S’adapter

Même eux !

« Au commencement était » des David Graeber et Wengrow. C’est décidément un bouquin passionnant, si foisonnant, si savoureux, que j’avance tout doucement dans sa lecture. Me voici à la fin du chapitre intitulé « Dégeler l’âge de glace » où l’on apprend que, selon les récits que livrent les données archéologiques, « tout au long de la période glaciaire, marquée par de forts contrastes saisonniers, nos lointains ancêtres ont vécu une existence très similaire à celles des Inuits, des Nambikwaras (peuple installé au nord-ouest du Mato grosso au Brésil) ou des Crows (indiens des grandes plaines d’Amérique du Nord). Apparemment guidés par les sentiment qu’aucun ordre social n’est jamais fixé ni immuable, ils ne cessaient d’en changer, bâtissaient des monuments qu’ils finissaient par abandonner, laissaient se développer des structures autoritaires à certaines périodes de l’année pour mieux les démanteler à d’autres (…) Pourquoi Homo Sapiens qui passe pour le plus sage des grands singes a-t-il laissé s’installer des systèmes inégalitaires, rigides et permanents après avoir monté et démonté des structures hiérarchiques pendant des millénaires ? »

Bonne question que la suite du livre (qui m’attend) s’attache à explorer mais qui résonne étrangement à mes oreilles en cette période pandémique.

Or donc, Jean Castex annonça l’entrée en vigueur du pass vaccinal au 24 janvier 2022 sans exagérément s’encombrer du fait que le Conseil constitutionnel, saisi d’un recours portant notamment sur la conformité à la Constitution des dispositions transformant le pass sanitaire en pass vaccinal et excluant, en particulier, la possibilité de présenter, en lieu et place, le résultat d’un examen virologique ne concluant pas à une contamination à la Covid 19 ou (sous réserve d’exceptions à définir par décret) un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination à la Covid 19, n’avait pas encore rendu sa décision.

Le recours des députés, le plus intéressant juridiquement à mon sens, s’appuyait sur une décision rendue en août 2021 (https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2021/2021824DC.htm ) par le même Conseil à propos du pass sanitaire dans laquelle ce dernier – observant que les dispositions relatives à ce pass, susceptibles de limiter l’accès à certains lieux, portaient atteinte à la liberté d’aller et de venir et, en ce qu’elles étaient de nature à restreindre la liberté de se réunir, au droit d’expression collective des idées et des opinions – avait opéré un strict contrôle de proportionnalité entre l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé et le respect des droits et libertés rappelé ci-dessus.

Dans sa décision rendue hier, le Conseil constitutionnel, tout en confirmant que les dispositions qui lui étaient soumises portaient atteinte à la liberté d’aller et de venir, à la liberté de se réunir, au droit d’expression collective des idées et des opinions, les valide au nom essentiellement de l’objectif de protection de la santé face à l’épidémie de Covid-19 et du fait qu’il ne lui appartient pas de déterminer si l’objectif ne pourrait pas être atteint par d’autres voies, notant, comme en passant, qu’il devra y être mis fin sans délai lorsqu’elles ne seront plus nécessaires et qu’une limitation possible de leur application jusqu’au 31 juillet 2022 est prévue.

On sait ce qu’il en a été de la date limite d’application du pass sanitaire…Entretemps, également, la gratuité des tests a été supprimée pour les non-vaccinés ce qui laisse à penser, compte tenu de leur prix unitaire et de la faible durée de leur validité (24 heures), que ces derniers n’y recourent plus ou peu. Ce qui n’aide pas à clarifier le paysage sanitaire.

Au fond, dans toute cette affaire, ce qui me chiffonne n’est pas tant la décision rendue hier, mais, vu les réserves émises par le Conseil dans sa décision relative à la mise en place du pass sanitaire, l’espèce d’apathie qui me semble entourer celle relative au pass vaccinal, les arguments développés par la « Haute Juridiction » pour justifier sa position semblant intéresser davantage que sa nature même.

Un peu comme si une sorte de fatalisme juridique vis à vis des décisions de cette instance comme celle du Conseil d’État (par exemple, à propos de la réforme de l’assurance chômage) s’installait insidieusement : rien à attendre vraiment, de toutes façons « ils » vont valider … reste à savoir comment.

Alors, à l’instar des auteurs cités ci-dessus, je me demande comment on en est arrivé là.

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On verra si la citation se vérifie « pandémiquement » devant la pétaudière que représente la gestion de la Covid. Difficile de suivre quand, notamment :

– les cas d’Omicron continuant d’augmenter dans le monde, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se prononce contre l’interdiction des voyages internationaux et la vaccination obligatoire pour entrer dans les pays, invoquant l’inefficacité de telles mesures pour enrayer la propagation du variant Omicron : https://news.un.org/fr/story/2022/01/111

– on laisse entendre que la propagation d’Omicron pourrait ralentir avant d’apprendre que celui-ci ne constitue qu’un « lignage » de virus et connaît déjà des sous-variants, le dernier pudiquement nommé BA-2, devenu majoritaire au Danemark. «Ce qui nous a surpris, c’est la rapidité avec laquelle ce sous-variant, qui a beaucoup circulé en Asie, s’est installé au Danemark», a déclaré vendredi, l’épidémiologiste Antoine Flahault. «Le pays attendait un pic des contaminations à la mi-janvier; il ne s’est pas produit et peut-être est-ce dû à ce sous-variant, qui semble très transmissible mais pas plus virulent» (que le variant originel) ;’

– qu’on ne sait plus ce qu’il faut considérer comme un « schéma vaccinal complet » sachant que le vaccin même administré 3 fois ne prévient ni contre l’infection (atténuée semble-t-il) ni n’empêche le vacciné de contaminer.

et j’en oublie sûrement, entre là où on lâche du lest et là où l’on visse …sans parler des futurs JO d’hiver chinois sous tension covidique.

Le variant Omicron provoque un effet domino.

Au fond, ce virus (sans compter ses déclinaisons connues et à venir), par sa permanence – nous en sommes à la troisième année (2020, 2021 et maintenant 2022 …je suis gentille car les premières contaminations en France remonteraient à fin 2019 – nous ramène à une certaine stérilité conceptuelle, une absence de raisonnement du pouvoir. Une « complexification alliée à une spécialisation » si pointue qu’elle échapperait à l’entendement justifierait de confier des missions étatiques à des cabinets de conseils privés très onéreux et peu au fait (à supposer qu’ils s’en préoccupent) de nos structures administratives et sociales (disons, pour être charitable, somme toute, incompétents … ou à l’Ouest ce qui ne diffère pas tellement) partant de ce principe peu démontré (et assez largement démonté) que le privé fait toujours mieux que le public en termes de coûts et de services. Je vous laisse, pour le compte, apprécier le gloubi-boulga indigeste et louvoyant de cette ministre qui lit, laborieusement, une réponse confiée par ses directeurs de cabinet (si 10 minutes vous paraissent interminables -et je ne vous en voudrez pas- commencez vers 4,59 minutes).

Quand les mots ne sont que discours creux et n’ont plus d’autre fonction que d’essayer de remplir du vide, comment s’étonner de la montée d’une lassitude colérique ?

Alors, j’en viens à souhaiter que l’ingéniosité vis à vis du pouvoir de nos lointains ancêtres ne se soit pas définitivement perdue, qu’elle reste quelque part engrammée dans nos circonvolutions cérébrales.

« Il faut s’adapter », nous dit-on, mais pourquoi pas hors des sentiers balisés ?

Voyage en absurdistan

J’ai collecté ces tweet et autre parodies journalistiques en parfaite mauvaise foi et pourtant il me semble qu’ils tracent un portrait assez fidèle de la bordélisation dans laquelle nous vivons. Jupiter décide seul, semble-t-il , mais se tient en retrait quand la température monte, laissant ses laquais annoncer les nouvelles …qui ne sont pas bonnes. Castex magister (et incidemment responsable de la détresse totale des hôpitaux avec cette ânerie consistant à les gérer comme des entreprises : T2A mon amour) a prévu de se faire administrer une dose de vaccin AstraZeneca devant les caméras, à l’instar de son collègue Olivier Véran. Notre PM a-t-il prévu des manches de chemises suffisamment large pour remonter au point de vaccin ou sera-t-il contraint à une comparaison pectorale pas forcément avantageuse ?

Résumons nous, avant le 18 mars c’était à peu près ça :

Et le site parodique le Gorafi sortait ça :

http://www.legorafi.fr/2021/03/16/jean-castex-lapparition-de-variants-regionaux-du-coronavirus-est-une-chance-pour-les-territoires/

On en était là (référence à un film des années 1990):

Puis vinrent des suspicions sur le vaccin Astra Zeneca que la haute autorité de santé recommande maintenant au plus de 55 ans …mais où se faire vacciner ?

Et après ?

Ce 18 mars advinrent ces injonctions paradoxales « reconfinatoires  » : restez chez vous, mais sortez !! Le virus est moins létal dehors…. Bref on se gratte les neurones à défaut de rire.

Pendant ce temps là, les français en savent plus sur la Covid et ses variants que ce qui se vote de liberticide dans leur dos.

http://www.davduf.net/et-la-loi-securite-totale-fut

Quoi qu’il en coûte disaient-ils ?

Reprenons, on a eu ça

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puis ça

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Le plus effarant au fond (mais je me répète) c’est que toutes ces décisions ne sont jamais discutées et qu’en réalité le « quoiqu’il en coûte » ne s’adresse pas à la vie mais à l’économie. La sauver au prix d’une dette dont on nous présentera la facture à rembourser, partant du principe que l’Etat se gère comme une économie familiale … ce qui n’ a pas de sens. Ecouter ici même si c’est un peu long (on peut commencer vers 29 minutes).

Ajoutez à cela la résurgence d’une réforme des régimes de retraite, l’abandon des étudiants, le couvre feu la semaine et le confinement le WE – et j’oublie sans doute nombre de mesures socialement nuisibles – vous vous dites que votre seule utilité est économique. L’équivalent d’une roue.

Et puis vous tombez sur ça …

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J’a,i là encore, récupéré ça sur twitter : les Echos ou le Figaro ? Toujours est-il que la compagnie d’assurance vient de se prendre un revers (à suivre tout de même). Le jeudi 25 février, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé un jugement du tribunal de commerce de Marseille qui datait du 15 octobre. L’assureur devra bien indemniser le propriétaire d’un restaurant marseillais, à qui il devra verser 23 000 euros pour la période de fermeture du 15 mars au 2 juin 2020, comme l’avait décidé le tribunal de commerce. La cour d’appel a ajouté 27 000 euros d’indemnisation pour compenser les pertes d’exploitation subies pour les fermetures allant du 28 septembre au 4 octobre (où seuls les restaurants marseillais avaient été fermés), puis du 30 octobre au 31 décembre. Ces indemnisations ne sont que provisoires, le montant exact des pertes d’exploitation sera évalué par une expertise qu’Axa devra mettre en œuvre dans les deux mois (Médiapart 26 février 2021).

On imagine sans peine que la compagnie va « travailler » sur le dossier

Jusqu’où n’iront-il pas ?

« 

Fouquet : Quand la vanité mène tout droit au cachot

Quo non ascendum? », littéralement: « Jusqu’où ne monterai-je pas? » . Telle était la devise de la famille de Nicolas Fouquet dont le blason représentait un écureuil (amusant symbole de nos jours …si on peut dire).

Je ne sais pas si le Gouvernement actuel se pose la question mais il fait comme si …la seule notion de limite était devenue aussi floue que le floutage des visages de nos pandores réclamé par certains syndicats de policiers.

Et après tout, tout l’y invite, le confinement et cette violence qui n’existerait pas mais conduit un Jean-Luc Mélenchon à tweeter ceci. C’est dire.

Manifester paisiblement…un luxe de ma génération. Car la plupart des acquis sociaux, soigneusement détricotés depuis des années (notamment « socialistes »), l’ont été dans la confrontation sévère.

Ignorants de la réalité des chiffres – car plus on teste plus on trouve, mais qu’en conclure ? Les tests PCR ne valent que pour le jour où vous vous y êtes soumis et on ne sait pas grand chose de la durée de l’immunité quand vous avez contracté le Covid ou été en contact avec, donc un test sérologique subi au printemps ne veut peut-être plus rien dire – nous voilà définitivement infantilisés et emmurés.

D’ailleurs notre ministre de la santé avertit : « Le danger serait que vingt personnes (…) qui ont prévu de partager un repas pour Noël, décident de se faire tester et en confiance, se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrières, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles, pensant ne rien risquer, alors qu’en réalité, le virus est là et que le risque de transmission est réel ». En d’autres termes, la prévention ne reposerait pas sur un test négatif, mais plutôt sur le respect des gestes barrières. Devra-t-on manger, par exemple, dans des pièces séparées, soigneusement aérées, définies en fonction de notre vulnérabilité supposée, et, à quelques mètres les uns des autres, se souhaiter un bon Noël via nos smartphones. A quoi bon ? Autant organiser des festivités sur Teams ou Zoom !

De manière plus générale, qu’est-ce qui empêche un débat national sur la politique à tenir ? Voire même une réelle coordination des Etats de l’UE – à part le fonctionnement de l’UE elle-même mais on pourrait déroger, non ?

Noël en distanciel … Jean Castex ne s’y est pas risqué et je pourrais rendre visite aux miens. Mais, à y bien songer, on peut s’interroger sur cette sanctuarisation de ce jour dans un pays qui entend se proclamer définitivement laïc (quoi que dans l’Est, on fête davantage Saint Nicolas).

On me transmet, pour voir si certains articles peuvent concerner ma discipline professionnelle (droit social), le projet de loi confortant le respect des principes de la République,. Et je lis ceci dans ce que l’on appelle l’exposé des motifs :

« Tout au long de son histoire, notre République a su être à la fois intransigeante sur les principes et généreuse dans son action. Au fil des ans, patiemment, elle a rassemblé tout un peuple et, parmi ce peuple, mêmes ceux qui au départ lui étaient hostiles.

Notre République s’est construite sur des fondations solides, des fondements intangibles pour l’ensemble des Français : la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation, la laïcité.

Un entrisme communautariste, insidieux mais puissant, gangrène lentement les fondements de notre société dans certains territoires. Cet entrisme est pour l’essentiel d’inspiration islamiste. Il est la manifestation d’un projet politique conscient, théorisé, politico‑religieux, dont l’ambition est de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi commune que nous nous sommes librement donnée. Il enclenche une dynamique séparatiste qui vise à la division.

Ce travail de sape concerne de multiples sphères : les quartiers, les services publics et notamment l’école, le tissu associatif, les structures d’exercice du culte. Il s’invite dans le débat public en détournant le sens des mots, des choses, des valeurs et de la mesure.

L’idéologie séparatiste a fait le terreau des principaux drames qui ont endeuillé notre communauté nationale ces dernières années. »

Bien, bien, le séparatisme visé est assez clair – côté, égalité et laïcité, on passe large sur les années Pétain dans l’historique, car nous n’étions plus « en République », n’est-ce pas ? Mais la rhétorique ne semble pas si lointaine.

Les associations cultuelles sont dans l’œil du cyclone du projet, en particulier fiscal, dans lequel on retrouve cet article, retiré (??) d’un autre projet de loi, et reformulé en bonne place qui dit ceci :

Après l’article 223‑1 du code pénal, il est inséré un article 223‑1‑1 ainsi rédigé :

« Art. 22311. – Le fait de révéler, diffuser ou transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser, dans le but de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique, ou aux biens, est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

« Lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. »

Voilà. Tout cela sera examiné mais pas franchement discuté ou l’inverse. On peut s’attendre, selon le schéma qui prévaut depuis les dernières élections législatives à ce qu’à l’ Assemblée nationale notre représentation lyophilisée vote favorablement en faveur de l’ensemble du texte sans trop d’état d’âme (à supposer qu’elle en ait jamais eu). Au sénat, peu de chose à craindre non plus.

Même chose sur la réforme des retraites qu’on pensait suspendue sinon enterrée …

La « stratégie du choc » Covid marche à plein.

Alors, je me dis que le quinquennat précédent qui a permis, en partie, l’avènement de tout ça, comptait une voix d’une dissonance souvent jubilatoire. Entendre Christiane Taubira moucher ce pauvre Ciotti … dont je me suis toujours demandée comment on pouvait voter pour lui … un plaisir. Macron s’en amusait aussi, alors, maintenant il braconne sur des idées « ciottistes brunisantes ».

Ainsi vont nos jours évidés.

Une stratégie en accordéon serré

Accordéon Banque D'Images Et Photos Libres De Droits - 123RF

Nous voilà revenus au point mars. On sentait assez dans les interstices des allocutions gouvernementales cette même ambiguïté : je la joue immunité collective ou pas ?

Un poker sur la santé sur fond de chantage économique.

Que privilégier ?

La situation hospitalière plus que tendue a eu raison de la procrastination. Ne pas croire qu’on a augmenté les lits en réanimation, ce sont des lits pris ailleurs. Souvenez-vous, les bed managers dont se glorifiait Agnès Buzyn.

Pour le reste, rien ne change. Ce sera l’économie first. Le social, démerdez-vous, mais travaillez, surtout chez vous, en attendant que l’Allemagne et les pays dits frugaux s’inquiètent suffisamment à leur tour pour envisager d’autres options économiques que l’offre, l’offre et la consommation à perte de vue, le fric balancé à l’aveugle, sans considérer véritablement la pauvreté qui gonfle et sans voir qu’on fait n’importe quoi écologiquement.

Pourquoi cette impression que rien ne bouge et n’est vraiment réfléchi parce que l’opportunité financière est devenue une affaire de seconde ici, de quelques jours là ?

Les librairies indépendantes ferment mais les services amazon et fnac restent ouverts.

L’argent toujours.

Cette deuxième séquence ouvrira-t-elle les yeux sur la faillite de ce modèle qui nous conduit, virus aidant (sic), à une absence de vie sociale ? de vie tout court ?

« Antoinette  » est un délicieux restaurant levalloisien à tous points de vue, qu’il s’agisse de la cuisine, de l’environnement ou du personnel. Depuis son ouverture en septembre, nous sommes nombreux dans l’entreprise à y avoir pris nos habitudes. Et c’est bien le souci : récent, l’estaminet n’a pas eu le temps de « draguer » l’autochtone levalloisien et ne peut pas se rabattre, comme son compère La Maiella, institution presque Balkanyque, tant l’ancien maire y faisait escale, sur la vente à emporter et survivre.

Même dilemme pour « The daily », un petit japonais en bas de chez moi.

Le télétravail en vidant les locaux professionnels les réduisent à quia.

Il n’est pas évident de construire un réseau à partir d’un service de livraison à domicile que l’on a pas et faire appel aux plateformes connues (Deliveroo ou Uber eats, par exemple) ne doit pas être gratuit (sic encore).

Alors de ma fenêtre, devenue lugubre avec le raccourcissement de la durée du jour, je songe à ces gens-là qui ont pris des risques que je n’aurais jamais osé prendre même en période plus faste.

Pour ne rien arranger, sur le front de la laïcité et de la religion, le bordel est total et meurtrier et, sous cet angle, le retour médiatique hexagonal de Manuel Valls n’a rien d’une bonne nouvelle. On devrait suggérer à Ada Colau de l’occuper sur Barcelone … mais à quoi ? Parce que, pour paraphraser Pagnol, ce n’est pas que cet homme n’est bon à rien, c’est qu’il est mauvais en tout. Et d’ailleurs, pourquoi lui faire toute cette place alors qu’il a quitté son mandat parlementaire sans état d’âme pour se rapprocher de ses « racines » catalanes ? Ceux qui n’ont vraiment honte de rien me sidèrent. Et lui, à mes yeux, est une sorte de cador dans le genre.

Selon AssuranceCastex  » le meilleur moyen de soulager l’hôpital c’est de ne pas tomber malade ». Mais qui l’a mis dans cet état de tension et de dépression cet hôpital avec sa T.2A misérablement comptable ? Le même. Comme quoi détruire ou échouer n’est pas un obstacle à la promotion.

Pour revenir à l’accordéon, nous sommes, sur le plan des libertés et de l’espérance, en période de compression sévère.

Je ne vois pas dans l’immédiat ce qui pourrait desserrer le nœud même si ce qui se passe au Chili ou en Bolivie m’allège l’humeur.

Ce corona qui nous dépasse

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Deux personnes (en « pause cigarette » est-il bizarrement précisé) blessées à l’arme blanche dans le 11e arrondissement de Paris, ce vendredi 25 septembre, dont une grièvement, lors d’une attaque qui s’est déroulée en fin de matinée près des anciens locaux de Charlie Hebdo.

Covid-19 : Marseille se révolte contre « l’affront » des nouvelles restrictions liées à l’épidémie. Dès samedi, bars et restaurants devront fermer. De même que tous les lieux accueillant du public et ne respectant pas un protocole sanitaire strict.

A Paris, les bars fermeront à 22 heures, les rassemblements de plus de 10 personnes seront interdits à partir de lundi. La carte de France vire au nuancier gris-rouge :

mais on assouplit le protocole sanitaire dans les écoles, au motif que les enfants seraient moins contagieux (Ah bon ?). Les étudiants s’entassent dans des amphis trop petits pour les accueillir et les travailleurs dans les transports en commun. Distanciation, mon amour.

Tout ce qui a pu se dire avec des trémolos dans les voix pendant le confinement – pour cause de pénurie de masques mais aussi, semble-t-il, de stocks stratégiques de médicaments à plat – est démonétisé. Nous ne sommes plus en guerre mais il faut « vivre avec le virus », urgence économique oblige.

Ces 8 semaines de quasi absence de vie sociale ont ouvert des boîtes de pandore qui n’ont pas fini déverser leur contenu. Et l’impression de flotter dans une atmosphère de mensonge – excusez- moi, d’affirmation à tort, de raccourcis ou d’imprécisions pour reprendre la novlangue de notre ministre de la défense – alliée au sentiment que la politique sanitaire est menée par un Gouvernement sans tête – après avoir encouragé le retour au travail dans les murs des entreprises, nos autorités ont fait marche arrière, ré-encourageant le télétravail, en particulier pour les personnes vulnérables. Mais elles ne sont pas revenues sur le décret du 29 août 2020 qui a drastiquement réduit le nombre des personnes jugées vulnérables face au Covid-19, lesquelles ont le droit au télétravail, et si ce n’est pas possible, au chômage partiel – ne fait rien pour remonter le moral.

Bref, je me demande ce qui va bien pouvoir « sauver » cette singulière année pour rester polie : un vaccin ? Le Sida qui, 40 ans après, attend toujours le sien, devrait nous inciter à plus modestement espérer un traitement. Mais à quel prix ? Le soin n’est plus un sujet et la santé est devenue un commerce extrêmement lucratif. La boulimie des labos pharmaceutiques n’étant plus un mystère, quelle instance osera les mettre au régime ?

Pour moi, le nez dans le guidon de la nouvelle édition d’un ouvrage consacré aux représentants du personnel, je me dis que j’ai peut-être aussi loupé un coche. Créer un chapitre sur la protection de la carrière professionnelle des représentants n’était pas totalement dénué d’intérêt mais peut-être aurais-je mieux fait d’en anticiper un sur la représentation des salariés au temps du télétravail … sans tirer exagérément de conclusions de ces derniers mois. Pour un intéressant instantané sur le sujet lire par exemple ici :

https://www.actuel-ce.fr/content/pour-70-des-elus-du-personnel-la-charge-de-travail-liee-aux-mandats-augmente-depuis-la-crise

Ainsi brinquebale ce vaste monde et je me demande (encore) si le grand Alexandre (Vialatte) n’aurait pas été obligé par la rédaction du journal « La Montagne » de faire le deuil de sa chute : « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ».

Encore 600 jours …ou à peu près

« Le meilleur gouvernement est celui où il y a le moins d’hommes inutiles. » Voltaire. Ou de femmes ajouterai-je.

Est-ce dans les pensées de Jean Castex dont on attend toujours la désignation du « reste » du Gouvernement à savoir quelques secrétaires d’Etat ? Ou bien les tractations sont-elles plus serrées que prévues ? La réponse est sans doute dans la deuxième question.

Curieux moment où le Président « réinventé » tourne en rond, où le Premier ministre se veut ferme mais se contredit en défendant un « plan de relance » où le soutien à la demande est occulté par son soutien au capital et à l’offre, son obsession restant la baisse du coût du travail et la « réforme » (pour ne pas dire poursuite de la casse) de notre modèle social …..

…..et où le covid (j’ai du mal à dire la covid) 19 se rappelle à nos mauvais souvenirs à la faveur des migrations estivales. La Nouvelle Aquitaine passablement épargnée jusque là se retrouve parmi les territoires vulnérables et des ministres non masqués expliquent aux préfets masqués comment ils vont devoir faire respecter le port du masque la semaine prochaine. Il est vrai que ce dernier se porte le plus souvent sous le menton ou sous le nez … et qu’un rappel à l’ordre ne serait pas inutile. La disparition des macabres statistiques quotidiennes engrenées par l’impavide directeur de la santé ont donné paradoxalement de l’air et une respiration dans notre quotidien. Mais le souffle reste court.

Pendant ce temps là on apprend par le journal Médiapart, via l’exploitation sonore d’écoutes judiciaires, les drôles d’activités de l’ancien patron du service du renseignement intérieur Bernard Squarcini dit « le Squale » : entre autres choses, la surveillance du journal Fakir et de son fondateur François Ruffin qui menace de perturber l’assemblée générale du groupe LVMH, l’accélération de la délivrance de passeports pour les voyages d’affaires de cadres du leader mondial du luxe, la surveillance des procédures judiciaires intéressant la multinationale etc…. Les échanges entre « le Squale » et ses interlocuteurs se font souvent sur le ton de la blague. « Nous on est des voyous mais on est des voyous peinards » dit l’un de ses « contacts ». L’homme est bonhomme et sûr à l’époque de son impunité.

Etat dans l’Etat, marigot où intérêts privés se mélangent avec basse police, la barbouzerie ne date pas d’hier mais dans ce monde en suspension où l’expression de la colère sociale n’est plus seulement entravée par le corps policier, où la distanciation physique est une contrainte mal acceptée, cette fluidité cynique que l’on retrouve aussi sur certains plateaux télévisuels passe mal. La nécessité de se laver régulièrement les mains n’empêche pas nausée.

Pour revenir à Jean Castex son utilité pour l’heure est de suivre la feuille de route inchangée de Jupiter sans lui faire d’ombre. Ramené sur les réseaux sociaux à un personnage sorti de vieilles actualités de la IIIe République, sans doute est-il plus toutefois plus madré que sa façon d’épeler ses discours donneraient à croire.

600 jours c’est à la fois long et bien court surtout quand la sphère politique, tous horizons confondus, paraît encore bien loin, elle, de se réinventer.

Opinel ou couteau suisse ?

Fabriqué au coeur des Alpes françaises depuis 1890, le couteau de poche Opinel puise dans ses racines montagnardes sa robustesse et sa simplicité. Au fil du temps, le couteau pliant Opinel a été adopté dans le monde entier, il est aujourd’hui reconnu comme une icône du design. Objet mythique, transmis de génération en génération, il reste populaire et indispensable pour le petit bricolage, le camping ou les piques-niques dans la nature. La collection Tradition décline le couteau de poche de 1890 en différentes tailles, couleurs et bois (sur le site : http://www.opinel.com).

Compacts, agiles, prêts à affronter toutes les situations. Notre gamme de couteaux suisses est née en 1897 et ne cesse de se développer. Au cœur de celle-ci, nos couteaux de poche : un outil de survie polyvalent pouvant faire face à toutes les situations et dont la lame coupante et précise constitue l’expression la plus élémentaire. Les plus sophistiqués ont révolutionné le voyage spatial et redémarré des moteurs. Des pionniers (sur le site : http://www.victorinox.com).

Jean Castex, notre nouveau Premier ministre, tient-il plus de l’opinel (robustesse et simplicité) ou du couteau suisse (polyvalent pouvant faire face à toutes les situations) ou des deux ?

Sans doute des deux. Selon le journal Le Monde « 

« Le risque d’un portrait de Jean Castex est de sombrer dans l’éloge panégyrique : le garçon attire les louanges. A droite, comme à gauche.

Président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel ne peut pourtant pas être taxé de groupie. « Je ne le connaissais pas avant qu’il ne s’occupe des JO 2024, raconte-t-il. Je suis totalement dithyrambique. C’est le mec réglo par excellence. Jamais de coup tordu. Il dit les choses et quand il dit oui, il s’engage à fond. Et en plus, il est très sympathique. Des comme lui, j’en ai rarement croisé dans ma carrière. »

Moi j’aime bien les couteaux Laguiole. Bien en main, moins rustiques que l’opinel, plus esthétiques que les couteaux suisses et déclinables et personnalisables en plus : Laguiole design, Laguiole de table, Laguiole confrérie, Laguiole oiseaux (élégant, charmant et atypique… : sur le site : https://www.couteau-laguiole.com) etc. Mais chers.

Difficile de savoir si Jean Castex aura aussi la portance de l’oiseau face à celui qui s’est cru Jupiter et n’est en fait qu’un pauvre Icare.

En 2017 les électeurs ont élu un laguiole oiseau. Du moins croyaient-ils en ses qualités. Peut-être est-il temps de revenir à un concret qui ne tranche pas systématiquement dans les mêmes poches. Un bon vieil Opinel en somme.

PS : j’apprends par Médiapart que Jean Castex est l’un des pères de la T2A. En plein Ségur de la Santé qui se passe mal cette nomination tient de la provocation. Mais Jupiter aime bien ça.