la marche il n’y a que ça de vrai

Alstom, Lannion, Ecopla, les occasions ne manquent pas de faire le bilan ministériel d’ E. Macron et d’égratigner son image au passage. Le Macron bashing est lancé en même temps que sa campagne …et à cet égard ses anciens « camarades » au gouvernement ne se retiennent guère de s’essuyer les pieds.

La chanson raconte autre chose (une jeune fille refusant les avances d’un homme plus âgé paraît-il) mais il n’est pas interdit de transposer … comme on voudra, selon sa sensibilité.

Spéciale dédicace à un jeune randonneur politique.

Ces bottes sont faites pour marcher (theses boots are made for walkin : Traduction sur le site Paroles -musique.com) :

Tu dis sans cesse que tu ressens quelque chose pour moi
Quelque chose que tu appelles de l’amour mais avoues
Que tu as gâché ce que tu n’aurais jamais dû gâcher
Et maintenant une autre prend ce qu’il y a de meilleur en
toi
Eh bien, ces bottes sont faites pour marcher et c’est
exactement ce qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner

Tu mens sans cesse alors que tu devrais être honnête
Tu perds sans cesse alors que tu ne devrais pas parier
Tu restes le même alors que tu devrais changer
Ce qui est juste est juste mais toi tu n’as  jamais
été correct
Ces bottes sont faites pour marcher et c’est exactement ce
qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner

Tu joues sans cesse alors que tu ne devrais pas jouer
Et tu penses constamment que tu ne te brûleras jamais
Eh bien je me suis trouvé une boîte d’allumettes toute
neuve
Et ce qu’il sait tu n’as pas eu le temps de l’apprendre
Ces bottes sont faites pour marcher et c’est exactement ce
qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner

Êtes vous prêtes bottes ?
En route !

Ce n’est pas moi

 mar235Candidat socialiste aux présidentielles de 2002, Lionel Jospin, avait dit de Jacques Chirac qu’il était «vieilli, usé, fatigué» dans un avion qui le ramenait de la Réunion. Ces mots étant parus dans la presse, il s’était excusé, tout en reprochant aux journalistes de les avoir rapportés. «Puisque c’est devenu un fait politique et que cela a été compris comme ça, je veux dire très simplement que je suis désolé que ça ait été entendu de cette façon, parce que ce n’est pas moi, ça ne me ressemble pas», avait-t-il déclaré.

A son procès, tout en aveux successifs, Jérôme Cahuzac, suivant en cela une vieille ficelle pasquaïenne, lance, pour essayer de se dédouaner au passage,  une  nouvelle affaire dans l’affaire : « Il serait en réalité un rocardien passionné qui, pour soutenir l’ambition présidentielle de son héros, aurait accepté de se dévouer jusqu’au martyre. Qui, par conviction militante, aurait pris le risque d’ouvrir en toute illégalité, en 1992, un compte en Suisse pour y abriter un trésor de guerre destiné à Michel Rocard, après avoir convaincu les laboratoires pharmaceutiques de l’alimenter » (Pascale Robert Diard : Le Monde du 6-9-2016.)

« Je suis convaincu que Michel Rocard a ignoré tout cela. Je n’en ai jamais parlé avec lui et je ne l’ai jamais entendu s’enquérir des modalités de financement »  ajoute – t – il . Phrase ambiguë s’il en est qui, dans la bouche d’un homme en délicatesse avec la vérité, suggère exactement le contraire. Michel Rocard n’est plus là pour lui répondre.  Mais, au fil de la deuxième journée du procès, la fable semble tourner un peu court. Alors, s’apitoyant sur lui-même, il lâche : « J’espérais que cette part de moi ne serait jamais révélée. Oui, je l’ai fait. Mais cette part n’est pas tout moi. Je ne suis pas que ça ! »

On n’ose imaginer le sort fait à ce genre de propos s’ils étaient tenus par un petit délinquant lambda. Mais ainsi va le monde et le journal Le Monde qui note « L’homme semble soudain sincère ».
 « Cela ne me ressemble pas »,  « ce n’est pas tout moi » : le déni est commode mais peu probant. Nicolas Sarkozy lui a choisi un autre registre : « j’ai changé ». Ce qui n’est pas plus crédible.
Ce qui est formidable dans le mensonge, c’est que, pour imaginer en sortir, on croit malin d’en tricoter d’autres. Cela faisait les délices de l’inspecteur Columbo qui feignait d’y croire pour mieux acculer ses proies dans une impasse. J’ai longtemps rêvé, et rêve encore, d’un journaliste télévisuel qui, lors de ces messes électorales convenues, se départissant de l’obséquiosité réservée aux puissants, se livrerait à ce genre d’exercice déconstructeur.
 Vous me direz, l’impasse finale resterait quand même pour l’électeur. L’imagine-t-on revenir dans un bureau de vote et dire « Ce que je viens de faire ne me ressemble pas, ce n’est pas moi. Puis-je revenir là-dessus ? »
« Je est un Autre », on sait ce qu’il en est du Je arrivé aux affaires. Il a 5 ans devant lui pour être l’Autre. L’électeur, lui, n’a que 2 votes pour se montrer perspicace.

30 août : post egotiste

 

Saint Fiacre, église d'Aubigny

 

Le 30 août c’est  d’abord le jour de la Saint Fiacre. Fils d’un roi d’Écosse ou d’Irlande (on s’interroge sur ses origines), il émigra en France à l’époque mérovingienne. Il fut ermite dans la forêt de Brie, accueilli par Saint Faron, évêque de Meaux. Moine défricheur et guerisseur, son ermitage devint un hospice pour les pauvres qu’il nourrissait des fruits et légumes qu’il cultivait pour eux. C’est pourquoi il est aussi le Saint Patron des jardiniers ou, à tout le moins, honoré par les jardiniers et les maraîchers de l’Ile-de-France.

 

Le 30 août c’est, en picorant dans les siècles (chez Madame Wikipédia), le jour :

  •  de la naissance de Jacques Louis David (1748), Mary Shelley (1797), Théophile Gautier (1811) Léonor Fini (1908), François Cheng (1929), Jacques Tardi (1946), Ana Politkovskaia (1958), Laurent Delahousse (1969), et d’un petit Louis (2016) chez une de mes amies,
  • du décès de Théodoric le grand, roi des Ostrogoths (526),  Louis XI (1483), Abraham Zapruder (1970), Jean Seberg (1979), Jean Tinguely (1991), Naguib Mahfouz (2006), Alain Corneau (2010), Marc Riboud (2016),
  • de la  mise en place du téléphone rouge (1963), du jouri où Lyonpo Jigme Thinley redevint Premier ministre du Bhoutan (2003), et où furent votées plusieurs résolutions du conseil de sécurité des Nations Unies ayant toutes pour sujet la situation au moyen-orient (résolution n° 1937 en 2010, n° 2004 en 2011, n° 2044 en 2012).

Et c’est aussi mon anniversaire.

Compte tenu de ce background contrasté, je me demande si c’est un bon jour…(je sais, sur la durée…aucun jour n’est radieux)

J’allais oublier, le 30 août, c’est encore la Journée internationale des victimes de disparition forcée, appelée aussi Journée internationale des personnes disparues.

Emmanuel Macron en démissionnant ce 30 août 2016 a-t-il voulu adresser ce message subliminal à MM. Hollande et Valls : il est plus que temps de vous faire oublier ? Ou n’a-t-il pas bien pris la mesure du risque qu’il prenait ?

Je ne sais  si c’est un effet de cette année de plus, mais, passé le ressentiment que ce blanc-bec ait choisi justement le jour de mon anniversaire pour se faire valoir (ce qui est proprement indélicat),  je me suis demandée, considérant les multiples candidatures déclarées et à venir à l’élection présidentielle, s’il était cohérent pour « lémédias », un peu froissés par le burkini estival, en pleine période anti-voilures en tous genres, d’être si impatients d’assurer la couverture de cette période de primaires et de celle qui la suivra….celles-ci méritant plutôt, elles aussi, d’être déshabillées : on y devinerait plus aisément les divers travestissements qui ne manqueront pas de les émailler.

PS : François Hollande à propos d’Emmanuel Macron « Il m’a trahi avec méthode ». Un constat qu’il pourrait s’appliquer à lui-même : cela fait 4 ans que nombre de ses électeurs se sentent aussi trahis avec méthode… et constance …Pas de quoi donner envie d’un revenez-y.

Vive l’uniforme !

Je m’étais dit que j’allais zapper tous ces articles sur le burkini et les fantasmes qu’il traîne dans son sillage. Le Conseil d’Etat m’avait rassurée sur notre santé mentale. Je pensais l’affaire close. Erreur !!! C’était méconnaître notre premier ministre. Laisser tomber la muleta,  jamais ! Et si les français en venaient à réfléchir ? Horreur et putréfaction. Donc, alimenter un débat mal posé, jouer du menton et tutti quanti. Minable. En quoi il devrait se pacser avec N. Sarkozy.

Le plus drôle (si on peut dire) c’est que le burkini n’a rien d’une toilette halal. Et que les islamistes les plus radicaux ne l’autorisaient jamais ! Légiférer (ah! toujours la grande idée pour appâter le chaland)? Mais sur quoi ? « Une loi contre le burkini, ou une loi contre les signes religieux dans l’espace public ? Dans ce cas, on empêcherait tout type de processions religieuses. Ce serait étrange que ceux qui revendiquent les racines chrétiennes de la France interdisent les fêtes en l’honneur des Saints-Patrons » fait justement remarquer Jean Léonetti.

J’observe, en passant, que l’on ne s’attache qu’à la mise des femmes et bien moins à celle des hommes. Pourtant, on pourrait considérer qu’une barbe, un calot, une kippa, un talith,  une longue  tunique sont aussi signifiants. Non ?

Ce que je crains c’est qu’au nom d’un laicisme radical on ne renvoie à une communauté, qui ne me paraît pas adhérer dans sa majorité à un islam redouté, l’image d’un pays qui la rejette au risque de la pousser vers ce que l’on craint.

A ce stade, je ne vois qu’une solution : l’uniforme ou le tablier pour tous, une laicisocratie  imbécile qui n’aura qu’ un mérite : mécontenter tout le monde. On a les majorités qu’on peut :-).

 

 

PS :

 

 

 

Post accablé mais pas totalement

Il y a la chaleur d’abord. Plus de 30 °  (36° hier et aujourd’hui) depuis plusieurs jours, sans un souffle d’air avec un mercure qui baisse péniblement en milieu de nuit.  Je ne tiens pas ces températures là. Elles me laissent écrasée, atone, sans envie, sans volonté sinon celle de m’en tenir à des mouvements minimaux pour ne pas me transformer en fontaine ambulante, me condamnent à une vie à bas bruit que j’exècre.

Il y a ensuite ces débats burkinisés, bien commodes pour détourner l’attention du chaland des sujets qui le concernent de près, de ce qui se prépare ou se fait en douce. Choc des mots, poids des photos et l’impression pénible que l’on avance pas : le coeur balance entre laïcité de combat, pour reprendre la formule de Marcel Gauchet, et République de combat pour s’en tenir celle de notre adjudant catalan. 25 ans que ça dure, 25 ans qu’on tourne en rond sous l’oeil consterné de certains, amusé d’autres. Pour moi, je finis par me demander si ce n’est pas la laïcité qui me pose problème. Non que je la récuse, au contraire, mais je ne sais plus comment la comprendre. Jusqu’ici cela me semblait assez simple.  J’en tenais pour Jean Baubérot pour qui « la laïcité c’est la liberté imposée aux religions et non la répression des religions. La neutralité et la séparation sont des moyens. Le but, c’est la liberté de conscience ». Pour résumer, laisser croire … ou ne pas croire. Mais quand la République s’en mêle sur fond d’attentats …je ne sais pas plus définir un islamiste que la laicité. Et des évènements corses récents médiatisés n’importe comment me donnent à craindre qu’on finisse à pousser certain(e)s vers ce que l’on cherche à combattre : le fondamentalisme (et là, je ne vise pas que le religieux).

Accablée encore par cette rentrée littéraire politique, où (à lire certaines « bonnes feuilles ») « Monsieur j’ai changé » reprend, en pire, ses vieilles antiennes, et « Monsieur petites blagues » se reproche d’avoir, entre autres cyniqueries, lié son sort à l’inversion de la courbe du chômage, jamais arrivée (quoiqu’en disent les résultats récents).  » J’ai eu tort, j’ai pas eu de bol » aurait-il confié. Comme certains l’ont déjà fait remarquer, les chômeurs apprécieront. Ce qui donne « en creux » le degré d’insensibilité sociale du personnage.

Heureusement pour se distraire de tout ça, il y a la musique (celle qui pourrait rassembler au passage). Joli documentaire hier sur Arte « Twenty feet from stardom », autour de choristes, noires, nourries au godspel, ferventes, fragiles et volontaires, ayant émergé sur fond de luttes pour les droits civiques. Leurs noms : Lisa Fisher, Darlene Love, Merry Clayton … entre autres. Petit échantillon

 

 

 

Pour se distraire du burkini

Copenhague (spéciale dédicace pour un tigre qui n’a pas pu profiter de la ville)

La petite sirène a bien raison de regarder au loin. Rien de tel qu’un ciel changeant pour oublier ces touristes masculins qui se font prendre en photo la main posée sur son sein gauche, moins par sensualité que par peur de glisser dans l’eau (c’est le plus facile à peloter). Combien de ces frimeurs alpinistes a-t-elle supporté ? A ce rythme, la malheureuse finira par arborer une dissymétrie mammaire qui la rendra moins désirable et égarera (peut-être) les historiens du futur qui se demanderont si elle n’annonçait pas une mutation lactée de l’espèce.P1120437 - Copie

 

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Mais Copenhague c’est aussi cela :

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Biarritz

Amusant cliché dans Paris Match de notre sémillant ministre de l’économie et sa femme croisant un nudiste (rencontre fortuite ou paparazzade ?). photointerieur_inside_full_content_pm_v8

Sur la twittosphère quelqu’un a laissé ces mots « encore un qui n’a pas assez travaillé pour se payer un costard ». J’avoue que cela m’a fait rire.

« Les seules pensées valables viennent en marchant… », dit notre ministre, citant, semble- t – il imparfaitement Nietzsche (la vraie citation serait : Seules les pensées qui vous viennent en marchant ont de la valeur. D’accord, je chipote). Quelle(s) pensée(s) a suscité au ministre cette dénudée rencontre : l’idée d’un ouvrage sur l’esprit de corps ? ou les corps de l’esprit ? ou comment ma pensée a pris corps ? ou encore lui a – t – elle suggéré l’idée, en cas d’échec politique, de se lancer dans l’industrie de la diététique. ou de l’esthétique crémée ( genre … Nu..xe ? ).

Texte et photos (sauf nudiste biarrot) S. Lagabrielle.

 

Pokemon go or flee ?

840cb155195c915ad1e1dcd347a54555“Soudain, Honoré se mit à rétrécir. C’est une formule qu’on emploie ici pour décrire un phénomène qui se produit assez souvent. Quand un homme n’a plus assez de curiosité pour le monde naturel, il se réfugie dans l’insolite.” (Giono)

Selon mon vieux Larousse, l’insolite est ce qui est différent de l’habitude et qui surprend.

Serais-je en train de rétrécir ?

Pourquoi cette question ? Parce que je ne comprends pas cet engouement  pour le jeu Pokémon Go.

Posons la question autrement : Pokémon Go relève-t-il de l’insolite ? Répondre à la question c’est résoudre mon cas.

Je connaissais  la version game boy du jeu (sans l’avoir pratiquée néanmoins) mais pas cette dernière application smartphonique qui semble séduire largement au-delà des enfants.

J’ai donc cherché à me renseigner. Le Huffington post me briefe ainsi :

« Dans ce jeu, le joueur incarne un dresseur de Pokémon qui chasse, élève et fait combattre ses créatures pour en découdre avec d’autres dresseurs. Les Pokémon sont comme des animaux, vivant en harmonie avec les humains, classés en espèces et en catégories. Le plus connu d’entre eux est Pikachu. Et cette fois, c’est en réalité augmentée qu’il faut l’attraper.

Connecté à l’application, le personnage que vous jouez est situé dans l’espace réel grâce à la technologie de Google Maps dont le GPS suit vos pas et active des interactions sur l’écran. Lorsque le smartphone du joueur tremble c’est le signe qu’il a croisé la route d’un Pokémon sauvage qu’il va pouvoir attraper grâce aux fameuses Pokéball, une balle virtuelle qu’il suffit de lancer sur la créature pour l’attraper, avec un minimum de dextérité.

Avec la réalité augmentée, qui superpose les éléments virtuels comme les Pokémon à notre environnement réel grâce à l’appareil photo du smartphone, le joueur s’y croirait. Grosse valeur ajoutée du jeu, cette réalité augmentée permet au joueur d’insérer une part de Pokémon dans sa vie de tous les jours. Vous pouvez par exemple capturer un Nosferalto qui se sera posé devant votre ordinateur au bureau ou un Ratata qui apparaîtra devant l’entrée de votre supermarché.

Le Pokémon maintenant apprivoisé, il est enregistré dans le Pokédex qui liste toutes les créatures que le joueur a capturées. Au fil de ses promenades à la recherche de nouveaux Pokémon à adopter, il peut s’arrêter au niveau des Pokéstop, des points d’intérêts implantés dans les quartiers qu’il faut activer pour récolter des objets dont l’utilisation permet d’augmenter son niveau.

Au-delà du niveau 5, le joueur peut se rendre dans les arènes disséminées un peu partout sur le carte et faire combattre ses Pokémon contre ceux d’autres joueurs pour prendre possession de nouveaux bonus et devenir le champion. Il pourra rejoindre une des trois équipes proposées lors de sa première entrée dans l’arène: l’équipe Intuition (jaune), l’équipe Sagesse (bleue) et l’équipe Bravoure (rouge). Et il pourra faire des rencontres dans la vraie vie… »

Ahhhhhhhhhhhhhhh…Faire des rencontres dans la vraie vie… .Magnifique …et tout ça pour ça ? Sachant qu’un temple de ma connaissance fait partie  des « arènes » du jeu, ravivera-t-il la foi ou les dragonnades ?

La réalité simple me suffisant largement, les plaisirs et arcanes de la réalité « augmentée » me laissent froide. Et l’idée de passer à côté de belles choses parce que j’ai le nez scotché sur un écran et la volonté tendue vers la capture ou l’adoption d’un être virtuel dont je me contrefous, ou la récolte d’objet inutile à mon quotidien au niveau des pokéstop (la durée de la station y est-elle limitée ?), me déprime. D’où finalement le désir de remonter la rue ludique en sens inverse de tous les afficionados.

Au nombre de ces derniers, on aurait presque envie de conclure que la réalité simple est devenue insolite et l’augmentée normalité (les pokémon ne constituant sûrement pas l’unique exemple de jeu fondé sur cette dernière) …

Mon désintérêt total (doublé d’une forme d’inquiétude devant ce que je considère comme un exponentiel pavlovisme) serait donc un signe de rétrécissement chez moi.

Si l’on considère que l’insolite est devenu le revers d’un (très lucratif pour certains ) conformisme technologique,  cela ne me gêne pas trop. Si cela me cantonne à jamais dans la catégorie des vieux cons grinches, par contre ….

 

 

 

Sorbonne plage

C’est d’abord un lieu : l’Arcouest. Bretagne.

Puis, des hommes et des femmes qui s’appelaient Louis Lapicque, Charles Seignobos et sa compagne Cécile Marillier, pour les pionniers, auxquels s’adjoindront Marie Curie et Jean Perrin notamment, puis Frédéric Joliot, Irène Joliot-Curie, Pierre Auger, Francis Perrin et d’autres que je n’ai pas notés. En vacances provisoires de leurs universités et laboratoires respectifs, ils s’y installèrent, firent construire, pêchèrent, naviguèrent, y randonnèrent, se baignèrent en famille, comme vous et moi. Non loin de là, un autre phalanstère, plus artiste celui-là, comptant parmi ses membres le dessinateur de l’Assiette au Beurre, Jules Grandjouan. Le navire des seconds arraisonna, un jour, celui des premiers mais les deux groupes ne se mélangèrent pas.

Un livre, enfin, écrit par Edouard Launet (à lire absolument). Ce qu’il raconte est l’histoire d’une communauté en majorité scientifique (mais pas seulement), humaniste, pacifiste, dreyfusarde, socialiste, convaincue que le progrès scientifique induirait le progrès social et dont l’utopie fut pulvérisée en même temps que la ville d’Hiroshima.

Pourquoi parler ce cela ? Parce que ce livre recoupe aussi quelques souvenirs personnels.

L’Arcouest, j’en ai entendu parler bien avant de savoir que Liliane Bettencourt y avait une maison (assez laide), bien avant la sortie de ce livre, donc, chez F. et M., qui n’étaient pas vraiment des cousins (une cousine partagée par M. et ma mère, l’oncle du premier ayant épousé la tante de la seconde, ne permettant pas d’établir ce genre de lien) mais que l’affection m’a vite fait annexer, abusivement et silencieusement, à ma propre parentèle. J’ai longtemps pensé qu’ils avaient à L’Arcouest une résidence secondaire, ou quelque chose comme ça, et voilà qu’en feuilletant cet ouvrage me vint l’idée qu’ils avaient peut-être contribué à perpétuer cette colonie sorbonnarde, mis leurs pas dans ceux de ces déffricheurs illustres.

Au fil des pages me revinrent des noms, des visages croisés dans leur appartement parisien dont une descendante directe de la branche artiste de l’Arcouest. Rétrospectivement,  je me rends compte de la confiance qu’ils manifestaient à mon égard en m’associant à cette compagnie. Et de la richesse qu’ils m’offraient.

L’Arcouest après-guerre ce fut quoi ?

Je n’en ai jamais parlé avec eux. Pour moi, elle a le visage de ce couple saisi par Henri Cartier Bresson : Irène et Frédéric Joliot-Curie.

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Il me semble que cette image dit tout : une sorte, sinon d’éffondrement, du moins une désillusion sinistre. Brider ses mains, les rendre insensibles à la volonté. Difficile d’anticiper l’avers et le revers de toutes choses. En notre ère consumériste et pressée, miser sur la vertu  et la responsabilité des hommes est aussi une utopie.

Une photo de groupe : la 57 ème promotion de l’école supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris. Ils sont jeunes, ont parfois bifurqué, enthousiastes,   vers autre chose dans leur vie professionnelle. Les années « glorieuses » leur ont peut-être ouvert d’autres espaces libres pour les rêves … ceux qui, au fond, nous manquent aujourd’hui …..

 

PS : pour en savoir plus sur L’Acouest :

http://www.espace-sciences.org/conferences/l-arcouest-ou-sorbonne-plage