En vrac

Résister à la stratégie de la haine. Ne tombons pas dans le piège de Daesh.
Petit manuel pour lutter contre les pensées simplistes après les attentats
La justice mise à l’index dans l’affaire Kermiche. Petitjean a échappé pendant six semaines aux radars antiterroristes. Quel suivi judiciaire pour les candidats au Djihad ?
Faut-il divulguer l’identité et la photo des terroristes ?
La France s’engage dans la surveillance préventive de masse.
Nice : la promenade des mensonges.
Quelques titres glanés dans des livraisons journalistiques récentes, dont certaines participent d’une pédagogie utile. Pourtant … me tombe soudain dessus une lassitude, l’envie de sortir des cadres assignés à l’actualité, des diatribes récurrentes et stériles  mises en avant jusqu’à la nausée sur certaines lucarnes …. et dévidées mimétiquement à la machine à café (avatar laborieux du café du commerce).
Certains articles dissidents, dont aimerait partager le contenu, ouvrent d’autres perspectives de compréhension, de réfexion et d’action sur le long terme… mais la société, comme les politiques en campagne, semble pressée.
Le « comprendre c’est excuser » a fait son chemin dans des esprits que je pensais moins perméables à ce genre de terrible raccourci.
Prendre encore le métro, marcher insouciant dans les rues, feraient-ils partie d’un passé définitivement révolu ? Celle-ci, le pense.
Devrais-je alors m’inquiéter de vivre au-dessus d’une supérette casher ? Vivre avec un papillon sur l’épaule ? Non merci.

L’omniprésence médiatique des attentats (et encore je ne regarde pas les vidéos qui circulent) finirait presque par nous empêcher de penser la vie autrement que sur nos gardes. Comme le fait observer Marie-José Mondzain citée par  Antoine Perraud sur Médiapart (https://www.mediapart.fr/journal/france/280716/contre-linvisibilite-nationale)

 » « Sont épinglées des personnes qui ont passé leur vie à se masquer et à voiler leurs femmes, qui ont donc de véritables stratégies d’invisibilité, de clandestinité, comme s’il fallait redoubler la disparition dont ils furent d’abord victimes, de par leur propre effacement initial dans la société française. (…) Et tout cela s’inverse quarante-huit heures durant à la télévision : survalorisation effarante de la médiatisation par l’image. J’y vois le contrepoint direct des décapitations, des horreurs et des tortures balancées sur YouTube par Daech : puisque nous vivons dans l’image, en voici ! Le clandestin maintenu dans l’invisibilité devient alors le deus ex machina du spectaculaire et de la mise en scène. Et il nous renvoie nos idoles, en un effet miroir. »

Je me rends compte  qu’il y a bien longtemps que je n’ai lu un roman ou vu une fiction qui m’entraîne. Que cette tension entretenue par l’Etat d’urgence (et nos cassandres gouvernementales au petit pied), finit par entretenir chez moi une impression de rétrécir et de ne plus avoir grand chose dans le stylo. Pénible sensation de vide. Alors, repenser l’horizon … mais comment ?
P1080792
 Texte et photos S.Lagabrielle . Tous droits réservés

de l’usage des minutes et du silence

la-minute-necessaire-de-monsieur-cyclopedeJe me souviens de ma première minute de silence : c’était lors de la mort du Général de Gaulle.  Nous nous étions levés et notre professeur d’anglais nous avait lu un texte du Général (était-ce un extrait des « mémoires d’espoir » ?). A la maison on n’était pas gaulliste.  Pour moi, Mongénéral, c’était, à l’époque, les imitations d’Henri Tisot et le dessin de Moisan très louislequatorzième en exergue de la rubrique « La Cour » du Canard enchaîné.  J’avais 13 ans et la signification de ce moment m’était étrangère.

Je ne me souviens pas m’être tenue à la minute pour Georges Pompidou, ni  à celle décrétée pour François Mitterrand, non par indifférence mais par honnêteté : je ne voyais pas pourquoi me taire en hommage à deux hommes si éloignés de moi. Mon mimétisme n’allait pas jusque là. Si 1981 m’avait brièvement fait rêver, l’homme MItterrand ne m’inspirait qu’une méfiance tenace. Mes inclinations politiques allaient à P. Mendès – France que je n’avais pas connu aux affaires, pourtant, mais que j’admirais surtout, à ce moment là, pour sa position vis à vis de la question palestinienne. Concret, clair et claivoyant PMF préférait l’efficacité comprise par tous aux paroles verbales.

Je me souviens, par contre, très bien de la minute  observée pour les victimes du 11 septembre 2001. Dans la petite ville de Bruges où je me trouvais alors, un carillon avait figé dans les rues et sur la place du Markt, dans un silence sidéré, les habitants et les touristes de tous horizons venus là. Dans quoi étions  – nous entrés (ou tombés), pensions – nous ? Plus tard, quand la riposte guerrière se fit plus précise, j’ai pensé que cette communion pétrifiée mais sincère avait vécu.

Vinrent les attentats de janvier  2015  en France et cette sorte d’urgence du rassemblement pour signifier le refus d’un engrenage, d’une forme de prêt à penser, une solidarité à l’endroit de personnes qu’on ignorait la veille. Beau mouvement prestement récupéré et depuis lors recyclé à l’envi  par nos politiciens tous bords confondus..

Puis il y eu le 13 novembre 2015 à Paris, une autre sidération, et le 14 juillet 2016 à Nice. Les deuils nationaux s’allongèrent sans que l’activité économique désormais cesse pour autant : « business must go on ». Nos politiques, au taquet de leurs primaires respectives, rivalisèrent d’inanité, de bêtise et de mauvaise foi. L’invective réduisit le silence à l’insignifiance. L’illusion de janvier fut à ajouter aux disparus de la promenade des Anglais.

Alors, allez savoir pourquoi – les associations d’idées sont mystérieuses – me revinrent en mémoire les minutes nécessaires de Monsieur Cyclopède  (qui duraient d’ailleurs un peu plus d’une minute) si décriées en leur temps, si improbables maintenant. Mais peut-être pas si hors sujet.

Pour visualiser la vidéo, copier le lien dans la barre de recherche de votre navigateur ou taper « rentabilisons la minute de silence » dans la barre de recherche google.

https://www.ina.fr/video/CPC83050080

 

 

 

 

pique et pique et anagrammes

Je n’aime pas la marseillaise, ni les défilés, ni la musique militaire, mais j’aime bien les anagrammes. Aucun rapport me direz- vous. Pas si sûr. Au fond, l’anagramme n’est qu’une forme d’ordre renversé mais un ordre quand même, révélant parfois l’indicible voire l’inconscient. L’Euro de foot terminé, la presse revient aux affaires c’est à dire, en très gros, cette semaine, à E. Macron et au Brexit. Un peu saturée, j’ai donc cherché l’évasion dans le jeu de lettres.

Emmanuel Macron ou Manu :  le nom cramé

Pour sa Brigitte il est  : Mon menu caramel.  Svelte, brillant, c’est bien simple, quand « Mon Manu réclame« , je fonds, soupire-t-elle.

Tous ne sont pas aussi charmés. Pour Valls, il est un communal en arme. Pourquoi ? Un, ce nom m’alarme, dit -il. Plus direct en privé, il développe sa pensée, en menaçant de l’exploser.

Emmanuel n’en a cure. Pour lui tout est simple. Mon arme : un calme ; ma réclame : un nom. Sur François Hollande, il ose : normal ça, même nu ?

Interrogé sur ses rapports actuels avec le Président, il élude : on m’a cru malmené.

Un jeune opportuniste provincial  en quête de destin national a cru bon, lui, de prendre dès aujourd’hui  le car nommé Manu , au risque de se tromper.

Le commun se dit, lui, que cet entreprenant ne lui promet rien de bon : la rame en commun,  au mieux. Et il rêve, d’une bonne claque en 2017 qui laissera l’impudent amer comme nul an (1).

Autre visage émergent : Theresa May.160713-theresa-may-0323_e47e21b5d0aaebb07b6284182b9ea8e0.nbcnews-ux-2880-1000

On remplit,dans nos gazettes hexagonales, des colonnes pour dire, au fond, qu’on ne la cerne pas bien. Pragmatique, bosseuse , expérimentée, mais non dénuée de malice et d’un certain goût du risque à en juger par la nomination de Boris Johnson comme ministre des  affaires  étrangères du Royaume.

D’aucun font un parallèle avec Margaret Thatcher. Theresa s’offusque : Hear that : Marge my star teacher ? (2) Nonsense. Mais la devancière n’est pas en reste : Search : Threat may  (be) the great ram.

S’entendra – t – elle avec Angela ? Pas sûr. Entre pragmatiques calculatrices, on s’épie. Merge ? Man, she’ll take a year !

 

(1) j’en ai éliminé pas mal dont celui-ci trouvé bien avant moi que je vous laisse découvrir ici : https://www.linkedin.com/pulse/anagramme-xavier-bonnefond.`

(2) mélange de Margarret Thatcher et Theresa May. Ecoutez-ça : Marge mon illustre professeur ? Cherche : la menace (est) peut-être le meilleur éperon (ou bélier).

(3) mélange de Angela Merkel et Theresa May. Le rapprochement ? Mec, ça va prendre un an ..(au  moins) !

C’est qui Michel Rocard ?

M. RocardElle n’a pas encore 17 ans et quelques raisons de ne pas savoir qui il était.

Passée la description incomplète de sa trajectoire politique et de ses responsabilités publiques, qu’en savais-je moi -même ?

Plus vieux que la damoiselle, nous avons, sans doute tous, en fonction de nos âges et de nos parcours, un Michel  Rocard en tête. Le mien est d’abord un phrasé, un verbe en incises interminables dans lesquelles je me perdais, ne retenant qu’une succession de plages musicales diffuses et saccadées que le temps lissa un peu.

Mon deuxième souvenir est celui d’un type à casquette visitant, paisible,  avec sa femme, le sanctuaire shinto de Fushimi-Inari-Taisha aux environs de Kyoto. Je n’ai pas osé rompre cette discrétion. D’ailleurs, je n’aurais su quoi lui dire à part lui demander bêtement comment il vivait ces lieux ou ce qu’il pensait du shintoïsme.

Je lis chez Madame Wikipédia qu’ à fushimi, Inari est considéré comme la divinité de la montagne  où  le sanctuaire est construit. Divinité protectrice, Inari est aussi redouté des hommes, car il peut les ensorceler et même les posséder en prenant l’apparence de moines bouddhistes ou de jeunes femmes séduisantes. Le travestissement n’était pas dans la nature de Michel Rocard. Comme P. Mendès-France, auquel je l’ai toujours associé, il se voulait pédagogue, rigoureux et n’a pas aimé suffisamment le pouvoir pour savoir (ou ne fut jamais prêt à tout pour)  le conquérir. Plus impétueux, peut-être parfois plus rugueux, que son devancier, il a souffert plus que tout autre d’être droit aux yeux d’un vieux renard politicien qui ne lui passa rien.

Me voilà, anonyme choriste à la tribune du Temple où un culte d’adieu lui est rendu, et me parvient une autre voix que celle que je connais.

« J’aurais largement vécu le siècle de la honte. La boucherie de 14-18, la Shoah, le goulag, les génocides du Cambodge, du Rwanda et de Bosnie, l’acquiescement tacite de la communauté internationale à l’assassinat de la nation palestinienne, l’échec répété de la même à entreprendre le dur combat nécessaire contre l’effet de serre, contre les catastrophes créées par la spéculation financière et contre l’impuissance à sortir l’Afrique et l’essentiel de l’Asie du sous-développement… Derrière tous ces drames, l’immoralité aussi bien humaine que financière. La référence première à la raison n’a pas produit d’éthique. Même les socialistes, dont pourtant l’espoir découle d’une morale, n’ont pas su produire un code respecté de références collectives. Ils acceptent même que la raison couvre toujours la plus criminogène de nos valeurs collectives, la souveraineté nationale. »

« Je ne crois plus à aucune transcendance et suis devenu agnostique. Mais je constate que l’humanité n’a pas su trouver en elle-même les sources d’une morale de la vie »,  « Toutes les religions ont erré, et péché, comme elles disent. Celle qui m’accueillit, le protestantisme, m’est souvent apparue comme l’une des moins coupables dans l’asservissement des hommes et notamment, critère majeur, des femmes ».

« La politique, c’est de horticulture ».

Dans sa prédication, le Pasteur L. Schlumberger fait un parallèle entre la parabole évangélique de la « graine de moutarde » et l’action de Michel  : « La plus petite des graines, dit Jésus, semble dérisoire mais grandit sans commune mesure, jusqu’à accueillir les oiseaux du ciel. Cette graine de moutarde qui s’épanouit et offre son ombre à tous ceux qui veulent s’y abriter me parle de l’action politique telle que Michel Rocard la comprenait : portée par une vision de l’avenir, conduite dans une rigueur lucide, épanouie dans le temps long et portant ainsi des fruits pour tous ». Une des élégantes piques adressées à quelques éminences présidentielles et gouvernementales assises en face de lui.

Alors, j’ai songé que le temps des convictions s’étiole dans l’instantané et qu’il devient difficile dans un  monde opportuniste de construire une conscience à partager quand ceux susceptibles de lui donner un sens s’en vont.

J’irai dormir en Corse, écrivit-il. Je me dis qu’un jour j’irai peut être lui rendre visite sur son promontoire. Avec un peu de chance, dans le vent et le chant des grillons, y humerai-je un peu de ce qu’il fut.

Alors, c’était qui Michel Rocard ? Un être complexe, compliqué, généreux, libre, trop subtil pour moi, sommes toutes … un Homme. Ein mensh, serait plus juste, mais la langue française ne sait pas dire cela de manière aussi économe et nette.

PS en complément des extraits de la cérémonie et l’intégralité de la prédication du Pasteur L. Schlumberger :

Cliquer pour accéder à culte_d_adieu_michel_rocard.pdf

 

Je tweete donc je suis ?

0-rwAxlwi6-twitterUn jour sur la suggestion d’une jeune collègue, j’ai sauté le pas et me suis créé un compte twitter. L’idée était, par là, d’accroître la modeste audience de ce blog. Mes tweets se résumant le plus souvent à diffuser un lien vers mes hebdomadaires billets, l’opération n’a pas produit les résultats escomptés. Sans doute parce que je n’ai pas cherché à m’approprier l’objet. Certains tweetent pour leurs attirer l’attention sur leur activité professionnelle, d’autres à des fins très mercantiles, d’autres encore à des fins très égotistes (les cumuls n’étant pas exclus). Il y a ceux du matin et ceux du soir, ceux du tout le temps, ceux qui saturent et ceux qui distillent. Ma contreperformance (qui ne me chagrine pas au demeurant) vient sans doute de mes réserves vis à vis de la volatilité de ce qui s’y poste, de ce bric à brac foutraque où la profusion noie l’essentiel. A-t-on vraiment besoin de ce « tout de suite, tout le temps » ? Si la concision me sied, la réactivité obligée, celle à laquelle on peut se sentir bizarrement tenu lorsque on a mis le pied dans la porte, me rebute.

Mais il y a ceux qui ont su en faire autre chose : une forme littéraire et narrative en soi. Du long en bouche pointilliste.

Il y a cette journaliste qui, après la découverte, il y a trois ans, dans une cave, d’objets ayant appartenu à une précedente locataire, reconstruit par touches de 140 caractères ce qui a pu être sa vie. Elle en est à sa troisième saison et l’exercice devient de plus en plus participatif, mêlant jeu et les autres.

http://abonnes.lemonde.fr/big-browser/article/2016/06/30/madeleineproject-ou-comment-des-objets-decouverts-forment-le-recit-d-une-vie_4961249_4832693.html

Il y a aussi les adeptes du réel un peu décalé, parfois cruels, inégaux, drôles souvent, comme Bernard Pivot. Petits exemples :

Dans le couple, il arrive que le plus affolé, le plus déboussolé soit celui ou celle qui a osé rompre.

Le Brexit c’est la Manche qui a envahi la Grande Bretagne et qui sépare désormais l’Angleterre et l’Ecosse.

Il n’y a plus d’été ? Quelle idée aussi d’avoir donné pour nom à la soi-disant plus belle saison un participe passé !

On ne se voit ni grandir ni vieillir. On ne s’est pas vu naître. Si on ne se voit pas mourir, on aura passé sa vie à ne rien voir.

Parfois il tweete en série aussi  :

1 Le dynamisme du verbe lever. Lever des fonds, un lièvre, une option, des filets (cuisine), des haltères, la jambe, le coude, etc.

2 Mieux: élever. Élever la voix, le débat, l’âme, un enfant, des chevaux, une statue, etc. 17 mai

3 Relever n’est pas mal non plus. Relever la tête, le défi, les saveurs, le courrier, une sentinelle, etc.

 17 mai

4 Mais soulever est encore plus fort. Soulever le peuple, un pays, l’enthousiasme, la colère, l’admiration, des questions, etc.

5 Macron lève des fonds, élève le débat, relève le défi, mais soulèvera-t-il l’enthousiasme, la colère ou de la poussière en marchant ?

J’aime bien ces petites virgules posées sur les jours. Elles me distraient du bruit.

Pot pourri

Le football est-il soluble dans l’humour ? Oui. La chaleur soudaine ayant liquéfié mes neurones, j’ai été bien aise de croiser cette petite vidéo du grand Jacques.

L’exclusion de l’Angleterre de l’Euro donnerait un formidable coup de pouce aux partisans britanniques du Brexit.

A l’heure où je poste, l’équipe d’Angleterre est toujours dans l’Euro mais l’Angeterre a choisi le large. Fera-t-elle école ? D’où il ressort que l’idée d’Europe ressemble à une cougar surliftée qui pense encore pouvoir séduire.
enfermes-dehors
Une manifestation condamnée à tourner en rond. L’image  (ces gens là, c’est du radotage organisé)  trompera-t-elle le chaland ? Je n’y crois guère et je pense plutôt que l’exaspération est encore montée d’un cran.  Côté pouvoir, l’heure est au mélange malsain pour justifier l’injustifiable  :  casseurs, terrorisme, état de guerre proclamé, irresponsabilité syndicale et, cerise sur l’abjection, un orphelin dont personne (en tous cas chez les non initiés) ne pouvait se douter qu’il se trouvait dans l’ hôpital endommagé. Qu’espère ce Gouvernement de ce petit jeu pervers ? Un autre mort après Rémi Fraisse ?
Pendant ce temps là on taille ici une primaire sur mesure à François Hollande …en attendant la veste voire le complet veston. On investit là tel et tel malgré leurs casseroles judiciaires. Violence, cynisme, rien à attendre sinon plus de casse encore.

interlude

Violences, massacre homophobe, meurtres, casses en tous genres, savantes danses du ventre politiciennes sur fond d’euro footballistique autour de la loi travail avec 2017 en horizon, déclin macronien (ou macronique), mains baladeuses baupinesques ici, saillies sexistes là, TAFTA, glyphosate, campagne de médecins du monde interdite d’affichage… et j’en passe, il y a des séquences où tout d’un coup on se sent accablé (encore que la mégalomanie surjouée zlatanienne ne manque pas d’une certaine drôlerie). Alors, vient l’envie de laver les jours à grande eau futile comme on épongerait une table poisseuse. Rien de tel, dans cet état, que d’opposer des images à d’autres images pour ripoliner un quotidien morose qui colle au moral comme une mauvaise ombre.

Je ne sais rien de ce chef d’orchestre si ce n’est qu’il s’appelle Joseph Olefirowicz. Le répertoire qu’il dirige sur ces vidéos se prête à ses facéties ….

 

 

…quoique, en parlant de Candide, l’interprétation de ce  compositeur et chef là n’est pas non plus dénuée de chorégraphie …

Malicieusement je me demande ce que donnerait ma chef de choeur dans ce type de registre…Pour le savoir il faudrait prendre congé de Jean-Sébastien et Georg Friedrich…ce qui n’est pas prévu à ce jour. Mais certaines prestations en répétition me rendent optimiste. Par contre, moi en dancing singer, oubliez…Autant demander à un hippopotame (mon animal favori quand j’étais petite suite à une vision de Fantasia de Disney, je crois) de danser la samba. Il n’est pas exclu, d’ailleurs, qu’il ferait montre de plus de talent que moi.

 

 

 

Des tests et des neurones

Quelle est ta peur secrète ? A quoi ressemblerais-tu si tu naissais aujourd’hui ? Quelles chaussures correspondent à ta personnalité ? Quelles déesse es-tu ? A quel animal correspond ton âme (et d’ailleurs, quand est-elle née) ? Quelle est ta citation spirituelle ? Quel verset de la Bible t’apportera de la force aujourd’hui ? Quel est ton bilan karmique ?  De quelle nationalité es-tu ? Que n’abandonneras-tu jamais ? Combien rapporterait ton image dans une enchère ?

Autant de questions  (choisies au hasard avec une parfaite mauvaise foi) que l’on ne se pose pas en se peignant (ou se rasant) le matin, mais auxquelles, liant le futile à l’inutile, on essaie, dans un moment d’abandon, de connaître notre réponse (très) inconsciente. Encore qu’en ce qui concerne la dernière, je n’ai aucun doute : RIEN.

Il en est de vaguement plus dérangeantes : de quoi as-tu besoin pour survivre ? (je n’en suis pas encore là, Dieu merci).

Et d’autres franchement déplacées : quel âge te donne-t-on ? Là, j’ai un embryon de réponse « réel ». Devisant dans un salon de coiffure avec une dame qui « se faisait faire une couleur » (contrairement à moi qui en reste à mon gris – blanc naturel),  elle me demande tout à trac si j’ai reçu le cadeau de la mairie (nous étions aux environs de Noël.. ou du jour de l’an) . Quel cadeau ? Hé bien, celui qu’on offre aux plus de 60 ans ! N’ayant pas encore atteint cette estimable dizaine, j’ai compris que j’avais  allègrement franchi les limites de la jeunesse, ce que mon miroir, blasé, s’était bien gardé de me donner à voir (mais je suis extrêmement myope il est vrai).

 

2016-06-07_185207Bref, pour rester dans le domaine de la réflexion (sic), ce test-ci m’a titillé :  « Cerveau gauche ou cerveau droit ?   » L’idée du partage des tâches entre le cerveau gauche et le cerveau droit n’est pas une simple rumeur – elle se base sur des preuves scientifiques. Le neuropsychologue américain Roger Sperry a remporté le prix Nobel 1981 en physiologie et médecine pour son travail sur l’asymétrie cérébrale. Vous aimeriez savoir quel côté de votre cerveau, gauche ou droit, domine chez vous ? Et de combien ? Passez ce test pour obtenir des résultats précis ».

Parce que la suggestion (le lien vers le test) m’était faite par quelqu’un de plutôt sérieux, par curiosité, je l’ai fait. Résultat : je  suis orientée cerveau droit à quoi seraient associés la mémoire, la créativité, l’émotion, le sens artistique et musical, l’instinct et l’imagination. Autrement dit, je serais moins tentée par les mathématiques, la rationalité, la symbolique, le digital, l’objectif, l’analytique ou l’ordre. Ce qui n’est pas complètement faux.

Mais …

… vu ma profession tournée vers le droit, j’en conclus que ce sont mes capacités « minoritaires » qui assurent mon quotidien, quand mes « majoritaires » s’ébattent dans la légèreté financièrement stérile. A l’heure de l’optimisation à tous crins, c’est assez ballot, non ?

 

Arrosages

hollande-514x344

Petite chronique à la manière de (et en modeste hommage à) Patrick Rambaud

Pluie depuis des jours à l’image de ce quinquennat deliquescent. Notre Président a toujours manifesté une certaine endurance aquatique mais les temps sont aussi très « chauds » :  Nuit Debout, manifs, grèves, sur fond d’images peu rassurantes sur le sang-froid policier…(Loi travail : violente charge policière à Rennes. Le Monde avec AFP. 2-2-2016)

Du pays du soleil levant, notre Sublime Insubmersible a tranché sur la loi travail : « Pas question de céder en rase campagne à la CGT ! Si on cède on est morts » (source Canard Enchaîné du 1-6-2016).

Rien de tel pour conjurer ce destin funeste que de doubler la fermeté d’un bon arrosage pour faire repartir un jardin (électoral) délaissé. Routiers, chercheurs, intermittents du spectacle, enseignants (en attendant la suite)… les sucreries sont dispensées là où le sans- dents crie et l’on compte sur le mollet footballistique (et ses rentrées supposées) pour tuer dans l’oeuf toute tentative de jouer des prolongations grévistes.

Et l’oeil de Bruxelles et sa vision à 3 % dans tout ça ? Il est toujours là, posé sur nous comme une limace sur une feuille de salade(s), comptable et toxique, mais brouillé quand même : la faute à la loi Peeters qui, outre-quiévrain, flirte avec la loi El Khomri. On manifeste aussi sous les fenêtres de la commission européenne.

Flexisécurité n’est pas un gros mot à partir du moment où l’on ne brade pas sa deuxième composante.

Mais notre Grandeur Brumisée ne semble en avoir cure, n’ayant pour préoccupation que son avenir présidentiel fortement douché par les sondages.

Ayant bien dépensé, notre Armateur de pédalos Suprême est allé se rincer les amygdales chez son meilleur ennemi (sondagier) : je veux dire qu’il est allé à l’inauguration de la cité du vin chez le Duc de Bordeaux.

Dans l’écrin vinicole, il a échangé crus, enduré les piques du Duc (1), indifférent aux bruits qui venaient de l’extérieur. On avait pris soin, il est vrai, de cantonner la plèbe manifestante à environ 500 mètres du bâtiment, derrière des barrières et un cordon de gendarmes mobiles.

La violence ce peut être cela aussi.

PS : A  propos de nectars, j’ai découvert en lisant le Journal Officiel qu’il existait des « vins tranquilles », qui sont, en très gros, des vins qui ne pétillent pas – comme la pensée politique actuelle, d’une redoutable ternitude, coincée entre les hautement inventifs « hé, ho la gauche » et « Oz ta droite ». L’originalité politique du millésime reste à inventer. On devrait prévenir sa Petite Altesse « On ne tutoie pas un ministre, on ne l’invective pas » : on n’emballe pas non plus forcément en faisant du porte à porte intéressé. Les témoins de Jehovah en savent quelque chose. D’ailleurs, si j’avais des idées, il serait sot de ma part de les déclamer sur le seuil de mon logis. Ce n’est pas en partageant qu’on devient milliardaire. Et, cela, notre petit baron amiénois le sait mieux que personne. Allez, santé !

 

  1. « Les hommes sont comme les vins, avec le temps, les bons s’améliorent et les mauvais s’aigrissent », a lâché le Duc, citant Cicéron avec un peu d’à peu près (la citation exacte serait « Il en est des hommes comme des vins, l’âge n’aigrit jamais les bons « ). Notre Rondeur Acqua-boniste (à court de citation ?) ne semble pas avoir répondu, alors qu’il aurait pu, goguenard, demander au Duc s’il parlait pour lui-même.