Ce blog n’est pas prémédité. Je ne planifie rien. Parfois les horizons me fatiguent, alors j’écris au plus près : sur des personnes qui m’ont marquée, sur du présent, du banal, et, quand ils me viennent, sur des imaginaires …qui n’en sont pas tout à fait, car on ne se défait jamais complètement de soi. Tout cela manque peut- être un peu d’unité, n’est pas d’airain. Cela zigzague, hésite, revient, repart. C’est comme ça. Le plus délicat est la distance car, si je ne rechigne pas à partager des émotions, l’intime reste une autre chose dont je n’ai pas envie de parler ici. Alors baladez-vous sur ce flou, si l’écriture vous en dit !
L’un des effets de la canicule, en plus d’un certain épuisement physique est d’assécher ce qui reste de cervelle. Pas l’ombre (sic) d’une idée ce jour, obsédée que je suis de garder un semblant de fraîcheur.
Pendant que Vulcain (anciennement Jupiter) prépare ses marteaux législatifs pour la rentrée, indifférent au contexte social et climatique comme un gamin de 2 ans aux injonctions parentales, il y a heureusement des belges pour nous rappeler, avec une sorte d’humour impavide, l’absurdité du monde…
ou se gausser non sans pertinence de nos petits habitus politiques
On a beaucoup glosé et rigolé sur les mots de Mélenchon « La République c’est moi ».
Mais ceux-là, plus insidieux (déroulés sur un tarmac avec en fond sonore un avion faisant tourner ses moteurs …on appréciera le virage écologiste), mériteraient un sort semblable
« Aucune voix ne doit manquer à la République » (on passera aussi sur l’adaptation opportuniste d’une formule de JL Mélenchon à l’issue du premier tour des élections présidentielles).
Que comprendre, sinon, ce qui se distille dans ces éléments de langage gouvernementaux – après les « errements extrémistes Bornés » – , à savoir qu’il y aurait au sein des candidats NUPES qualifiés pour le second tour des législatives et en lice contre Ensemble (voire contre le RN) des candidats fréquentables (PC, PS, EELV) et des horreurs (LFI) (le fameux « au cas par cas » sorti du chapeau après des « extrêmes » indistincts) ?
Tout ça après avoir dragué de manière éhontée l’électorat mélenchoniste au second tour des présidentielles pour se faire réélire.
La danse du ventre du second tour des présidentielles n’a pas pris chez moi ni dans mon entourage (pas plus qu’en 2017). Et je ne serais pas fâchée que le cynisme de cet homme soit justement récompensé par un franc dégagement. Mais les chances sont minces.
Et l’on s’étonne, face à ce pragmatisme sans âme (et sans doute aussi au fait que l’inversion du calendrier des élections a grandement participé à l’invisibilisation de l’importance des élections législatives), du niveau de l’abstention en particulier chez les jeunes.
Le vieux lion (j’en connais déjà un qui rigole) Mélenchon ne sera pas premier ministre mais on peut lui reconnaître d’avoir relancé une certaine dynamique à gauche. Que durera-t-elle ? Je ne sais. Les « je t’aime moi non plus Rousselliens » ne me disent rien qui vaille. Les coalitions comptent toujours des planches pourries. Et chez Ensemble, je me méfierais d’Horizons.
Bref, si Renaissance n’obtient pas sa majorité absolue, le prochain quinquennat risque d’être rock and roll à moins que Jupiter ne décide de dissoudre ce qui ne lui convient pas. Pari risqué.
En attendant ici, on crame
Dessin posté sur twitter par le reporter Loup Espagilière
Cet ami me dira sûrement que mes lignes poussent à se pendre avec un élastique ou sauter du balcon … mais bon.
On avait déjà le verbe « Merkeln », qui signifie être indécis ou ne pas avoir d’opinion sur quelque chose – un comportement que les Allemands attribuaient souvent à Angela Merkel. Nous voilà donc avec « macroner », guère plus flatteur.
Ce sentiment vaut ici pour cet entre deux tours aux allures renouvelées d’impasse.
Si en 2017 on pouvait donner du « crédit » (sic) au barrage républicain macroniste, on a, depuis, eu le temps de se rendre compte que Jupiter ne reconnait rien (notamment le barrage républicain en 2017), ne se sent redevable de rien.
« Après avoir méprisé les corps intermédiaires, les contre-pouvoirs et les oppositions tout au long du quinquennat, Emmanuel Macron assure aujourd’hui vouloir adopter une « nouvelle méthode ». « (Médiapart). Comment souscrire une seule seconde à cette supercherie ? Alors qu’il fait mine de tendre la main à Strasbourg, il envoie sa police à Paris contre des étudiants , des jeunes qui ne veulent pas de lui.
Oui, mais Marine, mais Mariiiine quand même !!!!
Oui, il y a péril. La potion est quand même imbuvable : un Président sortant, dont à peu près 75 % du corps électoral (si on s’en tient aux seuls votes exprimés) ne veut pas – et qui, soit dit en passant, a largement damé le boulevard qu’il a ouvert à son adversaire via les lois séparatisme ou sécurité globale – pourra continuer à pratiquer son travail de casse sociale.
Et c’est sans doute là le problème : un scrutin considéré comme essentiel mais qui s’avère particulièrement vicié dans un contexte d’abstention croissante. La désertion serait-elle moindre si le vote blanc, moyen d’exprimer son opposition à un choix réducteur, était reconnu ? Je me suis souvent posé la question.
Depuis 40 ans « le système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes, c’est dangereux » (Albert Jacquard).
Restent, pour ne pas désespérer, les élections législatives.
Pour moi, la catastrophe serait d’hériter d’une Assemblée Nationale aussi caricaturale que celle que nous avons eu ces 5 dernières années. Une parole soufflée du château, des débats verrouillés, dans des conditions temporelles inacceptables. Au final une chambre d’enregistrement aveugle et sourde comme jamais.
Je ne suis pas assez douée pour vérifier l’authenticité de cette vidéo où l’on entend des habitants de Shanghai confrontés à la pénurie de nourriture, crier sur leurs balcons leur mécontentement et leur désarroi. Mais elle signe, pour moi, l’impasse politique, économique, sanitaire et écologique où nous sommes. Tous.
PS pour sourire un peu. Je ne sais pas non plus qui a imprimé cela (j’imagine qu’il y a pas mal de pages blanches après) mais cela ressemble assez au programme de certains candidats recalés au premier tour de l’élection présidentielle dont on ne sait non plus si le parti survivra…
PPS : S’il avaient un peu de dignité professionnelle, les journalistes Léa Salamé et Gilles Bouleau devraient décliner d’animer (sic) ce débat où ils auront, au mieux, un rôle décoratif comme nous l’ont prouvé les joutes de ce genre depuis des lustres. Ce n’est pas aux politiques de choisir les journalistes qui les interrogent. Ou de définir qui est journaliste. Personnellement, je ne regarderai pas plus ce simulacre de débat que je n’ai regardé les précédents.
« Un président sans permis de conduire peut-il conduire le pays ? » demande Léa Salamé à Jean-Luc Mélenchon.
On se pince.
A quoi on pourrait répondre : une journaliste à la déontologie discutée peut-elle « conduire » une émission politique sur le service public ? Lire ici (allez à la conclusion c’est plus économique)
Tout cela est assez nul et dans le contexte actuel on aurait aimé plus sérieux. Mais voilà, pour le consistant il faut lire et voir ailleurs.
Mais revenons à nos moutons. Voter utile. La cartographie est telle que la maxime « au premier tour on choisit, au deuxième on élimine » ne semble pas pouvoir fonctionner cette fois ci …à moins d’un gros coefficient de masochisme.
Curieuse « campagne » en vérité où l’on passe plus de temps à s’écharper dans chaque camp à l’heure où la pandémie, les soubresauts climatiques, la guerre enfin devraient au minimum nous amener (candidats compris) à nous interroger sur notre choix sociétal à venir. Au risque de la ringardise « citationnelle » absolue, je me référerai à ce propos attribué à Geronimo : » Quand le dernier arbre aura été abattu, le dernier poisson pêché et la dernière rivière polluée ; quand respirer l’air sera écœurant, vous vous rendrez compte, trop tard, que la richesse n’est pas dans les comptes bancaires et que l’argent ne se mange pas ». Mais voilà, tandis que l’argent circule au-dessus de nos têtes, les idées se momifient sur des thématiques détestables.
Pour l’heure, Jupiter évite la confrontation, pioche plus ou moins dans les propositions des uns et des autres, son « en même temps » retrouvé : amusant notamment de le voir parler de planification écologique, lui qui a méticuleusement torpillé la convention citoyenne sur le climat qu’il avait contribué à mettre en place, consternant de le voir reprendre cette idée de subordonner le versement de RSA à 20 heures de travail hebdomadaire … soit l’équivalent d’un poste à temps partiel qui serait, dès lors, payé largement au-dessous du Smic alors que parallèlement on accorde des milliards sans contrepartie aux entreprises dans l’espoir de les voir investir …ce qui reste largement à vérifier. L’oiseau semble avoir pris conscience du signe « et de droite et de droite » et un rétropédalage style « ma pensée est plus complexe que cela » est en route. Mais un certain mal s’est déjà imprimé.
Jupiter, donc, évite les débats, les vrais, ceux où l’on se frotte et se confronte, mais les « affaires » le rattrapent, Mac Kinsey bien sûr ou plus exactement le recours dispendieux à des cabinets de conseil privé pour définir la politique hexagonale au motif, entre autres, que ces officines disposeraient d’une expertise et d’une réactivité dont l’administration française serait dépourvue (a-t-on audité la chose ? et qui 🙂 ?), recours qu’il justifie, non sans fébrilité, ou encore ce petit caillou-ci, peu relayé encore mais qui sait ce que les 10 jours qui nous attendent nous réservent :
« L’introuvable campagne » titre Médiapart. « Introuvable » est-il le bon adjectif ? Ou plutôt l’introuvable ne s’appliquerait-il pas plutôt à l’électeur ?
On se focalise sur les présidentielles (effet désastreux de l’inversion du calendrier des élections sous Jospin). On a tort. Pour moi, les législatives à suivre sont peut-être plus importantes. La dernière législature, en particulier à l’Assemblée nationale où l’on a vu un groupe de godillots voter tout et n’importe quoi dans des conditions de timing invraisemblables, a été lamentable, une caricature de représentation à l’exception de quelques députés -dont je garderai les noms pour moi- d’opposition, de gauche (pas seulement Insoumis) comme de droite ou centre droit et même, à l’occasion, certains égarés LREM.
Rempiler avec ça – des débats souvent médiocres réduits à l’os avec la complicité d’un arrogant perchoir ferrandien- serait désastreux. De quoi faire déserter plus encore le citoyen des urnes.
A Léa Salamé, Jean Luc Mélenchon a répondu que la France n’était pas une voiture. Ce n’est pas non plus une start-up, ni une entreprise pas plus que l’hôpital ou l’éducation. Cette conception privatiste et communicationnelle de ce qui devrait être des « Communs » est mortifère. La survenance du ou de la Covid, devant la(le)quel(le) nous nous sommes retrouvés complètement à poil, a suscité de brefs espoirs aujourd’hui oubliés. Ah ! ce beau « quoi qu’il en coûte »… en définitive pas mutualisé pour deux sous.
Au seuil du premier tour, le 10 avril qui écrira à l’instar de Louis le seizième « Aujourd’hui, rien » ?
PS : pour ceux qui ont accès à Courrier international, je conseille vivement la rubrique « sacrés français ».
« Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français, je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder ! Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie », puis un peu plus loin « « Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen », déclare le Président à un panel d’intervieweurs.euses sélectionné(e)s par le journal Le Parisien. En pleine discussion du projet de loi introduisant le pass vaccinal, la phrase a fait mouche : au Parlement, on s’insurge, on s’invective – « un président ne devrait pas dire ça » (ou pas comme ça)-, on « stratégise » derrière les rideaux pour ralentir les débats … et on y arrive.
En face, rien de très nouveau, la majorité rame pour justifier les sorties présidentielles, témoin cet aveu curieux d’Aurore Bergé : « Normalement cette interview d’Emmanuel Macron programmée aujourd’hui n’aurait pas dû sortir pendant le débat PassVaccinal puisqu’on aurait dû voter hier ».
Je peine à ne pas éclater de rire : il aurait été loisible au Président de demander au journal de retarder la publication de la chose ou de l’amender plus qu’il ne l’a fait (très à la marge si j’ai bien saisi), à écouter ici (si vous avez la patience) :
Le journal tempère sur RTL : « Dans notre panel, il y avait deux professionnelles de santé, une infirmière et une cadre qui travaille dans les Ehpad. Ces soignantes sont arrivées à l’Élysée exsangues, épuisées par deux ans de crise. Cette fatigue, elles l’ont exprimée devant le Président de la République et elles lui ont fait part de leur impatience vis-à-vis de ceux qui refusent de se faire vacciner ». C’est à ce moment là qu’Emmanuel Macron aurait eu cette phrase sur « emmerder les non-vaccinés ».
Il n’y aurait donc pas de quoi fouetter un chat, c’était une réaction cash et spontanée face à des personnes exténuées. Une journaliste de l’émission C à vous, voir la vidéo citée plus haut à partir de 15’05, s’est cependant intéressée aux 7 intervieweurs.euses du Président. Il en ressort que les intéressé.e.s avaient de nombreux intérêts communs, en particulier autour d’Emmanuel Macron, que l’une d’entre iels avait travaillé pour un homme politique ayant soutenu Emmanuel Macron et qu’un des « intervieweurs » d’un jour était lui dans un environnement familial très « pro-macron »…
Cela suffit-il à disqualifier l’exercice présidentiel ? Sans doute pas, mais il confirme, s’il en était encore besoin, que l’on finit toujours par tomber du côté où l’on penche et notre Jupiter ne nous a guère épargnés sur ce point depuis le début de son mandat. Après « les gens qui ne sont rien » et son semblant de mea culpa ; les « Gaulois réfractaires » et son semblant de mea culpa ; le « pognon de dingue » et son semblant de mea culpa ; le « je traverse la rue » … et les déclarations larmoyantes sur son « j’ai appris à aimer les français » (il faudra lui dire un jour qu’il est vraiment piètre acteur), nous le revoilà tout fringant dans la provocation.
A- t – il véritablement pris un risque ? Aucunement, la plupart de ceux qui s’insurgent n’aurait pas voté pour lui … Mais qui aime bien châtie bien et puis .. une petite brutalité de temps à autre distrait … de bien des choses.
A vrai dire, la petite sortie sur la citoyenneté me chiffonne davantage. Et je suis d’accord (moins avec le reste) avec le journaliste Patrick Cohen pour dire qu’en l’occurrence Jupiter semble confondre (à dessein ?) citoyenneté et civisme, la première englobant certes le second mais se traduisant aussi par certaines prérogatives, dont … le droit de vote. Pour ceux que cela intéresse, un petit instantané de la citoyenneté aujourd’hui : https://www.franceculture.fr/emissions/hashtag/quest-ce-quetre-citoyen-aujourdhui
S’acheminerait-on sous couvert de cette petite phrase vers l’institution d’une forme de crédit social à la chinoise par le biais du pass vaccinal ? Je pose ça là sans jugement.
En attendant, je suis plus que dubitative, et je ne suis pas la seule, sur les mesures prises pour enrayer la pandémie et sur la hausse exponentielle des contaminations.
Sur le premier point je suis assez raccord avec le point de vue exprimé ici :
Sur le second, observant, outre la réduction de leur durée de validité, que les tests, devenus payants pour les personnes majeures non vaccinées et sans ordonnance, représentent un sacré budget – 44 € minimum pour un test PCR, 22 € pour un test antigénique et 12,90 € pour un auto test -, à quoi s’ajoute le fait que le « vaccin » n’évite pas d’être contaminé ou contaminant, je me demande, dans le contexte d’une population cible majoritairement vaccinée, si le sombrero dont on coiffe les non-vaccinés n’est pas un peu grand (pour ceux qui se demanderaient : je suis vaccinée 3 doses). Par ailleurs, la pénurie de tests à court terme n’ayant rien d’une hypothèse d’école, quel nouveau discours va-t-on nous sortir du chapeau ?
Certaines déclarations du ministre de la santé lors de la discussion parlementaire ne sont pas sans inquiéter, sachant que, jusqu’ici, ce Gouvernement en matière sanitaire s’est souvent déjugé.
Ainsi, « nous n’envisageons évidemment pas d’empêcher l’accès aux soins des personnes non-vaccinées, même si de plus de Français s’interrogent sur ce que la collectivité doit consentir au bénéfice de celles et ceux qui refusent le vaccin » a déclaré Olivier Véran, oubliant au passage la destruction méthodique de l’hôpital public initiée via l’introduction de la T2A, chère à son patron J. Castex, responsable autant sinon plus que le virus du burnout soignant actuel et de l’absence suffisante de lits et de personnel.
Le tri des patients étant enclenché dans certains centres hospitaliers, cette étrange tribune d’un pourtant défenseur de l’hôpital public, lui donnera-t-elle des gages ?
Fallait-il lancer ce débat et, si oui, en ces termes ?
Qui emmerde qui ? s’interrogeait G. Attal. Il y aurait, en matière d’échanges de balles, de quoi remonter aux origines du tournoi de Roland Garros.
Je n’ai jamais été subjuguée (c’est peu de le dire) par les qualités humaines de notre Président mais force est de lui reconnaître ce talent particulier de brouiller l’écoute (tant qu’à être vulgaire …les amateurs de contrepèterie comprendront).
Cette chronique sur Blast se termine par la chanson « Le tourbillon de la vie ». Ce n’est pas celle qui m’est venue en premier, quoiqu’elle soit pertinente. Moi, j’ai pensé à cette chanson là, interprétée par Alain Delon et Dalida dont j’ai extrait les paroles ci-dessous.
Une parole encore Paroles et paroles et paroles Écoute-moi Paroles et paroles et paroles Je t’en prie Paroles et paroles et paroles Je te jure Paroles et paroles et paroles et paroles et paroles Et encore des paroles que tu sèmes au vent.
Nous voilà bien lamentablement dans les paroles : une prestation de notre Jupiter, que je n’ai pas regardée, mais qui m’a semblé surjouée, pour ce que j’ai pu voir sur cette vidéo, un candidat communiste sans aucune chance qui lamine une militante historique, une « primaire populaire » bien bavarde pour le coup et qui se sent pousser de drôles d’ailes et dont le site fait état de soutiens qui me sont sympathiques, dont Denis Robert créateur de Blast en particulier,
Je m’en étonne et on me répond qu’il s’agit d’une vieille liste de soutiens et que, de toutes façons, il n’y a aucun contrôle sérieux des inscriptions. En gros, pour rire et gâcher les fêtes de fin d’année du candidat de l’Union populaire, j’aurais pu, si j’étais plus alerte informatiquement, m’inscrire sur le site de cette primaire populaire, sous le nom de Marilyn Mélenchon (c’est le nom de sa fille).
Les propositions de la primaire populaire sont ici :
Les solutions presque providentielles sorties d’on ne sait quel chapeau ne me disent rien. Sur Twitter on s’interroge sur une candidature Taubira salvatrice face au naufrage Hidalgo. Christiane ira-t-elle ? Je n’y crois toujours pas (même si elle « envisage la chose pourtant). Sa combativité a déjà souffert par le passé de la guerre présidentialo-égotiste.
Confronté à cette pataugeoire que choisir ? Assistera – t on à un record d’abstention et/ou de vote blanc ? Je ne suis pas constitutionnaliste mais quelle serait la légitimité d’un Président élu sur les résultats d’un scrutin à participation citoyenne dérisoire. La constitution dit simplement « Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés ». Pas de quorum minimal, donc. Mais le fait est là : même élu sur un tout petit socle de convaincus, sans véritable contre-pouvoir parlementaire, le Président fait à peu près ce qu’il veut. Ce quinquennat en aura sans doute été la plus belle illustration.
En sortir et se sentir redevenir citoyen : une résolution pour l’an qui vient ?
Il y a des jours l’écriture devient difficile. Et je ne me sens pas chroniqueuse agréée. Alors, dans ce petit inventaire très subjectif de ces dernières semaines, nous avons :
1/ 27 vies englouties au large de Calais et des tentes qu’on lacère. Sur tout le littoral, de nombreuses associations et habitants viennent en aide aux migrants. Mais la politique migratoire ne change pas : lutte contre les points de fixation et « militarisation » de la frontière. Malgré des conditions de vie indignes et les risques encourus, les candidats à la traversée s’entêtent. La réunion des ministres de l’Intérieur européens à Calais s’est achevée sur un objectif : renforcer la lutte contre les réseaux de passeurs. L’amélioration des conditions de vie pour les exilés n’a pas été abordée. Tout va bien …
2/ Un Président qui renoue le contact avec un dirigeant, Mohammed Ben Salmane pour ne pas le nommer, qui porte une lourde responsabilité dans l’un des meurtres les plus cruels de la période récente – et l’un des mieux documentés. La realpolitik l’a emporté ; la logique stratégique et économique aussi.
3/ Un nouveau variant nommé Omicron qui arrive, si j’ose écrire, à pic pour justifier de nouvelles restrictions qui ne sauraient tarder. Alors que son émergence plaide pour une levée des droits de propriété intellectuelle et le transfert de technologies sur les vaccins, traitements et tests anti-Covid, la logique financière risque fort, là encore, de l’emporter. A entendre les déclarations de certains producteurs de vaccin à Arn messager nous voila partis pour la mise en chantier de produits sur mesure dont les pays riches seront les premiers bénéficiaires. De quoi provoquer la juste colère des chercheurs sud africains qui ont joué franc jeu.
4/ Une primaire à droite qui voit émerger (les résultats ne sont pas définitifs à l’heure où j’écris mais la chose est tout de même préoccupante) un candidat proposant, entre autres choses sympathiques, la création d’un « Guantanamo à la française » afin d’enfermer « les cas extrêmement graves » qui nécessitent, selon lui, « des mesures d’exception avec un centre de rétention dédié » et d’un permis à points pour les migrants. Alors que, selon ce sondage (il est vrai qu’ils varient tant qu’est bien fol qui s’y fie, mais bon c’est juste pour illustrer ….), l’immigration ne semble pas constituer un thème prioritaire nous allons nous en manger pendant des mois et des mois jusqu’à la nausée (si ce n’est pas déjà le cas).
La raison ? Ne pas se laisser distancer sur la thématique par un candidat, pitoyable mais lancinant sur certaines chaines d’infos, dont l’entrée en campagne s’est avérée pour le moins ratée.
5/ Un ministre des outre mer qu’on a bien fait de nommer à ce poste pour calmer les Guadeloupéens (encore que je pense qu’il serait tout aussi odieux dans l’exercice de quelque mandat que ce soit). « Le ramenard et la manière » titre le Canard enchaîné dans le portrait qu’il tire de lui. Ramenard oui, mais la manière … jugez vous mêmes.
Le traître et le néant. C’est le dernier opus de la doublette Gérard Davet-Fabrice Lhomme. Après « Sarko m’a tuer » sur les années d’icelui et « Un président ne devrait pas dire ça », sur le quinquennat Hollandais, nous voilà donc au bilan macronien. Je n’ai pas lu le premier ouvrage, ai profité d’une version aimablement mise en ligne pour le second et ne suis pas sûre d’avoir envie de lire celui-là. A tout prendre, les chroniques de Patrick Rambaud étaient plus amusantes mais ni François ni Emmanuel ne l’inspirèrent autant que Nicolas.
Le quinquennat comme rente littéraire. C’est un peu l’effet que me font ces retrouvailles DavetLhomiennes. Deux livres de Marc Endeweld « L’Ambigu monsieur Macron » puis « Le grand manipulateur » avaient déjà largement suggéré le traitre …restait le néant.
Pourquoi le néant ? En quatre ans de mandat, l’homme a pulvérisé façon puzzle le paysage gauche-droite habituel, instrumentalisé comme nul autre un Parlement à sa dévotion, cisaillé un tissu social qui lui résiste encore un peu … entre autres réalisations (sic). Voilà qui n’est pas rien.
A moins qu’il ne s’agisse d’autre chose : le constat que l’exercice si vertical du pouvoir par Emmanuel Macron n’a pas permis de constituer un parti derrière lui. Et la martingale de 2017 semble éculée. Ce qui fait dire à François Hollande, qui s’autorise au passage un petit tacle : « Il y a un mécontentement sourd qui est là ; mais comme il n’y a pas de débouché politique… on est dans le néant.«
Pour l’heure, s’agit-il vraiment de néant ou de hors-sol ?
Cette sortie lunaire de notre Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances de France, Agnès Pannier Runacher donne une idée de l’aréopage aux manettes
A croire que les accidentés du travail se sont laissés distraire par la magie de l’atelier ou se demander ce qu’ils et elles fument.
Dans la même veine, cette autre trouvaille. La santé et l’hôpital sont en lambeaux, les sages femmes dans la rue pour réclamer des effectifs supplémentaires, un vrai statut médical à l’hôpital, une revalorisation de leur salaire et de meilleures conditions de travail. Mais on offre une bébé box aux jeunes mères dont le séjour à la maternité s’écourte (2 jours et demi pour ma nièce qui a accouché de son troisième enfant en août dernier). Comme si ceci, une boîte, pouvait compenser cela, un accompagnement humain.
Le gadget comme politique sociale.
On peut s’en amuser ironiquement comme cette chroniqueuse sur France inter …
…ou s’en inquiéter franchement devant la pléthore de candidats aux présidentielles de l’an prochain, la plupart englués dans des problématiques « séparatistes » (islamo – gauchisme fantasmé, wokisme supposé et autre cancel culture) ayant peu à voir avec le quotidien très précarisé d’un français sur cinq, selon une étude de l’Insee.
Rien de bien réjouissant.
Envolés des Unes les pandoras papers, relégué à une certaine presse le rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Eglise, presque évaporée la geste bennallesque tandis qu’ une laïcité à vif s’épanche sur fond d’hommage à Samuel Paty et que se profile le soixantième anniversaire d’un 17 octobre sanglant, largement documenté aujourd’hui et rappelé aux consciences lors du procès intenté à un ancien préfet de la Gironde nommé Papon. Mais il y a loin de la connaissance à la reconnaissance.
Certains misent l’avenir sur mars quand il serait peut-être plus sensé de s’occuper de cette planète – ci.
Justement, notre Jupiter – initiateur d’une convention citoyenne sur le climat, dont la plupart des propositions sont restées lettre morte – y vient en fin de mandat.
Passons sur le marronnier introductif : « les Français travaillent moins, en moyenne, que les autres« , nous aurions » une quantité de travail allouée qui n’est pas au bon niveau, à la fois dans le cycle de vie et en horaires cumulés ».
Selon les fact-checkeurs du journal Le Monde, l’indicateur de l’OCDE sur lequel s’appuie le Gouvernement ( nombre moyen d’heures annuelles travaillées par pays) « mélange les emplois à temps plein et les emplois à temps partiel. Ces derniers font mécaniquement baisser la moyenne, particulièrement en Allemagne, où ils sont répandus, notamment chez les femmes : le pays se retrouve dernier de ce classement ». Impossible, donc, d’effectuer, comme le suggère Gabriel Attal, des calculs sur la base de « journées de travail de sept heures » . »La prise en compte des saisonniers, très nombreux dans les pays touristiques comme la France, contribue de la même manière à faire chuter la moyenne du temps de travail annuel. Enfin, ces comparaisons tiennent compte du nombre de jours non travaillés (congés payés et jours fériés), qui diffèrent d’un pays à l’autre. Avec 35 jours « off », les travailleurs en France sont parmi ceux qui en ont le plus, ce qui tire la moyenne horaire annuelle vers le bas ».
« Et puis c’est oublier que la productivité de la main-d’œuvre par personne occupée et heure travaillée, qui élimine les différences entre plein-temps et temps partiel, sont plutôt à l’avantage de la France (magie des ateliers ?). Selon les données de l’Union européenne, le pays se situe au septième rang pour l’année 2019, et même au cinquième pour 2020. Si l’Irlande est loin devant, la France fait mieux que l’Allemagne (étalon de référence) dans ce domaine ».
Bref, il y aurait de quoi discuter sur les « quantités de travail allouées qui ne sont pas au bon niveau ».
« Il nous faut avoir un pays qui produise davantage » ajoute le Président . Mais quoi et avec quoi ?
«Un plan d’investissement massif (30 milliards) pour faire émerger les futurs champions technologiques de demain et accompagner les transitions de nos secteurs d’excellence, automobile, aéronautique ou encore espace » précise-t-il – annonce qui ne l’engage pas à ce stade même s’il prévoit d’affecter un budget de 4 milliard pour amorcer la pompe- qui s’appuie notamment sur des « réacteurs nucléaires de petite taille innovants avec un meilleur gestion des déchets, l’hydrogène vert et l’exploration des fonds marins ».
Les premiers seraient « le nouveau mirage du nucléaire pour faire oublier le fiasco industriel et économique de l’EPR partout dans le monde. En France, l’EPR de Flamanville a déjà englouti plus de 19 milliards d’euros au lieu des 3 milliards prévus et accumule plus de 10 ans de retard. Or ces “petits” réacteurs ne sont même pas prêts : leur technologie n’est pas aboutie et ne le sera pas à un niveau industriel avant au mieux 2035 selon EDF. Beaucoup trop tard pour répondre à l’urgence climatique. Par ailleurs, ils n’offrent pas de réelles solutions face à la question majeure des déchets radioactifs” selon Nicolas Nace, chargé de campagne transition énergétique à Greenpeace France.
La deuxième technologie serait fortement consommatrice d’énergie. Quant aux fonds marins si la gestion de leurs richesses est à l’aune de celle de la pêche, il y a du souci à se faire.
Et puis d’autres imaginent plus loin.
« Nous manquons d’une stratégie à l’horizon 2050 » et « je veux avec vous la bâtir » assure Édouard Philippe en lançant son parti « Horizons ». « Nous croyons que cette ambition passe par l’instauration d’une politique efficace de décarbonation de notre économie, la préservation de la biodiversité et un investissement accru dans l’excellence des filières énergétiques et agricoles françaises », a-t-il expliqué.
A croire que sa loyauté ministérielle l’a empêché d’initier … ces initiatives ou que le repos (sic) havrais lui a ouvert les écoutilles.
Mais au fait, il me semble que nous nous étions dotés d’un haut commissaire au plan. Que devient-il ?
L’oracle s’est exprimé ce 12 juillet. Plutôt que de proclamer la vaccination anti-covid obligatoire pour tout le monde (ce aurait eu le mérite de la clarté), Jupiter, qui avait assuré en décembre dernier qu’il n’entendait pas s’y résoudre et en avril que le pass sanitaire ne saurait être un instrument de différenciation, a opté pour une solution « hybride » : vaccination obligatoire pour les soignants et les personnes au contact de gens vulnérables, pression sur les non-vaccinés via le pass sanitaire en rendant sa présentation obligatoire pour accéder à certains lieux. Effet delta.
« J’ai confiance en vous », a affirmé le Président lundi soir. Mais la réciproque n’est plus vraie depuis fort longtemps, comme le rappelait à l’automne dernier l’ancien directeur général de la santé William Dab : « Toutes les mesures qui ont été prises dernièrement concernent des restrictions de liberté, sont faites pour tirer les oreilles des gens. Ce sont des sanctions de la faillite de la prévention sur le terrain », soulignait-t-il, rappelant que « lorsqu’on gère un risque sanitaire, on gère toujours l’incertitude » et qu’il est donc nécessaire de « gagner la confiance de la population ». Mensonges à propos des masques, stratégie de tests à la remorque, débuts passablement bordéliques de la vaccination (je ne sais pour d’autres territoires, mais en Île de France, certaines personnes n’arrivaient pas à décrocher de rendez-vous près de chez elles pour se faire vacciner quand certains centres de vaccination faisaient de la retape pour ne pas avoir à jeter des doses inutilisées, sans compter l’approvisionnement, misérable à ses débuts, des médecins libéraux) et soupçons, légitimés par son retrait temporaire, autour du vaccin Astra Zeneca ont contribué à installer dans la population, un attentisme au mieux, une solide défiance au pire. Je m’en tiens là qu’aux « ratés » les plus visibles.
Le calendrier des opérations annoncé semble avoir été fixé selon les normes usuelles depuis l’irruption du Covid : par le Président seul sans concertation ni débat. Serré, très serré le calendrier : le pass sanitaire, qui aurait dû, en principe, rester cantonné à quelques cas limités, devrait être finalement étendu dès le 21 juillet, pour les plus de 12 ans (mais il semble que des assouplissements soient envisagés, vacances déjà organisées obligent, voir plus bas), aux « lieux de loisirs et de culture » rassemblant plus de 50 personnes, puis début août, après promulgation d’un texte de loi, aux cafés et restaurants, et aux centres commerciaux, tout comme aux cars, trains et avions pour les longs trajets.
« Seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient clients, usagers ou salariés », a détaillé Emmanuel Macron. Panique chez les employeurs : s’il était attendu que les soignants soient soumis à une obligation vaccinale, nul n’avait vraiment envisagé, même après l’entrevue entre les syndicats et le président vendredi 9 juillet, que les salariés des secteurs recevant du public seraient eux aussi soumis à une très forte contrainte. Un avant-projet de loi circule déjà, voir ici:
qui suscite moult questions techniques, que je vous épargnerai, de la part des professionnels du droit social mais le petit article qui suit soulève une judicieuse question (à propos de l’obligation pesant sur les personnels soignant et pompiers d’être vaccinés au 15 septembre ) :
» Le Conseil constitutionnel a validé le passage de 5 à 11 vaccins obligatoires pour les enfants en considérant qu’il est loisible au législateur de définir une politique de vaccination afin de protéger la santé individuelle et collective (20 mars 2015). La loi en préparation sur l’obligation vaccinale des personnels médicaux devrait en conséquence passer le contrôle du conseil constitutionnel sans dommage. La seule incertitude concerne le fait que tous les vaccins anti-Covid disponibles bénéficient d’une autorisation d’utilisation conditionnelle, s’agissant d’une AMM provisoire. Cela interroge sur une obligation vaccinale au moyen de produits dont la mise sur le marché n’est pas pérenne »
Quelles réactions du côté des soignants ? On notera que certains se félicitent de la décision prise, sans se leurrer pour autant. Ainsi en-est-il du professeur Grimaldi, diabétologue aux hôpitaux de Paris, animateur d’une liste de discussion rassemblant de très nombreux médecins :
« Le président paraissait petit et faible depuis le début de la crise, là il reprend la main tout en servant sa propre politique. D’un côté, il s’appuie sur les valeurs collectives de la vaccination, du service public, de l’intérêt général, de l’autre il relance des réformes libérales. En somme, il se sert de la vaccination majoritairement acceptée par la population pour faire passer une politique économique minoritaire… ».
Et du côté du ministère de la santé ? Le respect des échéances présidentielles a donné lieu à des annonces surprenantes ….
Alors que cela fait des mois que l’on nous dit que l’immunité n’est pas atteinte avant 2 semaines.
Mais alors pour les lieux de culture et de loisirs rassemblant plus de 50 personnes c’est 21 juillet ou fin août ?
Les vacances sont sauvées.
Et pourquoi les policiers et gendarmes ne sont-ils pas tenus de se vacciner au même titre que les pompiers ? Pour ce que l’on a pu voir ces derniers mois, voire années, il sont au contact, non (petite remarque en passant : contrairement à d’autres ils conservaient aussi leur régime de retraite dans la réforme « suspendue ») ? No comment.
Allez vous y retrouver.
Comme le remarque ce twittos :
Cette absence de dialogue donne parfois des résultats singuliers : des vaccinés possiblement contrôlés par des policiers ou gendarmes qui ne le seront pas, des vaccinés qui, au nom des libertés individuelles, se refusent à se soumettre à l’obligation de justifier de leur vaccination au moyen du pass, des non-vaccinés qui jurent de boycotter des endroits où ils ne seront, en principe, pas admis.
L’État défaillant se défausse sur la société.
Sa stratégie intrigue chez nos voisins.
«Je ne pense pas qu’on puisse gagner la confiance en changeant ce que nous avons dit, c’est-à-dire pas de vaccination obligatoire», a taclé la chancelière allemande lors d’une conférence de presse à l’institut de veille sanitaire Robert Koch. Selon elle, pour convaincre les récalcitrants à la vaccination, il convient de «discuter tous ensemble, en famille, au travail, dans le club de football, partout où les êtres se connaissent et se font confiance».
Je ne doute pas que certains réticents resteront sur leurs positions. Je me demande toujours où en sont les recherches relatives à un traitement, tout le monde ne pouvant pas se faire vacciner. On a récemment ressorti l’ivermectine du placard.
En attendant, certains se lanceraient déjà dans la vente ou l’échange de QR codes libérateurs. De quoi alimenter le numéro spécial du Canard enchaîné sur les escrocs.
De l’humour Beauvesque
Mis en cause dans l’interpellation d’Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise, trois gendarmes ont, selon les informations de Médiapart, été décorés, en 2019 (donc sous Castaner), pour cette arrestation, au cours de laquelle le jeune homme de 24 ans est décédé le 19 juillet 2016. Quand on connaît le caractère relativement explosif de l’affaire … cela s’imposait.
Je suppose, par ailleurs, que la promotion au 14 juillet du Préfet Lallement au grade de commandeur de l’ordre de la légion d’honneur doit quelque chose à Gérald Darmanin (où il se vérifie que l’honneur de cette légion se discute, pour le moins).
L’accusé est cuit quand l’avocat n’est pas cru (P. Dac)
C’est peut-être ce que devrait méditer E. Dupont-Moretti qui vient d’être mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » après plusieurs heures d’interrogatoire dans les locaux de la Cour de Justice de la République. Il lui est concrètement reproché d’avoir utilisé les moyens administratifs de son ministère et ses attributions disciplinaires, sitôt arrivé Place Vendôme l’été dernier, dans le seul but de régler des comptes avec des magistrats anticorruption avec lesquels il a été en conflit ouvert quand il était encore avocat. J’avoue que sa nomination en tant que Gardes des Sceaux m’a toujours laissée perplexe et encore plus le fait qu’il l’accepte … mais peut-être ceci expliquerait cela.
Je n’ai pas trop suivi cette histoire de crop-top : pour faire court, un t shirt moulant qui s’arrête au-dessus du nombril voire parfois juste en dessous de la poitrine. L’objet n’est pas récent mais il est au centre de l’une de ces disputes dont nous, français, avons le secret.
Petites illustrations ici :
Selon le journal Le Midi Libre (2/07/2021) : ce sont les footballeurs américains qui, les premiers, auraientdécidé de couper leur tenue pour un meilleur confort lors de fortes chaleurs. Une certaine marque aurait ensuite créé des vêtements pour le grand public mais cette mode aurait peu à peu disparu, le « crop top » étant de plus en plus interdit dans les lieux publics. Dans les années 90, des stars comme Madonna ou les Spice Girls ont relancé la tendance mais ce n’est que récemment que le vêtement est redevenu populaire. Au point de séduire de nombreuses jeunes filles partout en France qui arborent le « crop top » à l’école. Interrogé sur le sujet en septembre dernier, Jean-Michel Blanquer avait milité pour une « tenue républicaine ».
Personnellement, je ne sais pas ce qu’est une tenue « républicaine ». De mon temps, au siècle dernier (c’est dire), la solution était simple : on devait porter un tablier, parfois d’un certain modèle, mais pas toujours, en particulier dans les petites classes (je m’étonne d’ailleurs que le ferme et « progressiste » Jean-Michel Blanquer, ébranlé, semble-t-il, par tant d’indécence, n’ait pas déjà rétabli cette solution simple. Une irruption de pudeur démocratique ?). La « contrainte du tablier » ne m’a jamais semblé si terrible puisqu’elle ne s’exerçait, et encore pas si sévèrement, qu’entre les murs de l’école ou du lycée.
Aux beaux jours, il n’était pas rare de voir des femmes porter un simple haut de maillot de bain en public (avec un jean, une robe ou un short) …sans parler de cet exemple paléo crop-top.
Au fond l’objet n’a aucune importance et l’on a raison d’ ironiser sur le fait qu’il n’y a pas si longtemps, faisait polémique un vêtement, « trop couvrant » pour le coup, le burkini pour ne pas le nommer.
On aurait donc pu laisser la mode croptopienne s’évanouir d’elle-même. Finalement, il n’ y a peut-être pas plus conformiste que de la suivre. Mais voilà, au détour d’un entretien accordé au magazine Elle, le Président de la République a jugé opportun de critiquer ledit crop-top et de livrer dans la foulée sa conception du féminisme. Epidémiologiste à ses heures et sociologue avec ça : quel homme !!
Et rebelote sur une polémique rampante – que je n’ai pas trop suivie non plus : intersectionnalité contre un certain « universalisme » auquel j’aurais tendance à trouver, maintenant que j’en sais un tout petit peu plus (merci Macron), des aspects assez puritains et autoritaires. Ce qui me fait penser au critique James de Coquet qui disait, je crois, « chez nous, on peut donner n’importe quel prénom aux fils aînés, à condition que ce soit James ». Les filles peuvent bien s’habiller comme elles veulent …à condition, donc.
Intersectionnalité : pauvre juriste, le concept m’était passé haut. Madame Wikipedia m’éclaire : il s’agit d’une notion employée en sociologie et en réflexion politique, désignant la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de stratification, domination ou de discrimination dans une société. Pour une approche plus savante on peut aller là :
A voir notre quotidien, je ne vois pas ce qui choque dans l’affaire intersectionnelle. Ma perplexité est ailleurs. Quel intérêt de se focaliser sur un engouement, qui a toutes les chances d’être éphémère, de la part d’un Président désireux de ramener vers lui des jeunes qui semblent largement indifférents à sa personne (si on en croit les dernières élections, centrées mainstream sur des sujets qui ne concernaient pas les compétences des collectivités locales en cause, et largement désertées par les 18-25 ans) ? Quel intérêt dans le contexte de crise climato-économique et sociale aggravé par la Covid où nous sommes plongés (pour longtemps encore je crois) ?
Sur Médiapart, un lecteur belge s’énerve : »Macron finira par parler de la distance entre le genou et le nombril des femmes au nom du féminisme, de l’humanisme et Médiapart en fera un article et Macron fera parler de lui. Si vous arrêtiez de parler de sujet de mode pour en fabriquer de la politique, de la philo à deux balles, cela obligerait peut être Macron à chercher des solutions à vos problèmes ».
Je ne suis pas loin de penser comme lui. Les 3 derniers quinquennats (Sarkozy, Hollande, Macron) ont fait verser la fonction présidentielle dans une sorte de peopolisation décérébrante. On imagine mal une question semblable (j’entends sur un mouvement de mode) posée, disons, pour rester en Europe, à Angela Merkel ou Mario Draghi (si cela a été le cas, je suis preneuse).
Pendant ce temps, la Colombie britannique étouffe, le village de Lytton a quasiment disparu, un œil de feu, causé par une fuite de gaz sur un pipeline sous-marin, s’est formé dans le golfe du Mexique et le fonctionnement de la centrale nucléaire de Taishan inquiète (pour rester sobre).
Couvrez ce sein que je ne saurais voir
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
Molière : Tartuffe (1664)
La maison brûle comme disait le grand Jacques, écologiste occasionnel, et nous en sommes encore là : parler chiffon et nombril.
La politique de diversion a ses limites. Espérons que 2022 en soit une. Pas brune cela va de soi.