La non-candidature façon Brassens.

 

Essai de pastiche à partir de la non demande en mariage de G. Brassens.

Amis, l’heure est venue

De vous quitter sans plus

De babillage.

Tant d’ambitieux l’ont essuyé

Sûrs de leur légitimité

Le vrai naufrage.

 

J’ai l’honneur de

ne pas vous demander

vos voix.

N’aggravons pas le cas

De qui s’y voit déjà.

 

Laissons le champ libre aux héros

Autoproclamés sur mon dos

Tenter l’aventure.

Il leur apparaîtra bientôt

Que ces sondages flattant l’ego

Manquent de mesure.

 

J’ai l’honneur de ….

 

Clio s’amuse en regardant

Ces mouches qui vont allant

Vers le désastre.

A aucun prix je ne veux

Vérifier dans un bureau d’ vote

Que tous ont loupé la note.

 

J’ai l’honneur de …..

 

Il peut sembler de tout repos

De mettre à l’ombre d’un pot

De déconfiture

Les promesses oubliées

Les paroles dévoyées

Les forfaitures.

 

J’ai l’honneur de …..

 

On ôte bien des attraits

En dévoilant trop de secrets

De vils brouets.

L’encre du récit s’invite

A l’heure où chacun hésite

A y aller.

 

J’ai l’honneur de …..

 

De souillon n’ai besoin

Et du ménage et du soin

Je vous dispense.

D’opportunes traditions

Suppléeront à ces tentations

Auxquelles je pense.

 

J’ai l’honneur de …..

 

 

 

Jardins et élections 2

p1100581Je ne sais pas si je saurais un jour parler des jardins japonais, de l’étrange paix qui y règne, de cette invitation au silence et à la méditation qu’ils distillent – alors même qu’ils sont cernés par la fébrilité de la ville – , de cette impression d’évidence et de naturel – alors qu’ils ont été pensés jusqu’au moindre brin – , de leur absence d’odeur hormis celle de la terre gorgée de pluie ces matins là. Chacun à sa manière raconte un parcours intérieur à découvrir sur les chemins autour desquels ils s’ordonnent.p1100802

 

Mystérieuse initiation dont la subtilité échappe à ma sensibilité occidentale.

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Il faudrait pour parler de tout cela, me délivrer du bruit où nous sommes, de ce brouet d’altercations et d’invectives, de prises à partie surjouées, de ce théatre politique déprimant où les rois proclamés ne sont pas ce(ux) que l’on a cru et de ce fatras de paroles essentiellement verbales. Il faudrait pour cela, faire tomber tous ces copeaux de langue de bois. Il faudrait pour cela, s’affranchir des discours et questions vains. Pouvoir, en quelque sorte, se reconstituer. Rassembler ses pensées. Réfléchir loin de la rumeur du monde.p1100728

Selon une amie, l’année 2017 inaugurerait un nouveau cycle. A en croire les signes avant coureurs de cette fin d’année, celui -ci s’annonce comme celui de l’imprévu tant la méprise sondagière couplée à l’inconstance électorale ruinent des scenarii patiemment tricotés.p1100553

Rien n’est moins sûr que l’incertain disait P. Dac. Tomberons-nous sous la coupe de la droite patrimoniale filloniste ? Cela ne semble plus, à ce jour, faire un pli tant la presse dite « mainstream » tresse à celui-là une couronne déjà présidentielle.

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Ces supputations empilées ne constituent-elles pas l’ultime provisoire de nos errements?

Alors, je regarde ces jardins immobiles sur mon écran, tentant dans le raffut des gazettes, de rebroder un calme perdu.p1100807Texte et photos S.Lagabrielle : tous droits réservés. Pour visualiser les photos correctement, cliquer dessus

 

PS : François Hollande vient d’annoncer sa non-candidature. Si cela élimine une hypothèse, pas sûr que la pétaudière y gagne en égalité d’humeur ….et nous, en clarté.

chef et couvre-chef

Elle arborait ce soir là un chapeau qui lui allait bien. Le trench, le chapeau, j’ai d’abord  pensé  à ça

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…  puis, malicieusement, à ça panthere-roseEnsuite, les idées dérivant comme elle savent dériver je me suis demandée, en cette période électorale :  est-il plus facile d’élire un couvre-chef qu’un chef ? Ou : de l’importance du couvre-chef dans l’élection … d’un chef.

La politique aime bien les chapeaux. Ceux que l’on porte

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et ceux que l’on fait porter (pas de photos car trop d’éligibles).

Certains deviennent emblématiques comme celui-ci : blum

qui peut revendiquer quelques imitateurs  :

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Mais force est de constater, de nos jours, un recul du galurin sur le front politique même si le melon se porte encore bien quoique de manière moins ostensible  (mais non sans une certaine ostentation).Unknown

Ces réminiscences chapelières me font penser à cette bonne vieille série des Shadoks et leurs « adversaires » : les gibis.gibis_ballons

La particularité de l’intelligence des Gibis est  d’être collective et de provenir de leurs chapeaux melons. Ces chapeaux sont « comme des téléphones, mais si perfectionnés qu’il n’y a même pas besoin de parler dedans» . Quand un Gibi réfléchissait à un problème difficile, la question transitait automatiquement dans tous les autres chapeaux, tous les Gibis se mettaient à réfléchir ensemble, et la solution était vite trouvée.

Nous sommes bien loin de ce degré de sophistication démocratique et arpenter les champs de l’intelligence collective contemporaine déborde largement le propos de ce modeste blog.

Pour l’heure, une sorte de malice collective s’ingénie plutôt à brouiller les cartes, déjouer les pronostics, dévoilant ainsi un monde proprement Shadokien.

planete_shadok2En témoignent quelques maximes de ces malheureux volatiles pas si éloignées des discours et réalités ambiants :

  • « Pour qu’il y ait le moins de mécontents possibles il faut toujours taper sur les mêmes. »
  • « Si la solution n’est pas adaptée à la situation, adaptez la situation à la solution »
  • « Quand on ne sait pas où l’on va, il faut y aller … et le plus vite possible »
  • « En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. »

Quant au sourcilleux et surprenant vainqueur du premier tour des primaires de la droite (et du centre) et le non moins surprenant vainqueur au casque blond d’outre-Atlantique, ils me semblent incarner à eux seuls cet aphorisme :

« Le passé ne sera jamais pire que l’avenir »

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais, d’un coup, cela ne m’amuse plus du tout.

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Du vrai, du faux, du probable et de l’improbable

Le temps volatile nous obligerait-il, sauf à sombrer dans une moutonnerie désespérante, au fast-checking individuel ?

Facebook, twitter (et j’en oublie sûrement) sont des déversoirs d’actualités qui sont  souvent à l’information ce qu’un pet de Donald Trump est à la bienséance.

Mon métier m’a appris à ne jamais me contenter d’une seule réponse. A croiser, à recouper. Mais ce savoir ne mène pas toujours au vrai quand on s’aventure en territoire mal maîtrisé.

Et d’ailleurs, qu’est-ce que le vrai ? Pour des quantités objectivement mesurables (genre une classe d’âge), des dates, des textes légaux ou règlementaires, on peut s’en sortir, mais dès qu’interviennent les statistiques, ou les sondages, l’humain et sa versatilité ? Le vrai demande à être vérifié. Donc  … il n’est pas encore confirmé et la présomption d’innocence ne joue aucun rôle en ce cas.

La contingence, séduisante excuse. Et chacun son prisme.

Tenez, notre Président, pourrait se défendre de ce livre qui le plombe en disant « mais dans ce contexte là c’était pertinent. Aujourd’hui par contre…. ».

On en viendrait même à douter de ce fast-checking proposé par certains médias auquel on finit par se fier par manque de temps, de sources, par paresse intellectuelle.

Dans un précédent post je parlais de la reflexion perdue. Si la loghorrée de l’information en continu l’entrave, ne nous éloigne-t-elle pas aussi de notre vie ? La manipulation informative ne date pas d’aujourd’hui. C’est juste une question de degré. Les discours complotistes prospèrent le terreau de résaux sociaux insaisissables.

La reflexion est condamnée au temps de retard et le risque d’un grand n’importe quoi augmenté .

Même un subtil et malicieux qui doutait d’hier de la « densité » d’Emmanuel Macron twitte aujourd’hui :

Emmanuel Macron. Du chat il a la souplesse, du renard le flair, du loup l’appétit, de l’âne le coup de pied.

Cela fait-il une compétence à nous diriger ?

Voilà qui demande à être vérifié.

Allez, pour clore cette lamentable chronique : focus sur la déclaration candidature du jeune ambitieux

Des jardins et des élections

 p1100533Mêlant ma dernière production de photos japonaises et notre programme de travail choral en cours elle m’écrit : « finalement on pourrait presque mettre cette musique en regard de certaines de tes photos, même si rien ne lie à priori l’univers du requiem (de Maurice Duruflé)  au silence méditatif des jardins japonais ».
Pourtant … si, une chose les relie : l’harmonie. Et puis ce sont aussi des méditations.
Harmonie, méditation. Les temps incitent à la recherche de l’une et à la pratique de l’autre.
Mais l’exercice dans les deux cas semble presque irréalisable.
J’ai toujours pensé le Brexit possible, mais Trump à la Maison Blanche ….
Sa victoire signe-t-elle celle de la flibuste contre la Royale ? Une allergie définitive aux discours désincarnés appelant à un politiquement « raisonnable » perçu comme une impasse ? La fin des « candidats naturels »?
Pour l’heure, je me borne à constater.
L’avertissement américain vaut sans doute aussi pour nous, français : une frange de plus en plus large de la société à la dérive, une certaine xénophobie, des partis traditionnels en lambeaux, des « zélites » de plus en plus déconsidérées (affaires obligent), une presse largement psittacciste …le rejet aussi de tout ce qui se négocie loin, loin de soi, loin des yeux …
« A force de considérer les gens comme des chaises on finit un jour par s’asseoir à côté » (je ne sais plus où j’ai entendu cela : dans « un taxi mauve » d’Yves Boisset ? Mais ce n’est pas de moi en tous cas).
Nous y sommes.
Pour rester hexagonale, « on » n’ a pas cru, en 2002, à Le Pen au deuxième tour, ni au Non au TCE (rayé d’un coup de plume parlementaire) en 2005, « on » n’ a pas cru au Brexit, « on » se disait Trump, vous voulez rire, pas ce guignol… la bien pensance unique toujours… Pourtant à y regarder d’un peu près en Europe, la tentation du repli, de l’isolationnisme gagne du terrain. Que dire, par exemple, de l’ascension assez météorique d’un parti comme Alternativ fûr Deutschland ou de ces élections, chez nous, où certains candidats de droite n’ont sauvé leur séant  que grâce au report docile des voix de « gauche » ?
Tout paraît mûr pour un vote décomplexé lors de nos présidentielles.
Choisir entre des programmes qui tendent vers des solutions ayant fait la preuve de leur incapacité à réduire la fracture sociale depuis xxx ans  … choisir parmi des candidats récurrents …. déprimant horizon.
Les compatriotes de nos « rust belts » de l’Est, du Nord et d’où qu’elles soient, se sentent peut-être boostés désormais à faire, à leur tour, le grand saut, à souffler dans les oreilles des « zélites » qu’ils sont autre chose que des données statistiques qu’on peut manipuler à coups de formations Pôle emploi bidons.
Alors, l’humanité ? Alors la méditation ? A réinventer sûrement. Comme le rêve et la démocratie.
Pour l’heure « on » cherche à justifier (et se justifier) … en attendant le prochain séisme électoral.
L’époque privilégie le réflexe et non la réflexion. La ruine de l’expérience, en somme.
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 Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Promenade pragoise

p1130922Elle nous attend dans le hall de l’hôtel. Bonnet et gants de laine assortis. Il est vrai qu’il fait un peu froid. Au menu, une visite de la vieille ville à partir de la maison municipale et de la tour poudrière, à un jet de pierre. Ruelles, passages, places de marchés, palais baroques, rien que je ne conaisse déjà et pourtant tout me semble neuf. Peut-être à cause des anecdotes, par exemple sur cette salle au sous sol d’un hôtel, autrefois connue de happy few qui s’y retrouvaient pour des rencontres galantes et clandestines, aujourd’hui foulée par des hordes de touristes qui n’en goûteront jamais les plaisirs sulfureux. Peut-être à cause de la déambulation elle-même, des choix d’allers et retours pour nous faire sentir la singularité du quartier grandi de manière anarchique, contrairement à la ville « nouvelle » aux lignes rigoureuses dès son origine (1348). Peut-être à cause de la musique de son français, roulant et chaloupé.

Devant la maison à la vierge noire, elle nous conte le cubisme tchèque du début du siècle dernier, si radical que ses angles finirent par griffer un peu l’âme de ses compatriotes. Lui succéda assez rapidement (et ephémèrement) le rondo-cubisme que seul un esprit assoupli par l’Histoire était en mesure d’inventer. C’est son avis du moins.

Elle nous parle aussi politique. De la politique, dangereuse à ses yeux, parce que trop pro-russe et pro-chinoise, du Président Zeman. De sa colère à voir ce dernier se prosterner devant les autorités de Pekin, s’aplatir au point de refuser de décorer un résistant de la 2ème guerre mondiale, émigré depuis au canada, ayant le défaut d’être l’oncle du ministre de la culture, lequel avait menacé de recevoir officiellement le Dalaï Lama (je lui ai dit que nous n’étions  guère plus vaillants en France : « cela n’excuse pas » a-t-elle ajouté).

« Il y a une manifestation prévue ce soir sur la place de la vieille ville où trône la statue de Jan Hus (théologien, universitaire et réformateur religieux né entre 1369 et 1373 et mort supplicié en 1415 à Constance). Nous irons tous, je veux dire, toute ma famille ».

Curieuse, je me suis rendue sur cette place plus tard. Trop tard. Il bruinait, les bannières étaient rangées, les discours mourraient sur l’asphalte, balayés par les services de la voirie. La manifestion avait-elle seulement eu lieu ? La télévision, en diffféré, me prouva que oui. Mais ce soir-là, ne restaient autour de la place que des mendiants, face contre les pavés et bras tendus tenant une sébille souvent vide.

Lorsque je lui en ai reparlé le surlendemain, elle m’a dit : « C’était beau. C’était l’intelligence et la tendresse sur la place ».

De cela, mais quoi de surprenant, les images n’avaient pas rendu  compte.

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Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés.

Devine qui vient sonner ce soir ? ou les visiteurs du soir

Je m’apprêtais à « poster » sur l’art de voir et la difficulté de donner à sentir, sur l’impression que j’avais de n’avoir pas rempli le contrat sous ces angles en photographiant les jardins japonais parcourus lors de mon dernier voyage de manière très minaturiste, lorsqu’on a sonné à ma porte. Me disant qu’il était un peu tôt pour les visites calendaresques des pompiers et des postiers, j’ai pensé qu’il s’agissait peut-être d’un voisin et j’ai donc ouvert. Face à moi, un homme, que j’ai jugé de mon âge, et une jeune femme avenante, qui, après s’être présentés comme des militants du parti « les Républicains » m’ont demandé si j’avais l’intention de participer à la primaire de droite (et du centre). Je leur ai répondu (ce qui est la vérité) que je n’en savais encore rien. N’étant pas une électrice « naturelle  » de droite (et du centre) et tenant à mes idées, cela me demandait encore réflexion : à vrai dire, aller émarger un texte d’où il résulterait que je me reconnais dans les valeurs républicaines de la droite (et du centre)  me pose problème même si, ce que j’ai gardé pour moi, éliminer l’un des candidats, plus hyperactif et venteux que la moyenne, me démange tout de même pas qu’un peu. Bingo ! Mes interlocuteurs étant sarkozystes, ma petite restriction mentale ne manquait pas de pertinence.

– Vous comprenez, il connaît dejà le job (pas besoin de formation continue pour le mettre à niveau, donc ?), il est énergique et a fait ses preuves sur la scène internationale (et a ciré quand même pas mal de parquets judiciaires ces derniers temps chez nous, quant à ses « réalisations » en politique étrangère … ai-je pensé in petto). Bref, il faut cesser de penser droite contre gauche et pousser celui le plus à même de « bouger les lignes » (pour reprendre une expression à la mode) sans attendre et nous sortir du marasme où nous sommes.

J’ai fait valoir que j’en avais un peu assez (marre) de la tactique qui pousse à voter pour celui ou celle  qu’on pense être le « moinspire ». Fatiguée, je suis. 2012 a constitué mon extrême tolérance.

– Justement, si vous êtes si déçue c’est le moment d’un aggiornamento (ils ne l’ont pas dit comme ça mais je traduis, pour faire court).

N’ayant pas envie d’y passer la soirée, j’ai dit que j’allais réfléchir en regardant les prochains débats entre les candidats droitiers parce que, là, ma religion n’était pas faite (mensonge gratuit). Et puis, sur Médiapart il y avait  une soirée spéciale, que je comptais suivre, consacrée à la droite et à la mécanique des primaires : ont-elles, à droite comme à gauche, bouleversé le jeu politique ?

J’ai assumé sans états d’âme ce que d’aucun élyséen aurait  (peut-être?) appelé mes lâchetés.

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PS : mise à jour ce jour (20/10, 21h45) à l’issue de la première partie de la soirée Médiapart  : Sept candidats à droite : mais y a-t-il vraiment débat ? Réponse : rien qu’on ne sache déjà. Mais j’ai pu apprécier le verrouillage du discours de com’sarkozyste. Du mot à mot stupéfiant à quelque minutes près.

PPS : Mais si vous le pouvez, je vous engage à écouter la suite de la soirée sur le site. Très instructif.

Texte et photo S. Lagabrielle. Tous droits réservés.

 

 

 

 

 

 

Sous le signe de la lettre R

Reprise. Reprendre. Se reprendre. Recoller au quotidien. Toutes choses dont on aimerait ralentir le cours. La scansion laborieuse des jours s’insinue dans les impressions du voyage qui ne sont pas encore des souvenirs.

Pour l’heure, je rêvasse sur les murs fraîchement repeints de mon appartement. Il faudra aussi ranger, remonter la chaîne hifi, reclasser les livres, récurer, remettre les rideaux aux fenêtres (encore ai-je de la chance : les peintres ont nettoyé mes vitres).

Cette réfection, somme toute modeste, de mon environnement allège une humeur qui aurait pu être aussi rèche que le ciel.

Repenser la décoration puisqu’on en est là ?

Revenir laisse parfois en suspension. On se demande si l’on est vraiment parti en parcourant les unes des journaux. Rien de surprenant, donc, ce jour, sinon, pour moi,  certaines confidences présidentielles ou le prix nobel de littérature 2016. En lisant, me sont venus spontanément les noms d’écrivains lus récemment : Joyce Carol Oates, Russell Banks, Amos Oz. Et je songe : s’honorera-t-on, un jour, comme pour certaine décoration vidée de sa substance, de ne pas avoir eu le prix nobel de littérature ?

Mais je m’égare … c’est peut-être la loi du genre dans ce petit sas qui précède le vrai retour aux réalités qu’on a eu tant de plaisir à mettre de côté pendant quelques semaines.

Texte et photo : S. Lagabrielle. Tous droits réservés.

Avant reprise : spécial soutien familial

Je n’ai pas souvent vu mes cousins : mon père ne s’entendait guère avec ses frères. Cet oncle là avait 4 enfants (2 filles, 2 garçons). De nos rares rencontres, j’avais gardé une prédilection pour le second fils et celle qui le suivait. Question de naissance peut-être puisque je suis née 8 mois après mon cousin et 5 avant ma cousine. De Brigitte j’avais gardé le souvenir d’une ado un peu turbulente et pleine d’humour, qui amait Gilbert Montagné et avec laquelle j’avais passé une belle journée campagnarde et rigolarde dans le milieu des années soixante dix, et celui d’une femme désolée dans les bras de son mari lors des obsèques pluvieuses de sa mère, qui était aussi ma marraine. Puis plus rien, jusqu’à la mort de son père, il y a 2 ans, aux funérailles duquel, je m’étais rendue. J’avais retrouvé une femme, accompagnée de 2 de ses fils déjà trentenaires. Une voix rauque qui me rappelait un peu celle de sa mère, un physique sec et bronzé, une parole toujours franche et libre. Elle arborait une longue tresse ouvragée et un sarouel éclatant, tranchant sur les couleurs sombres que nous avions tous décidé d’arborer. Dans la cuisine de sa belle-mère, elle m’avait dit avoir quitté l’éducation nationale en prenant une retraite anticipée et s’être engagée comme bénévole dans une association humanitaire à la fois éducative et sanitaire.

Grâce à sa belle-mère qui m’a donné le nom de cette association, je vois un peu mieux de quoi il retourne. C’est développé dans ce petit film.

Ma cousine passe un peu plus de la moitié de l’année à Sokone pour accompagner  les enfants comme les enseignants. Le reste du temps, elle trimballe sa dégaine fine, chatoyante et un peu décalée sur nos routes, visitant les siens.