Article mis à jour le 26 janvier 2015
Je veux le croire, moi qui ne suis pas optimiste par nature. Si j’avais été grecque, j’aurais voté Syriza. Non que je croie aux lendemains qui chantent, mais pour donner à l’Europe une chance de se définir autrement que par une financiarisation et un matérialisme mortifères. J’aurais voté Syriza pour secouer cette Europe que j’ai naïvement, et trop longtemps, espérée sociale, culturelle et solidaire, avant de déchanter lourdement …J’aurais voté Syriza pour la beauté d’une utopie en somme. Sans doute. Car une société qui n’en a plus ou qui n’en envisage plus, fors les fourches caudines décrétées par quelques « penseurs » autoproclamés, une société qui a oublié ce que cela peut être, est une société agonisante et c’est ce vers quoi tend notre « vieux continent » .
J’entends déjà ceux qui hypocritement s’enthousiasment, espérant, in petto, que cela ne marchera pas, oubliant, que, dans une société mondialisée, il n’y a plus d’échec individuel et que « tout étant dans tout et vice versa », le naufrage des uns signe le naufrage du plus grand nombre. A bien y regarder, je n’aurais sûrement pas fait partie des privilégiés des quelques barques du Titanic.
Quelles Lumières aujourd’hui ? Peut-être celles d’ailleurs, de ceux qui se sont tenus à l’écart de la vaniteuse effervescence du monde. Dubitatifs et entiers.
Parce qu’il me semble que, plus encore peut-être que la politique, le temps, une destinée déconnectée d’un immédiat par essence volatile dans lequel nul ne peut se projeter, sinon dans l’illusion, sont à ré-inventer. Le temps dans un environnement préservé. Croire en une croissance indéfinie dans les limites de notre planète n’a pas de sens. Et, de la vie dans un autre espace nous ne savons rien encore.
Quelles Lumières, aujourd’hui ? … une impossibilité, une liberté…celle de s’arrêter, de respirer, de l’embrasser sans peur, ce temps…
Alors… Syriza, avant que ne prévalent des idées définitivement noires, même pas en embuscade.