c’est peut-être d’eux que viendra la réponse à l’une des plus grandes questions de l’astronomie et de l’humanité : la vie existe-t-elle ailleurs que sur Terre ?
En 2016, l’équipe de Michaël Gillon annonçait avoir découvert trois planètes plus ou moins analogues à la nôtre autour de Trappist-1. Mais, après cette fournée déjà spectaculaire, l’analyse plus approfondie des données a intrigué les chercheurs, qui se sont demandé s’ils avaient bien tout vu…
Cette interrogation a entraîné un suivi minutieux de l’étoile et la mobilisation de nombreux télescopes dans le monde entier : en plus du Trappist chilien, son double marocain a été sollicité, ainsi que quatre autres instruments aux Canaries, à Hawaï et en Afrique du Sud.
Cependant, comme l’explique Valérie Van Grootel, chercheuse à l’université de Liège et cosignataire de l’étude, le pari scientifique n’en était pas gagné pour autant : « On a accumulé énormément de transits d’origine inconnue mais sans trop savoir quoi était dû à qui… »
En ignorant combien de planètes passaient devant Trappist-1, en travaillant sur des observations discontinues – la Terre tourne et l’étoile disparaît du champ des télescopes – ou sur des événements lors desquels deux voire trois exoplanètes transitaient en même temps, la modélisation du système tournait au casse-tête. Il y avait trop d’inconnues et certains transits demeuraient inexpliqués.
L’imbroglio a pu se démêler, ajoute l’astronome belge, quand l’équipe a « obtenu vingt jours d’observation, quasiment en continu, de Trappist-1 par le télescope spatial Spitzer de la NASA : contrairement à ce qui se passe au sol, dans l’espace on peut suivre l’étoile en permanence. Plusieurs groupes ont analysé les données et beaucoup d’ordinateurs ont tourné pendant des jours afin de trouver une solution où il n’y avait plus de transit orphelin ».
Les exoplanètes évoluant autour de Trappist-1 sont donc passées de trois à sept, baptisées, selon la nomenclature en vigueur dans le monde astronomique, Trappist-1b, c, d, e, f, g et h. Cinq sont à peu près de la taille de la Terre, et deux autres un peu plus petites – environ trois quarts du rayon terrestre.
Zone d’habitabilité
Dans ce système où l’étoile centrale est minuscule, tout est plus resserré, à commencer par les orbites. La planète la plus intérieure fait le tour de son soleil en seulement un jour et demi, tandis que la plus extérieure met une vingtaine de jours pour effectuer sa révolution.
Qu’on ne croie pas pour autant que, situés à proximité immédiate de leur étoile, les membres de ce cortège s’apparentent tous à des astres calcinés par le feu stellaire. Certes, les trois plus proches de Trappist-1 connaissent probablement des situations à la Vénus, qu’un effet de serre galopant a transformée en enfer. La plus éloignée doit quant à elle ressembler à un monde gelé.
Mais entre ces deux extrêmes, c’est-à-dire pour les planètes e, f et g, le cadre s’annonce plus sympathique : la naine ultra-froide envoyant dans l’espace assez peu d’énergie – par rapport à ce qu’émet le Soleil –, des planètes même proches d’elle ne reçoivent qu’une chaleur modérée, ce qui les place dans la zone dite d’« habitabilité », celle où l’eau se trouve sous forme liquide, condition favorable à l’apparition de la vie. « Parmi les données qui restent à préciser, explique Franck Selsis, celle qui m’excite le plus c’est la densité de ces planètes, car on pourra en déduire si l’eau est toujours là. »
Il y a néanmoins un risque, poursuit le chercheur français : que les exoplanètes situées dans la zone d’habitabilité… ne soient pas habitables. « Dans leur jeunesse, les étoiles naines sont très actives et émettent des rayonnements UV extrêmes, des rayons X, beaucoup de vent stellaire », décrit-il. « Cela n’est pas du tout propice à l’apparition de la vie, reconnaît Valérie Van Grootel. Cela peut éroder l’atmosphère voire la souffler complètement. »
Quoi qu’il en soit, en l’état actuel des technologies, les compagnons d’étoiles naines restent les meilleurs candidats pour étudier les atmosphères d’exoplanètes de taille terrestre.
Identifier les molécules présentes dans ces atmosphères sera l’une des tâches du successeur du télescope spatial Hubble, le James Webb Telescope, qui devrait être lancé en 2018. Ce qui permet à la chercheuse belge d’émettre, posément, un pronostic : « D’ici à dix ans, on saura s’il y a de la vie sur les planètes que nous venons de découvrir. »
Les aventures de Trappist-1 ne sont donc pas terminées, d’autant moins que les chasseurs d’exoplanètes n’en ont pas fini avec elle : peut-être d’autres planètes, plus éloignées, leur ont-elles échappé. « En mars vont arriver quatre-vingts jours de données recueillies par le télescope spatial Kepler de la NASA. On n’exclut pas du tout de voir d’autres planètes. On aimerait savoir s’il y a des planètes plus massives : une grosse planète rocheuse – une super-Terre – ou une petite planète gazeuse – une Neptune… » Et si, en fait, Trappist-1 avait des octuplés ?
C’est une petite vidéo savoureuse envoyée par une amie. Savoureuse parce qu’elle pointe la nébulosité de certaines subtilités de la langue française. Savoureuse aussi par son interprétation. C’est toujours un plaisir pour moi d’entendre ma langue dite autrement. Outre l’accent, il y a aussi les expressions, toutes ces créations verbales qui s’insèrent dans un quotidien différent mais nous parlent aussi. Au hasard pour rester au Québec, je lis sur le site
Tire toi une bûche : cette expression trouve son origine durant la période de la colonisation des Français en Amérique du nord : les conditions de vie des colons étaient précaires et les sièges étaient souvent remplacées par de simples bûches taillées à la hauteur nécessaire. « Tire-toi une bûche » signifiait donc « attrape une bûche pour t’asseoir dessus », l’expression est restée aujourd’hui bien que les intérieurs soient bien plus confortables et les bûches presque inexistantes.
ou
Se Sucrer le bec : désigne l’action de manger des sucreries, des bonbons ou n’importe quel mets sucré. Pas si éloignée de notre « avoir le bec sucré (ou salé) ».
ou encore
Avoir des croûtes à manger : Au début de la colonisation, et durant des générations, la vie était rude dans les campagnes québécoises. Et la nourriture n’était pas abondante, il ne fallait donc pas faire de gâchis et finir son assiette. Ainsi, « manger ses croûtes » signifiait manger les tranches de pain en entier, sans laisser les croûtes. Il fallait manger ses croûtes pour devenir grand et fort. Les choses ont évolué avec le temps : « manger ses croûtes » ou « avoir des croûtes à manger » veut dire, de nos jours, qu’il faut encore travailler fort, apprendre à la dure, pour progresser et prendre de l’expérience.
Passer la nuit sur la corde à linge : Le sens de cette expression proviendrait d’une comparaison entre des vêtements qui auraient passé la nuit dehors (sur la corde à linge) et la personne n’ayant pas dormi de la nuit. Il s’agit donc de faire référence aux traits tirés d’une personne qui aurait eu un sommeil agité et qui n’a pas l’air reposé.
Allez un dernier pour la route :
Avoir son voyage : semble être quelque chose d’agréable, synonyme de vacances et de plaisir. Pourtant «J’ai mon voyage» ne porte rien de tel puisqu’on l’utilise lorsqu’on en a assez de quelque chose, qu’on est agacé ou dégoûté. On peut aussi l’utiliser pour marquer un grand étonnement (souvent accompagné de «j’en reviens pas !»).
La raison de cet intermède linguistique : j’en avais mon voyage (plus poétique que : j’en avais ma dose, non ?) de toute cette actualité pré-présidentielle.
Vous me direz, mais les expressions colorées, détonnantes, ne manquent pas chez nous. Je sais bien, j’en ai utilisé quelques unes de ma région dans un précédent post :
Mais je n’en retire pas le même « contentement », ne serait-ce parce que j’ai l’impression qu’elles n’ont pas la même vitalité. Et puis leur manque cette extraneité. Cette musique si difficile à chanter juste. Pour les québecois, nous sommes, nous les français, trop coincés des mandibules pour reproduire leur façon de parler.
Je m’inscris en faux. Cela peut se travailler.
Les langues sont comme des partitions. La nature m’ayant dotée de mauvais yeux mais de bonnes oreilles, j’ai toujours aimé naviguer sur les mélodies des langues mêmes ingrates. Peut-être qu’en me laissant convaincre par un mien cousin éloigné de faire du droit, me suis-je trompée de voie … ou bien me suis-je conservé, version optimiste que je retiens, de beaux apprentissages pour plus tard : quand j’aurai quitté le droit pour le tordu des grammaires.
Dans un petit billet malicieusement intitulé « Emploi réel, salaire fictif », elle écrit ceci : « En politique, je ne me réjouis jamais des malheurs de l’équipe adverse, ne serait-ce que parce qu’ils rejaillissent en général à plein flot sur l’ensemble de la classe politique. Mais là, c’est pire… (….)
Le PenelopeGate a délié les langues. Ce sont aujourd’hui combien de conjoints et conjointes (tenants du titre ou faisant fonction) qui réclament leur dû et menacent leur élu(e) ( à la fois de leur cœur et du suffrage universel) de dénonciation pour emploi réel, salaire fictif.
J’en ai un de ce modèle à la maison, que je trouve matin et soir, comptant ses kilomètres, à pied dans des buts de tractage, sur 4 roues dans des buts de voiturage, fouillant mes archives pour traquer chaque faute de ponctuation ou d’orthographe dans mes documents électoraux qu’il a corrigé en 10 ans…
J’en passe : chaque jour, la liste s’allonge et me condamne. J’en suis venue au point, en vue de négociations, de comptabiliser les plats Picard que j’ai décongelé pour lui, les « pneus neige » à épaisse semelle de caoutchouc que je lui ai fait troquer pour des chaussures mieux compatibles avec un usage urbain en climat tempéré, aux « kneipp » à lanières que je lui ai fait abandonner en même temps que les chaussettes qu’il portait avec.
Ajoutons qu’il dénonce cette dernière action comme atteinte à l’identité germanique et à la liberté d’expression.
Bref, c’est la guerre, d’autant que ses amis se liguent pour témoigner en sa faveur. Même drame chez mon excellente collègue Martine Faure et tant d’autres dont je tairai le nom par pure camaraderie. La politique n’est pas un long fleuve tranquille… ».
Rare parmi les députés à ne pas avoir manifesté des pudeurs de violette quand il s’est agi de déclarer son patrimoine (mariée sous le régime de la communauté de biens, elle a déclaré pour son couple un patrimoine de 5,4 millions d’euros, en grande partie immobilier), peu suspecte de considérer ses indemnités parlementaires comme un moyen d’arrondir icelui (en 2012 elle a reversé l’intégralité de la part non utilisée pendant la législature 2007-2012 de son indemnité de frais de représentation), elle a quelques raisons d’ironiser.
Cette image (doublement) renversée de collaboration professionnelle et conjugale s’adresse notamment au couple Fillon mais, comme les malheurs dont elle souligne qu’ils rejaillissent au-delà du cercle où ils ont pris naissance, ce petit billet diffuse, lui aussi, au-delà du pré carré de l' »équipe adverse ».
Bordelaise indécrottable, bien que ne résidant plus à Bordeaux, je l’ai adoptée comme « ma députée ». Une représentante, dont l’activité parlementaire et locale est réelle (sinon elle n’aurait jamais conquis ce fief de la droite depuis des lustres), mais dont la singularité s’accommode d’une obéissance agaçante (malgré les couleuvres avalées et les petitesses subies) au parti qui est le sien. Je me souviens de ma colère lorsque, en 2012, à quelque heures du dépôt des listes pour les législatives, elle a accepté comme suppléant un élu local qu’on voulait sans doute « pousser » en haut lieu (individu qui n’a guère confirmé les espoirs placés en lui et vient – décidément l’antenne Pôle Emploi élyséenne est performante – d’être propulsé à la cour des comptes). Je l’ai adoptée aussi pour des raisons plus familiales : l’aide apportée au compagnon (réfugié kurde) d’une de mes nièces, et le bras de fer qui l’oppose à ma mère. Au centre de l’affaire, la médaille du mérite (ou la légion d’honneur, je ne sais plus). Michèle pense que ma mère la mérite (l’une ou l’autre) mais ma mère, nonagénaire qui se revendique anarchiste mais dont je dirais plutôt qu’elle a toujours su s’affranchir subtilement de l’injonction ou de tout cadre quel qu’il soit, l’envoie aux fraises. L’affaire n’est pas close à ce jour mais je gage que Michèle n’y arrivera pas, ce qui n’empêche pas une estime réciproque et amicale.
Duruflé (Maurice).
En chœur, nous retravaillons son requiem. Nous l’avons déjà donné en concert l’an dernier, mais l’organiste du Temple a souhaité qu’on renouvelle la chose et que la prestation soit enregistrée. C’est sans doute l’œuvre qui m’aura le plus bouleversée depuis que je chante dans cette chorale : pour la paix et la méditation qu’elle suggère malgré d’incessantes ruptures de rythme. Peut-être entre-t-il aussi dans mon émotion le fait que nous la chantions précisément en mars, un mois où, après des jours et semaines de colère impuissante, j’ai retrouvé une forme de paix, il y a des années de cela. L’an dernier, j’ai chanté égoïstement pour les miens, je le ferai encore cette année.Direction
L’idée de cet enregistrement ne l’enchante guère, je crois. Elle préfère la joie de l’éphémère, ce plaisir partagé, volatile, à la gravure qui fige l’imperfection.
Elle a pris ses repères et repasse au stabilo ses annotations sur sa partition. Le flottement dans sa direction s’est évanoui …elle sait où elle veut nous mener, peut-être vers quelque chose d’aérien et dense à ce qu’il me semble, une équation que nous rendons difficile à résoudre : il y a ceux qui viennent et travaillent entretemps, ceux qui viennent et ne travaillent pas entretemps (et comptent sur les premiers), ceux qui viennent quand ils n’ont pas d’autres priorités, etc ….
Mince, aux yeux azur, elle me déconcerte au point que je ne sais dire ce que je sais vraiment d’elle en dehors de la musique et de quelques rameaux épars : un mari, deux enfants déjà grands, des petits-enfants rapportés, une maison à l’écart des bruits parisiens, un jardin qu’elle bichonne, un goût certain pour la cuisine, l’esthétique et le cocasse …. Ce qui frappe, c’est son énergie, ce mouvement perpétuel que l’on devine sous sa peau, cette onde qui la parcourt et nous porte. Une énergie qui puise dans ces heures passées à « gratter la terre », comme elle dit. Son ancre est là, comme elle l’est, pour moi, dans les griffonnages essemés au fil de ce blog.
Quand j’essaie d’imaginer ce qui, hors la musique, est susceptible de nous rapprocher, je songe : nous sommes des intranquilles, de facture différente, sans nul doute, mais des intranquilles.
Vérités mensongères, restrictions mentales, aveux brouillés, chiffres floutés, fauxcultisme élevé au rang des beaux arts : demêler les fils de l' »Infaux » et de la « post-vérité », n’est pas une sinécure. Ainsi a-t-on vu naître à côté du journalisme d’investigation (plutôt sur le temps long), le fact-checking en temps réel.
Tout rapide qu’il soit, pourtant, ce fact-checking accuse toujours un petit temps de retard sur l’enfumage, un temps à la fois insignifiant et précieux en cette ère d’immédiateté car le « fact-checkeur » a rarement la visibilité de l’enfumeur. Sa fiabilité mériterait peut-être d’ailleurs, elle aussi, d’être vérifiée, par un vérificateur dont la fiabilité mériterait, …etc (principe bien connu de l’étiquette de la « Vache qui rit » ou des matriochkas). Quant à l’image, on sait que, même fugitive, elle laisse toujours des traces.
Aussi un petit retour historico-philosophique ne paraît pas de trop dans cette confusion pré-électorale.
Soyons honnête, l’homme m’agace : brillant et assez content de lui. Cela s’entend et se voit. MAIS, il engage souvent ce qui me sert de pensée hors des sentiers balisés… et j’aime bien ça. Essayons d’oublier le chroniqueur et saluons Epiménide (un bon gars) que je n’avais pas dans mon carnet d’adresse.
Ce quelque chose qu’il évoque fut (provisoirement) la victoire de B. Hamon aux primaires de gauche (celle de F. Fillon était acquise au moment de l’émission). What’s next ?
« Si tous ceux qui croient avoir raison n’avaient pas tort, la vérité ne serait pas loin », disait P. Dac. Ce qui me semble assez épiménidique dans son genre.
En ce qui me concerne, j’ai, pour l’heure, tout d’une gallinacée devant un couteau sans lame auquel manque le manche. C’est vous dire à quel point j’ai idée de ce que je vais faire….
Mais je le ferai à l’arrache, à l’impulsion, de cela je suis à peu près sûre. Epicetou.
PS : Par curiosité j’ai voulu voir les sous-titres « générés automatiquement », cela vaut son pesant de cacahuètes… quand on pense que certains fact-checking sont aussi semi-automatisés … on peut ici mesurer, en temps réel aussi, le degré de circonspection qu’il faut garder …
C’est une notion intéressante : » il ne s’agit pas d’emploi fictif car son travail n’était pas forcément tangible » dixit, en gros, l’avocat des époux Fillon. Manière de dire qu’il y avait travail mais trop subtil pour l’observateur laborieux.
Reprenons.
Tangible : se dit de ce qu’on connait par le toucher, de ce qui est matériel, sensible. Se dit aussi de ce que chacun peut constater, qui ne saurait être mis en doute.
« Elle me faisait remonter des évolutions de notre société » dit Monsieur. Vous me direz, le local nourrit le global. Mais l’on peut tout de même se demander si la lunette plantée à Sablé-sur-Sarthe était suffisamment puissante pour embrasser les soubresauts et autres crispations de notre beau pays.
Autre hypothèse, voir en François Fillon un précurseur : le créateur d’un revenu de base pour les femmes au foyer dont l’activité bien réelle est snobée par les statistiques du travail et de l’emploi. Mais ce serait sans doute lui prêter beaucoup. Un détail, par exemple, mais non des moindres, peut faire douter d’un tel projet …le financer à cet étiage aurait créé des vocations et sûrement plombé les équilibres financiers auxquels il tient tant. Et puis rien ne transpire de la chose dans son programme. A moins que ce projet ne soit resté … discret ?
Force est alors de considérer la chose pour ce qu’elle est : une illustration de plus de la tendance de nos politiques hexagonaux à confondre allocations publiques et bonheur financier privé. Sous d’autres cieux, notre sourcilleux candidat aurait, au minimum, été prié de se mettre en retrait.
Autre sujet de questionnement pour moi. Que savait au juste Pénélope Fillon ? Pour sa participation ephémère à la Revue des deux Mondes, on peut penser qu’elle n’était pas totalement ignorante de sa bonne fortune … mais pour ce qui est de sa carrière d’assistante parlementaire ? Les interviews dans lesquelles elle déclare ne pas travailler et ne pas faire de politique ou préférer sa campagne et ses chevaux ne manquent pas. Ici, par exemple :
Si l’on en croit l’infernal palmipède, elle aurait été, notamment, salariée entre 1988 et 1990, c’est à dire à un moment où elle devait s’occuper de 4 jeunes enfants (respectivement nés, si on en croit wikipédia en 1982, 1984, 1985 et 1989 … un autre naitra plus tard en 2001). Certes la dame devait être entourée mais tout de même. Où et quand caser, dans ce contexte, une activité consistante partagée entre Sablé et Paris ?
Confrontés au silence assourdissant de la Dame, il nous reste les images et je m’interroge sur ces quelques photos : Désabusée, dessillée, Pénélope ? Rien de bien tangible si ce n’est quelque chose dans le regard et le contraste entre son expression figée et la mine satisfaite et animée de sa moitié. Vous me direz, il y a bien d’autres images (fournies par le candidat) qui semblent dire autre chose. Sans doute, mais il y a aussi celles-là, largement diffusées, où elle semble ailleurs, dans un réel personnel bien éloigné de celui de son voisin.
Après le fictif, la fiction ? Peut-être. Peut-être pas.
La justice, pour l’heure, poursuit le tangible. Le rattrapera-t-elle à temps ?
A l’écoute de certaines réactions à l’issue du premier tour des primaires « de gauche »…la célèbre phrase « les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » m’est venue assez naturellement. Et puis j’ai songé qu’il y avait peut-être d’autres choses à glaner dans les saillies du bonhomme. Il ne m’était pas spécialement sympathique et j’ai fait un marché très subjectif à l’issue duquel certaines répliques m’ont semblé ne pas manquer d’à-propos.
« Un homme pas plus mal qu’un autre. Quand on a cette ambition, on ouvre un bazar, on ne gouverne pas une nation » (Le Président d’Henri Verneuil, 1961).
Le fait est que le bazar, c’est maintenant. Nous voilà à la fin d’un quinquennat si déprimant que le président sortant élu par la « gauche », plombé par sa politique autant que ses confidences, a préféré ne pas se représenter… et ne soutenir personne…., du moins officiellement.
En cinq ans, pas un mouvement d’humeur ! Pas une colère, même pas un mot plus haut que l’autre ! Et puis d’un seul coup, crac, la fausse note, la mouche dans le lait ! » (Ne nous fâchons pas de Georges Lautner, 1966).
Et nous ?
Nous voilà dans le vote dérangeant. C’est peut-être la leçon provisoire à tirer de ces primaires, même si les résultats de la dernière n’ont pas fini d’être discutés (comment peut-on foirer, se décrédibiliser à ce point ?). Les primaires à droite nous valent un ultra (dont la probité revendiquée vient d’être écornée par une affaire d’emploi familial qui nous ramène aux riches heures du rapport de Xavière Tibéri) commençant déjà à rétropédaler tant il inquiète son propre électorat et celles de gauche un prétendant … plutôt de gauche avec un programme passablement caricaturé par des éditorialistes dont l’ire m’a fait penser aux pétages de plombs ayant suivi les résultats du référendum sur le traité constitutionnel européen. « Comment ces inconscients électeurs ont-ils pu propulser ça ? » Pas de quoi s’affoler pourtant, l’enjeu de ces primaires « à gauche » est moins de choisir un candidat susceptible de passer le premier tour des présidentielles que de désigner celui à qui seront confiées les clés de ce qu’il restera (s’il reste quelque chose) d’un parti moribond. Mais peut-être entre-t-il aussi, chez les prétendants de cette « belle alliance » si mal nommée, le mince espoir de pourrir un peu le premier tour des deux M en parvenant à retenir, malgré tout, un électorat possiblement tenté par Macron (candidature Valls) ou Mélenchon (candidature Hamon). Le taux de la participation au deuxième tour de ces primaires constituera sans doute un baromètre intéressant de mesure de l’utilité de ces candidatures…
Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses (Le cave se rebiffe de Gilles Grangier, 1962).
Le jeune « en marche », qui a dédaigné le concours de beauté, est finaud qui ne dit rien de bien concret et séduit à voix cassée une presse qui n’en finit pas de lui consacrer des unes énamourées. Des sortes de « Et si c’était lui ? » au parfum de vieille rose 2007.
Il est parfaitement superflu de connaître les choses dont on parle. Je dirais même que la sincérité en général dénote un certain manque d’imagination (Les lions sont lâchés d’Henri Verneuil, 1961).
A part l’âge et le fait qu’il n’a jamais été élu, quoi de neuf ? L’emballage sans doute, mais gageons que la praline restera un brin amère. Pour l’heure, il s’inquièterait plutôt des vieilles Rossinantes qui s’invitent sur son plateau. Présenter une distribution antédiluvienne quand on prétend faire du nouveau … Gobera-t-on ce roman là ?
Puisqu’on en est au roman, la notion de « roman national » agitée ici et là n’a rien pour me séduire mais peut-être, pour renouer avec la politique dans son plein sens, avons – nous tout de même besoin de récit, quelque chose qui nous ramène à l’humain dans toutes ses dimensions et pas seulement celle d’un cocorico- trémolo-économico-consumérisme naphtaliné.
Petite digression :
L’engouement surprenant (au regard du tirage initialement prévu) pour certains livres à caractère historique comme « l’histoire mondiale de la France » est peut-être là : redonner du sens à une société que les politiciens enfermés dans une lecture hors sol, dans une saga intime et égotiste, ignorent, aidés, en cela par une « éditocratie » passablement repliée sur elle-même, elle aussi, comme on a pu encore le constater dimanche soir.
Reste que ce qui nous est promis est une fois de plus de voter pour le moins « nuisible ». Le problème est que la notion est absolument relative …
Alors, dans ce contexte flasque :
Dis- toi bien que si quelque chose devait me manquer ce ne serait plus le vin, ce serait l’ivresse (Un singe en hiver d’Henri Verneuil, 1962).
L’ivresse électorale n’est malheureusement pas près de croiser mon chemin….j’en resterais plutôt dans le registre vinaigrier. Même pas balsamique.