primaires

Pas de nuit des longs couteaux, il n’y aura ni sang ni morts, mais des réconciliations opportunistes qui n’abusent personne. Au moment jugé opportun. Dans un entre-soi. Et cette belle alliance fardée et si mal nommée populaire se dissoudra comme, à terme, le parti qui la porte. Après, recomposer sur de la décomposition avancée sera un peu compliqué.

Ce qui se profile est grave dans la mesure où il me semble que l’on a atteint le degré zéro du débat politique. En 2012, déjà, le paysage n’était guère brillant. A gauche, nous avons voté (ou nous sommes résignés à voter), au nom du « tout sauf Sarkozy », pour un homme qui avait fait semblant de « signifier » au Bourget en pourfendant une finance soit-disant ennemie. Personnellement, je n’attendais rien du personnage (vu l’état dans lequel il avait, quelques années auparavant, laissé le P »S »). Ce qui a suivi a comblé, si j’ose écrire, et au-delà, mes déceptions prémonitoires.

A voter par défaut, la démocratie finit par mourir. Les idées stagnent dans un marigot amidonné où chacun se complait sans souci de ceux qui n’ont pas été invités.

Ces primaires, et 2 M l’ont bien compris, ont des airs de pacte faustien. Et on ne manquera pas de spéculations sur la différence de participation à l’une ou à l’autre au risque du ridicule.

Un(e) gamin(e) qui n’aime pas le plat qu’on lui propose finit par tout exploser, de préférence quand on ne s’y attend pas. Reste plus qu’à nettoyer. On en est un peu là.  On sent, ici et là, cette même envie de « renverser la table » qui s’est concrétisée outre-manche et outre-atlantique …et on a vu pour quoi. A se demander si la transgression de règles du jeu perçues comme biseautées et éculées ne serait pas devenue la martingale pervertie des électeurs : déjouer les pronostics des sondeurs de l’âme votante au risque d’être  encore plus lessivés….Jusqu’au réveil dont on ne sait quelle figure il aura.

Beaucoup de paroles, surtout verbales (quoi derrière?) susurrées ou éructées en meeting, dans et hors primaires, emplissent momentanément notre quotidien. Se resituer dans  cette logorrhée communicante n’est pas chose aisée. Encore moins quand ce théatre électoral surjoué et convenu vous assomme au point de vous rendre àquoiboniste.

Je crois avoir déjà partagé cette vidéo mais les rappels ne sont jamais inutiles …surtout en politique.

 

 

 

 

 

 

Digressions pendant l’hommage rendu au mari d’Annie P.

6a00d83443d1b053ef014e868bb4d8970d-800wiSon mari est mort brutalement.

Nous sommes venus pour l’entourer à l’occasion de ce culte d’action de grâce. Une cérémonie qui a lieu après l’enterrement : nul cerceuil, juste une assemblée.

Elle est là brisée, perdue dans un univers où il devient de plus en plus difficile de la rejoindre. Je pense à ma cousine, il y a quelques années, qui sans quitter physiquement ce monde, s’en est, peu à peu, absentée. Même grande silhouette dégingandée, même yeux qui se posent sur vous sans sembler vous voir ou vous reconnaître et puis soudain quelque chose … qui disparaît presque aussitôt. Une sorte de balancement où les moments de présence se font plus rares et l’incohérence plus prégnante, où le verbe se lâche, parfois violent. Je me souviens des larmes de cette amie d’enfance à l’issue d’un concert.

Une conscience rongée par l’oubli.

Son mari, son ancre, est parti et l’on sent déjà la béance au réel se faire plus nette.

J’apprends que celui-ci était né un 24 juillet, comme mon père, et je songe fugitivement à cet autre départ.

Je regarde les visages et je revois cette autre journée, il y a un peu plus de trois ans.

Une petite église d’un village de l’Yonne devant laquelle nous avions, nous les choristes, posé pour des photos ensoleillées que j’ai gardées dans mon ordinateur. Une belle journée d’été. Elle portait une sorte de chapeau avec un gros noeud sur le côté qui semblait l’embarasser. Heureuse de marier son fils à cette jolie femme. Une cérémonie sans grands mots mais une belle lumière et le sentiment partagé de former une « ensemblée ». Une impression douce et émouvante qui, en cette circonstance si différente, me revient intacte. Auraient-il des enfants ces deux là qui n’étaient plus si jeunes ? se demandait-elle. L’avenir lui prouva doublement que oui.

Je repense à toutes ces années où elle nous a accompagnés au piano, fait répéter quelquefois. Mais la vieillesse et cette maladie insidieuse ont aussi égaré ses doigts. Me reviennent encore des réfexions erratiques et récurrentes quand nous faisions un bout de chemin ensemble après l’office certains dimanches. Je les mettais sur le compte de la fatigue, ne voulant pas penser à cette autre chose qui ne peut être ignorée aujourd’hui.

Je me dis qu’avec le temps, le toucher, pour autant qu’elle l’accepte, sera le seul moyen de communiquer avec elle. Et puis songe, tout en chantant, qu’il y a aussi cette musique qui n’a jamais quitté sa vie. Peut-être, alors, pour retenir autant que faire se peut cet esprit qui prend le large, redonner au temps un peu de sa mélodie ?

 

A méditer avant d’aller voter

Je n’ai pas vu le documentaire de Gilles Perret « La sociale » en salle depuis le 9 novembre 2016 qui retrace la naissance de la Sécurité sociale. Mais les récentes déclarations de F. Fillon sur sa vision de l’avenir de cette institution ont amené les journalistes d’ « Arrêt sur images » à revenir sur l’histoire de cette sacrée Sécu, souvent vilipendée mais qui semble encore avoir ses soutiens.

L’émission (hélas en accès réservé aux abonnés à ce site, sauf le petit extrait poil à gratter ci-dessous) est passionnante.

Où l’on y apprend, entre autres choses, que :

–  cette Sécu ne fut pas seulement l’oeuvre du gaulliste Pierre Laroque mais aussi et, peut-être surtout, celle d’Ambroise Croizat, ministre du travail, ouvrier, communiste, membre de la CGT qui n’eut en réalité que très peu de temps pour « la faire » dans un contexte plutôt hostile (à ce propos l’historienne dit qu’il a été le seul ministre qui ait jamais été ouvrier, il me semble que Pierre Bérégovoy, qui fut également ministre du travail, le fut aussi) ;

–  la distinction gros risque-petit risque (dont la pertinence reste à prouver, un petit risque mal soigné ou dédaigné pouvant se muer en gros risque), qui revient sur le principe d’universalité de la sécurité sociale avait été rejetée par Philippe Séguin et Pierre Laroque, figures du gaullisme social dont se réclame F. Fillon (quoique, maintenant ….peut-être vaudrait -il mieux ranger cette revendication à l’imparfait) ;

– l’adage de cette institution était, en effet, « chacun paie selon ses moyens et reçoit selon ses besoins »  mais que, de fait, depuis des années, on privatise l’assurance maladie en la recentrant, par touches successives, de manière rampante, sur ce qui relève du « lourd » :  l’hôpital ou les affections de longue durée. Les propos de F. Fillon ne feraient donc qu’aller au bout de la logique de ce qui se fait déjà … mais de manière beaucoup plus silencieuse ;

– il est illusoire de penser que tout ira mieux avec les mutuelles et autres assurances complémentaires dont les coûts de fonctionnement sont bien plus élevés que ceux de la Sécu  ;

–  ce qui plombe les comptes de l’assurance maladie n’est pas nécessairement ce dont on nous rebat les oreilles : par exemple, qui s’intéresse dans « lesmédias » à l’incidence du travail dissimulé, du non-paiement des cotisations, des allègements de charges consentis par l’Etat aux entreprises (qu’il est censé compenser) et de leurs effets sur le niveau des salaires ? Les ressources et les dépenses de l’assurance maladie évoluent selon des paramètres qui n’ont rien à voir les uns avec les autres : la croissance (faible en ce moment) pour les premières, le coût des traitements (nettement plus exponentiel) pour les secondes ;

– si abus il y a en matière de prestations (et il y en a), la Sécu elle-même considère ce phénomène comme marginal, tout comme le député Dominique Tian (Les Républicains) selon un rapport rendu en 2010 ;

– il y a, en revanche, beaucoup d’assurés sociaux qui, potentiellement éligibles à certaines prestations, ne les demandent pas, soit parce qu’ils en ignorent l’existence, soit parce que c’est stigmatisant (par exemple l’aide à l’achat d’une assurance complémentaire santé créée en faveur des assurés dont les revenus ne leur permettent pas de le faire, le fameux « chèque santé » sur lequel, en passant, la Sécu communique assez peu).

Alors, au bout du visionnage, à l’heure où, en ces temps de crise, la révolution numérique, l’intelligence artificielle, la robotique bousculent tout, où le travail se précarise et s’atomise, où ses frontières deviennent de plus en plus difficiles à définir sous la poussée par exemple de l’uberisation, où certains pensent que toute l’architecture sociale est à revoir et évoquent la création d’un « revenu universel » (mis en place à titre expérimental  par les finlandais) qui renouerait, en quelque sorte, sur un mode mineur,  avec le principe d’universalité de cette bonne vielle Sécu, on peut se demander : quel avenir pour une communauté réduite à des acquêts sociaux de plus en plus rognés au nom d’une efficacité économique qui se discute ? Celui de la série télévisée « Tripalium » décrivant un monde où 80 % de la population, privée d’emploi, doit vivre dans « La Zone », derrière un mur, en marge des actifs de « La Ville » ?

Les inégalités qui se creusent en promenant leurs lots de risques, pas seulement sanitaires, pourraient bien nous ramener brutalement à élargir notre vision des choses au-delà du marronnier ressassé du « trou », dont on se garde bien de trop détailler les causes, pour nous jeter dans les bras d’institutions financièrement beaucoup plus gourmandes et sûrement moins « aimables »  (on n’évoquera pas, par discrétion, ce à quoi pourrait conduire l’accès de ces organismes aux données individuelles de santé couplé avec la généalogie médicale).

 

 

 

Docteur Manuel et mister Valls

« On m’a imposé le 49-3 ».

Mesdames et messieurs, Manuel Valls n’est pas ce matador de débats parlementaires qui poussait son menton dans l’Arène Nationale. Ce n’est pas monsieur « comprendre c’est déjà excuser ». Ce n’est pas ce verbe tranchant, ces machoires serrées, ce corps prêt au combat. Non, mesdames et messieurs, Manuel Valls au fond, c’est ça :

 

« Manuel Valls est un chef obligé, il ne le dit pas seulement avec sa formule désormais célèbre, et qui rencontre un succès viral sur les réseaux sociaux, il théorise tout son programme par la pression qu’il subit, et par les leçons qu’il en tire. « Le monde a tellement changé ! », répète-t-il comme un mantra, pour justifier que lui aussi il a « changé ». Interrogé sur son revirement à propos de l’ISF, il l’explique par l’environnement. Il s’adapte en changeant de couleur. Ce n’est plus un dirigeant, c’est un caméléon. En 2011, la suppression de l’ISF était envisageable, mais avec « les événements extraordinaires » survenus par la suite, notamment l’élection de Trump, le Brexit ou le programme de François Fillon, il en est venu à se dire que « peut-être cette gauche a trop cédé à des forces de l’argent ».

Incroyable ! Selon cette affirmation, qui rappelle le Hollande de la finance ennemie, l’état du monde a transformé l’ancien premier ministre en frondeur, ces frondeurs qui lui ont donc imposé de leur imposer le 49-3 ! » (Hubert Huertas, Médiapart, « 49-3 : Manuel Valls à l’insu de son plein gré , 6 janvier 2017)

Et nous revient avec force cet autre épisode où il dut subir cette même violence, cette année 2005 où après avoir tant milité pour le Non au traité constitutionnel européen, il se sentit contraint de se battre  pour le Oui. Seule une guêpe inopportune, un dard insidieux (le même qui profite de ses derniers mois à l’Elysée ?) était capable de changer cet être délicat, cette violette socialiste en pourfendeur du Code du travail.

On s’en voudrait de le retenir dans cette douloureuse soumission par nos votes. Il paraît si heureux de renifler les fleurs ….

Droit à la deconnnexion, disent-ils

novequilibres-deconnecter

 

Le droit à la deconnexion a été introduit dans notre arsenal juridique par la loi Travail. En gros,  les  entreprises devront de mettre en place des instruments de régulation de  l’utilisation de l’outil numérique. Ces mesures devront permettre d’assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale. Pour mettre en œuvre ces mesures, la priorité est donnée à la négociation avec les partenaires sociaux. Mais, à défaut d’accord, l’employeur devra tout de même mettre en œuvre ce droit sous la forme d’une charte qui devra prévoir la mise en œuvre à destination des salariés et du personnel d’encadrement et de direction, d’actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques.

Certaines entreprises se sont déjà emparées du sujet  : blocage des serveurs le soir et le week-end, instauration de moments de silence, mis en vacance des boîtes mail, reconnaissance du travail effectué en dehors des heures de bureau (????), système automatique d’envoi différé de mails, mise en place de journées sans mail, suppression de la fonction « répondre à tous », instauration de salles de sieste au bureau, telles sont quelques unes des solutions adoptées…dont je vous laisse juge de l’efficacité (plus de détails ici : http://abonnes.lemonde.fr/m-perso/article/2016/03/17/10-initiatives-des-entreprises-pour-favoriser-la-deconnexion-de-leurs-salaries_4884998_4497916.html?xtor=RSS-3208).

Pour certain spécialiste des ressources humaines cependant, l’addiction à la connexion ne viendrait pas de l’objet (smartphone notamment) mais de la médiocrité managériale :  » ce sont les mauvais managers qui sont les maux du siècle. Encore une fois, l’hyperconnexion dont on nous parle n’est qu’un symptôme, et l’outil un bouc émissaire. C’est la stratégie et le management qui constituent le noyau de tout cela. » (JN Chaintreuil, Le figaro, 4 janvier 2017).

Peut-être, mais aussi une certaine plasticité salariale que le contexte économique assouplit encore.

Les nouvelles technologies, pour qui ne sait s’en déprendre, engendrent un esclavage à la réactivité. Et, sous couvert de deconnexion, ressurgissent des questions vieilles comme le monde, celles du temps (de travail mais pas seulement) et de la résistance (dans tous les sens du terme).

Au fond, droit à la deconnexion ou pas, l’exigence latente contemporaine de rapidité et d’efficience, entraînée par les « progrès techniques », nous condamne à une sorte d’hypervigilance. Mais en avons- nous, sur la durée, les moyens physiques (car pour être complet, au delà de la deconnexion numérique, il faudrait aussi évoquer cette deconnexion neuronale du travail qui ne se fait pas toujours : « merde, ai-je bien pensé à ça ? », vous vient-il en pleine nuit) ? Je n’en suis pas sûre.

Aussi, au lieu de gloser sur le droit à la deconnexion, ne vaudrait-il pas mieux s’entraîner au détachement ?

Notez, ce détachement vient parfois tout seul. Par exemple, je n’arrive pas à m’intéresser aux élections qui viennent. Sur Médiapart l’autre soir, Montebourg faisait du Montebourg et Manuel Valls avait dépêché deux représentants à la langue de bois épaisse comme un linteau. Pas tenu 5 minutes dans les deux cas.

Me suis sentie indifférente primaire. Comment s’interesser à la vacuité ? A ces paroles verbales en boucle ?

Les « revues de la semaine » du nouveau youtubeur JL Mélenchon sont plus ludiques, même si un peu longuettes.

Je ne sais pas ce que nous réserve cette nouvelle année, mais à lire ici et là, et au vu des « surprises » électorales de 2016, je me demande si on ne devrait pas confier l’analyse politique à une voyante spécialisée dans la lecture du marc de sondage.

2017, une année hor(r)oscopique ?

 

En mal de voeux

« J’ai un peu de mal cette année à faire des vœux », m’écrit-elle… « Je ne sais pas trop ce que 2017 nous réserve ».

Ma foi, moi non plus, à part une nouvelle dizaine.

Ah, les voeux … pour moi, un exercice pénible tant que le souhait me fuit. Je dois avouer que, pour l’instant, je sèche.

En panne d’inspiration, j’ai été farfouiller sur le net, qui me propose entre autres choses ceci :

« Que l’année 2017 vous apporte le bonheur et la réussite, le succès dans vos projets et l’accomplissement de vos rêves (classique creux)

Pour cette année 2017, je vous souhaite de vibrer pour des projets enthousiasmants et de les voir couronnés de succès (classique à peine ripoliné)!

Je souhaite que cette année 2017 nous réunisse enfin, en bonne santé et dans la joie des retrouvailles (redondant).

Au titre des vœux pour 2017, je ne ferai que citer Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » Je suis certain que vous saurez réussir cette entreprise (prétentieux).

Pour 2017, je vous souhaite 1 an de santé, 52 semaines d’amour, 365 jours de Joie, 8 784 heures de satisfaction, 527 040 minutes de prospérité, 31 622 400 secondes de bonheur (à vérifier).

Au-delà de vous souhaiter une excellente année 2017, j’ai bien envie de vous citer John Fitzgerald Kennedy : « Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie-mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années » (à manier avec précaution…d’ailleurs a – t- il vraiment dit ça ?).

J’ai réfléchi longtemps à ce qu’il fallait écrire sur cette carte. Après plusieurs heures de réflexion, je suis allé sur Internet pour trouver l’inspiration et j’ai trouvé ce que je cherchais: Bonne Année ! (honnête) ».

Pas de quoi se relever la nuit.

A défaut de mots, voter pour l’image animée ? Quelques échantillons ici, guère plus convaincants:

http://www.cybercartes.com/apercu/30781/cc/cartes-de-voeux

Reste l’option exotique : et là, que lis-je ? L’année  chinoise 2017 est celle du coq de feu ! Autrement dit c’est MON année puisque c’est MON signe chinois.

Je lis  dans la foulée: « Les années de Coq sont souvent des périodes mêlant droiture et justice, grandiloquence et organisation logistique. Les métiers d’administration publique et privée, les carrières militaires ou encore les métiers de police sont fortement favorisés.

Le feu faisant fondre le métal les susceptibilités des uns et des autres seront des sources constantes de tensions. Il faut donc s’attendre à une intensification des déclarations théâtrales, viriles – et stériles – de la part de dirigeants de pays ou de grandes structures économiques. Les flux migratoires dus aux guerres et aux changement climatiques contribueront à dégrader un climat politique ambiant déjà lourd et instable ».

Un rien plombant non ?

Reste l’humour :

1b5e824a 848a02f71401dadd8254151290c2972b

 

Finalement, que 2017 vous soit donc douce et légère et vous offre mille occasions de vous soustraire aux pesanteurs du monde. Un vœu qui en vaut d’autres non ?

 

 

 

 

 

 

 

Couleurs d’hiver

Le solstice d’hiver est derrière nous, les jours vont commencer à rallonger, autant dire que nous allons vers la lumière.

Pour ce qui est du ciel au dessus de nos têtes, la conclusion est acquise. Mais pour le reste en revanche ….

Né le jour du solstice d’hiver, Président de la République au solstice d’été ? Emmanuel Macron semble y croire, et d’autres ambitieux, qui ne le prenaient pas au sérieux,(ou si peu) commencent à le craindre. Si cela devait arriver, voilà qui ne manquerait pas d’affecter sérieusement la sombre mine de notre matador de 49-3 : je l’imagine déjà vert comme un sous-bois de la ZAD de Notre-Dame des Landes (je ne sais pas pourquoi il m’évoque ce personnage au visage vert de l’album des  aventures d’Astérix intitulé la Zizanie : Détritus. Manque pas d’air notre Ibère, après l’avoir tant semée de jouer au rassembleur, sans grande réussite semble-t-il à ce jour. Du coup, notre matou du cheshire élyséen fait grise mine et se prend à regretter : « j’aurai dû y aller quand même » se dit-il  » Ma rondeur avait plus de chances que ses harangues adjudantesques. La France n’aime pas le clairon aux aurores et les lits au carré »).

Qu’attendre de la conjonction des planètes Trump et Poutine ? Un monde rouge-orangé ?  dérangé ? explosif ?

L’année qui s’annonce sera-t-elle bleue ou saignante ? A marquer d’une pierre blanche ou noire ?

La palette politico-économique recèle des teintes insoupçonnées tant les mélanges tactiques sont instables.

Du passé simple au futur compliqué, les conjugaisons s’emmêlent,  les probabilités s’égarent et les incertitudes s’empilent.

De quoi, au grand dam de qui prône, d’une voix cassée par l’ivresse de soi, une révolution d’un rose hypocrite,  donner  aux particules élémentaires de corps électoral que nous sommes l’envie de revenir à la contemplation de celle des corps célestes. Une saine activité presque de saison pourrait-on dire. Qu’on soit berger ou pas.

Petit PS « révolutionnaire » :

 

 

 

 

 

 

Après le slow food …slow time

Noire semaine qui démarre ce lundi avec l’annonce de la mort, à des milliers de kilomètres des siens, du mari d’une amie et celle, d’une brutalité différente, d’un collègue un peu plus jeune que moi.

Dans cet état de sidération, gérer quand même ces plannings de plus en plus serrés, ces urgences laborieuses qui se multiplient avec la diversification des supports d’information, s’accumulent (pour nous) traditionnellement en fin d’année et m’interdisent de songer à un quelconque repos familial et bienvenu.

Travailler en apnée avec la crainte de laisser passer des bêtises, des erreurs qui peuvent être lourdes de sens pour nos lecteurs et celle d’être pénalisée, plus tard, pour un retard.

Essayer dans ce temps raccourci de penser utilement en ayant conscience de n’y parvenir qu’à moitié, voire peut-être même moins.

Pour reprendre une expression informatique, ce temps là est « bruyant », disperse, atomise, nous éloigne de nos semblables. Et puis  s’insinue cette autre donnée temporelle qu’est l’âge : le rythme est de plus en plus difficile à supporter. Certains s’y épanouissent, pas moi. Et la question lancinante ressurgit : a-t-on vraiment besoin de tout, tout de suite, tout le temps ?

Laisser du temps au temps … un beau cliché désormais à ranger parmi les vieux tirages argentiques qui palissent sur le dessus d’un piano, d’une commode ou de ce qu’on voudra.

Singulièrement je m’amuse, en même temps, des articles à propos du meeting d’Emmanuel Macron : serions-nous entrés dans l’ère de la transe ?

J’en étais là de mes élucubrations, lorsque j’ai vu arriver sur ma messagerie ce mail qui me redirige vers ce site : https://www.slow-watches.com

où je lis :

« La lenteur n’est pas à prendre à la légère. C’est un état d’esprit que nous avons presque tous perdu. Laissons au temps redonner de la lenteur à nos vies. Soyez lents… »

Et comment refaire connaissance avec la lenteur ?

Rien de plus simple : la montre slow, donc. Késako ?

ça (il y a d’autres modèles, rassurez-vous) :

watch-front

Mais encore :

« La montre, fabriquée en Suisse (of course), est équipée d’un mouvement Ronda 505 24 heures GMT qui, à la base, possède 4 aiguilles en plus de la date. Nous n’employons qu’une seule aiguille qui indique les 24 heures afin de créer une authentique montre slow réduite à un seul élément nécessaire. Mais nous pensons que c’est assez cool de savoir que derrière tout ça, dans votre montre, il y a un mouvement assez complexe.

Ce qui est formidable, c’est que le cadran de 24 heures vous permet de voir la journée entière d’un simple coup d’œil. Cela change fondamentalement la façon de regarder sa montre, et cela donne une autre idée quant à la progression de votre journée.  »

Comment lire une montre slow ?

 » Les premiers jours, c’est un peu étrange de n’avoir qu’une seule aiguille pour lire l’heure. Mais pas de panique, on s’habitue très rapidement et on commence à apprécier de pouvoir lire l’heure de façon beaucoup plus naturelle. Un simple coup d’œil à votre montre et vous aurez immédiatement une bonne orientation d’où vous en êtes à ce moment de la journée. En regardant plus attentivement, vous aurez une indication suffisante de l’heure. Chaque point représente une tranche de 15 minutes. »

Et puis, notez, c’est facile à régler puisque la montre n’a qu’une aiguille.

Voui, voui, voui. En somme, si je saisis bien (mais j’ai la cervelle à marée basse ce matin)  le sentiment de lenteur viendrait de ce que l’aiguille bougerait plus lentement sur un temps plus long. A ce stade, je me dis que le foutage de gueule consumériste est plein d’imagination.

Et pourquoi pas une montre donnant le sentiment d’un temps plus étiré encore : pour une semaine, une année, combien de divisions (jours ? semaine? mois? )   … et pour l’éternité (si longue surtout vers la fin, comme disait je ne sais plus qui),…. un écran vide ?

 

 

 

 

Et maintenant … un petit intermède musical

Aux plus vieux cela rappellera peut-être le petit train à rébus qui travaersait l’écran pendant les pannes télévisuelles car il s’agit bien ici de masquer un petit coup de mou dans l’inspiration. Tout au plus me suis-je amusée ces derniers temps de cette curieuse coïncidence relevée par Médiapart : celle d’un candidat de droite voulant  rassembler avec un programme qui divise, et celle d’un candidat « de gauche » se posant en rassembleur après avoir tant divisé. Cherchez l’erreur.

A ce point de « mornitude »,  je me suis mise à surfer sans but et ai retrouvé cette distrayante petite vidéo de Cathy Berberian. Aux alentours de 20 minutes, une séquence qui n’est pas sans évoquer Florence Foster Jenkins dont la vie inspira le film Marguerite de Xavier Gianoli.

Parmi les cantatrices d’aujourd’hui je ne lui vois qu’une seule parente en aimable et musicale folie  : Patricia Petitbon.

Quand j’y pense, cela m’amuserait de voir ce que donnerait cette dernière sur cette pièce là. Amis amateurs de BD c’est pour vous !

PS : stripsody figure aussi à la fin de la première vidéo mais c’est plus court par ici !