Primaires, primaires, primaires (sur l’air de Paroles, paroles, paroles)

Cette chronique sur Blast se termine par la chanson « Le tourbillon de la vie ». Ce n’est pas celle qui m’est venue en premier, quoiqu’elle soit pertinente. Moi, j’ai pensé à cette chanson là, interprétée par Alain Delon et Dalida dont j’ai extrait les paroles ci-dessous.

Une parole encore
Paroles et paroles et paroles
Écoute-moi
Paroles et paroles et paroles
Je t’en prie
Paroles et paroles et paroles
Je te jure
Paroles et paroles et paroles et paroles et paroles
Et encore des paroles que tu sèmes au vent.

Nous voilà bien lamentablement dans les paroles : une prestation de notre Jupiter, que je n’ai pas regardée, mais qui m’a semblé surjouée, pour ce que j’ai pu voir sur cette vidéo, un candidat communiste sans aucune chance qui lamine une militante historique, une « primaire populaire » bien bavarde pour le coup et qui se sent pousser de drôles d’ailes et dont le site fait état de soutiens qui me sont sympathiques, dont Denis Robert créateur de Blast en particulier,

Je m’en étonne et on me répond qu’il s’agit d’une vieille liste de soutiens et que, de toutes façons, il n’y a aucun contrôle sérieux des inscriptions. En gros, pour rire et gâcher les fêtes de fin d’année du candidat de l’Union populaire, j’aurais pu, si j’étais plus alerte informatiquement, m’inscrire sur le site de cette primaire populaire, sous le nom de Marilyn Mélenchon (c’est le nom de sa fille).

Les propositions de la primaire populaire sont ici :

https://www.pactedupouvoirdevivre.fr/publications/90-propositions-pour-le-pouvoi

Les solutions presque providentielles sorties d’on ne sait quel chapeau ne me disent rien. Sur Twitter on s’interroge sur une candidature Taubira salvatrice face au naufrage Hidalgo. Christiane ira-t-elle ? Je n’y crois toujours pas (même si elle « envisage la chose pourtant). Sa combativité a déjà souffert par le passé de la guerre présidentialo-égotiste.

Confronté à cette pataugeoire que choisir ? Assistera – t on à un record d’abstention et/ou de vote blanc ? Je ne suis pas constitutionnaliste mais quelle serait la légitimité d’un Président élu sur les résultats d’un scrutin à participation citoyenne dérisoire. La constitution dit simplement « Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés ». Pas de quorum minimal, donc. Mais le fait est là : même élu sur un tout petit socle de convaincus, sans véritable contre-pouvoir parlementaire, le Président fait à peu près ce qu’il veut. Ce quinquennat en aura sans doute été la plus belle illustration.

En sortir et se sentir redevenir citoyen : une résolution pour l’an qui vient ?

Digressions 1

20 ans après, se laissera-t-elle convaincre ? Je découvre par hasard l’existence d’un appel citoyen à la candidature de Christiane Taubira pour l’élection présidentielle de 2022

A ce jour environ un peu plus 30000 signataires. C’est ici.

https://taubirapour2022.fr/

On se souvient du procès qu’il lui fut fait en 2002. Selon certains socialistes, sa candidature aurait contribué à l’éparpillement des voix de gauche et constitué l’une des causes de l’échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l’élection présidentielle. Pourquoi elle et pas les autres petits candidats d’alors ? La dame a du panache mais irrite fortement aussi.

Pour l’heure elle ne dit ni oui, ni non. Interrogée sur le sujet sur France Inter, en septembre 2019, elle dit ne pas rêver (à une candidature) puis ajoute «S’il se dégage que c’est à moi de tenir le gouvernail, de prendre les rênes, de me bander les muscles intellectuels et affectifs, de me bander tout ça et de tenir pour qu’on avance ensemble…» avant de laisser sa phrase en suspens. Relancée par les journalistes, elle finit finalement par lâcher: «S’il faut le faire ensemble, oui, je serai là».

L’ombre de 2002 plane-t-elle encore dans ces contorsions qui semblent aussi suggérer d’essayer de trouver une dynamique collective plutôt que de chercher l’homme ou la femme providentielle ?

Personnellement je ne crois pas à sa candidature. Il est tard pour monter un programme et trouver des financements. N’empêche, une Présidente noire, qui ne mâche pas ses mots et lettrée…cela aurait de la gueule.

Je ne me lasse pas cette remise en place d’Eric Ciotti

Vous avez dit romain ?

C’est une histoire idiote qui aboutit à un projet de résolution assez ridicule comme si les parlementaires n’avaient pas autre chose à faire.

Tout est parti de l’intention prêtée au musée Carnavalet de supprimer une partie des chiffres romains sur ses panneaux explicatifs. Louis XIV devient donc Louis 14. Même chose pour les siècles, comme c’est d’ailleurs déjà le cas depuis des années au Louvre ou au British Museum..

« Catastrophe culturelle », « stupidité », « fléau du politiquement correct », la presse italienne est scandalisée.

France culture résume :

« Alors que Courrier international relaie l’indignation moqueuse du Corriere della Serra – qui souligne qu’au moment où les chiffres romains disparaissent des musées français, ils apparaissent pour désigner l’événement monstrueusement populaire du Super Bowl qui a choisi la numérotation romaine au début des années 1970-, sur Twitter c’est une litanie de la désolation face à une preuve criante supplémentaire du déclin de notre beau pays qui ne saurait se remettre d’une telle perte. Mais tout ce bruit est surtout une belle supercherie montée en épingle jusqu’à l’absurde. Quand on pose courtoisement la question à l’équipe du musée Carnavalet, on nous explique que les chiffres romains n’ont jamais été bannis, ils seront bien présents à sa réouverture au printemps sur les cartels et les documents d’accompagnement. Les deux systèmes de numérotation se côtoient et se répondent dans une tentative de ne plus séparer les publics, avec l’ambition que la visite au musée soit partagée par chacun, quels que soient sa génération, son âge, son niveau de connaissance historique, sa culture nationale ou sa situation de handicap. Un projet d’accessibilité à l’histoire plus généreux que la mesquinerie des commentaires haineux qui s’abattent en pluie sur une rumeur ridicule si elle n’était pas aussi violente. Ouvrez donc les musées que l’on puisse enfin tous aller constater cette cohabitation militante des chiffres romains et des chiffres arabes par nous-mêmes à Carnavalet ! « 

Qu’importe certains ont cru utile de déposer ce texte sur le bureau de l’Assemblée…

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b4068_proposition-resolution

Nouvelles du confinement : c’est une maman qui doit en avoir marre d’être dérangée par ses ados, alors elle a punaisé ça sur sa porte :

Jusqu’où n’iront-il pas ?

« 

Fouquet : Quand la vanité mène tout droit au cachot

Quo non ascendum? », littéralement: « Jusqu’où ne monterai-je pas? » . Telle était la devise de la famille de Nicolas Fouquet dont le blason représentait un écureuil (amusant symbole de nos jours …si on peut dire).

Je ne sais pas si le Gouvernement actuel se pose la question mais il fait comme si …la seule notion de limite était devenue aussi floue que le floutage des visages de nos pandores réclamé par certains syndicats de policiers.

Et après tout, tout l’y invite, le confinement et cette violence qui n’existerait pas mais conduit un Jean-Luc Mélenchon à tweeter ceci. C’est dire.

Manifester paisiblement…un luxe de ma génération. Car la plupart des acquis sociaux, soigneusement détricotés depuis des années (notamment « socialistes »), l’ont été dans la confrontation sévère.

Ignorants de la réalité des chiffres – car plus on teste plus on trouve, mais qu’en conclure ? Les tests PCR ne valent que pour le jour où vous vous y êtes soumis et on ne sait pas grand chose de la durée de l’immunité quand vous avez contracté le Covid ou été en contact avec, donc un test sérologique subi au printemps ne veut peut-être plus rien dire – nous voilà définitivement infantilisés et emmurés.

D’ailleurs notre ministre de la santé avertit : « Le danger serait que vingt personnes (…) qui ont prévu de partager un repas pour Noël, décident de se faire tester et en confiance, se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrières, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles, pensant ne rien risquer, alors qu’en réalité, le virus est là et que le risque de transmission est réel ». En d’autres termes, la prévention ne reposerait pas sur un test négatif, mais plutôt sur le respect des gestes barrières. Devra-t-on manger, par exemple, dans des pièces séparées, soigneusement aérées, définies en fonction de notre vulnérabilité supposée, et, à quelques mètres les uns des autres, se souhaiter un bon Noël via nos smartphones. A quoi bon ? Autant organiser des festivités sur Teams ou Zoom !

De manière plus générale, qu’est-ce qui empêche un débat national sur la politique à tenir ? Voire même une réelle coordination des Etats de l’UE – à part le fonctionnement de l’UE elle-même mais on pourrait déroger, non ?

Noël en distanciel … Jean Castex ne s’y est pas risqué et je pourrais rendre visite aux miens. Mais, à y bien songer, on peut s’interroger sur cette sanctuarisation de ce jour dans un pays qui entend se proclamer définitivement laïc (quoi que dans l’Est, on fête davantage Saint Nicolas).

On me transmet, pour voir si certains articles peuvent concerner ma discipline professionnelle (droit social), le projet de loi confortant le respect des principes de la République,. Et je lis ceci dans ce que l’on appelle l’exposé des motifs :

« Tout au long de son histoire, notre République a su être à la fois intransigeante sur les principes et généreuse dans son action. Au fil des ans, patiemment, elle a rassemblé tout un peuple et, parmi ce peuple, mêmes ceux qui au départ lui étaient hostiles.

Notre République s’est construite sur des fondations solides, des fondements intangibles pour l’ensemble des Français : la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation, la laïcité.

Un entrisme communautariste, insidieux mais puissant, gangrène lentement les fondements de notre société dans certains territoires. Cet entrisme est pour l’essentiel d’inspiration islamiste. Il est la manifestation d’un projet politique conscient, théorisé, politico‑religieux, dont l’ambition est de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi commune que nous nous sommes librement donnée. Il enclenche une dynamique séparatiste qui vise à la division.

Ce travail de sape concerne de multiples sphères : les quartiers, les services publics et notamment l’école, le tissu associatif, les structures d’exercice du culte. Il s’invite dans le débat public en détournant le sens des mots, des choses, des valeurs et de la mesure.

L’idéologie séparatiste a fait le terreau des principaux drames qui ont endeuillé notre communauté nationale ces dernières années. »

Bien, bien, le séparatisme visé est assez clair – côté, égalité et laïcité, on passe large sur les années Pétain dans l’historique, car nous n’étions plus « en République », n’est-ce pas ? Mais la rhétorique ne semble pas si lointaine.

Les associations cultuelles sont dans l’œil du cyclone du projet, en particulier fiscal, dans lequel on retrouve cet article, retiré (??) d’un autre projet de loi, et reformulé en bonne place qui dit ceci :

Après l’article 223‑1 du code pénal, il est inséré un article 223‑1‑1 ainsi rédigé :

« Art. 22311. – Le fait de révéler, diffuser ou transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser, dans le but de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique, ou aux biens, est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

« Lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. »

Voilà. Tout cela sera examiné mais pas franchement discuté ou l’inverse. On peut s’attendre, selon le schéma qui prévaut depuis les dernières élections législatives à ce qu’à l’ Assemblée nationale notre représentation lyophilisée vote favorablement en faveur de l’ensemble du texte sans trop d’état d’âme (à supposer qu’elle en ait jamais eu). Au sénat, peu de chose à craindre non plus.

Même chose sur la réforme des retraites qu’on pensait suspendue sinon enterrée …

La « stratégie du choc » Covid marche à plein.

Alors, je me dis que le quinquennat précédent qui a permis, en partie, l’avènement de tout ça, comptait une voix d’une dissonance souvent jubilatoire. Entendre Christiane Taubira moucher ce pauvre Ciotti … dont je me suis toujours demandée comment on pouvait voter pour lui … un plaisir. Macron s’en amusait aussi, alors, maintenant il braconne sur des idées « ciottistes brunisantes ».

Ainsi vont nos jours évidés.

Contribution à un grand n’importe quoi

Où l’on voit (si l’on en doutait encore) que la langue du pouvoir relève d’une sorte de mécanique écologique (tant les mots paraissent aisément recyclables) et du non-sens…

….et qu’au fond l’on pourrait dire que, sur la déchéance de nationalité, F. Hollande, qui devrait laisser tomber cette « brillante » idée qui lui revient dans la figure, en est à peu près là
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sous réserve réserve d’adapter la phrase comme suit : Même si tu ne sais plus où tu vas, parce que celui persévère sur une voie calamiteuse ressemble  à un stratège auquel il manque un étage (pour reprendre les mots de notre ex-Garde des Sceaux : Canard enchaîné du 3-2-2016, p.2), fais semblant de maîtriser le sujet, sous peine de passer pour un dangereux guignol.

Faire du Machiavel impose un peu plus que de relire ses fiches cuisine politiciennes ou revisiter de vieux souvenirs élyséens de soupente mitterrandienne.

Résultat des courses : le roi de la synthèse se retrouve à cliver comme jamais et à entraîner toute son équipe dans une triste farce nationale. Piéger la droite en adoptant ses discours et marginaliser à gauche, y compris dans son propre parti, en surfant sur un sentiment défiance à l’égard des étrangers symbolisé par le vote FN, c’était vouloir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière avec. On sait ce qu’il en est de la crémière : il arrive un moment où elle ne sourit plus et ne s’en laisse plus conter. Et notre Président n’a rien d’un enchanteur.

Alors ?

Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins d’idées noires (P.Dac)

PS : Selon une rumeur Ségolène Royal entrerait prochainemant au quai d’Orsay : une étrangère aux affaires aux affaires étrangères …la bouclitude serait bouclée. Le changement dans le n’importe quoi (et/ou l’inverse) c’est maintenant !

 

Phase molle

La revoilà cette morosité post fêtes. Ponctuelle as usual. Comme dit, assez joliment, une amie, je suis en phase molle. Ce sont des moments que je sens venir comme un mauvais rhume. Un ciel voilé,  des rues en pluie, un caillou dans ma chaussure, plus rien ne répond : je suis à l’arrêt avec une furieuse tentation d’hibernation. Rendez-vous aux beaux jours et bon vent.

Point de secours à trouver dans l’actualité commémorative quand cette image là, réconfortante,648x415_place-republique-quelques-heures-avant-debut-manifestation-deja-pleine-620x397

déjà ternie par celle-ci,marche-republicaine-chefs-detats_0l’est encore davantage par les errements politiques de ces derniers jours. Tandis que le discours s’égare sur les chemins de la déchéance, que le zadiste écolo et le djihadiste armé sont fichés à la même enseigne, que notre flamboyant colibri (ainsi se définit-elle elle-même cf. le naufrage politique de Christiane Taubira sur Médiapart) ne fait plus sa part en avalisant sans avaliser tout en avalisant (cela dépend des jours et des lunes peut-être) ce qu’elle contestait hier, montrant là une singulière aptitude à avaler des boas, tandis ressurgissent les émotions d’ il y a un an perverties par cette logorrhée sinistre, me reviennent ces mots de l’oncle Bernard  :

« Autrefois, plus l’homme plaçait d’espoir en Dieu, moins il croyait en lui-même. Aujourd’hui, plus l’homme croit aux objets, moins il espère en lui-même. Demain, moins il croira aux objets, plus il espèrera dans autrui » (Marx Ô Marx pourquoi m’as-tu abandonné. Bernard Maris. Editions Champs Actuel).

Réflexion pas si loin de celle d’un lointain et nostalgique cousin de l’Est : » Les hommes ont toujours envie de croire en quelque chose. En Dieu ou dans le progrès technique (….) Aujourd’hui c’est dans le marché. Bon, admettons, on va se remplir le ventre, et après ? (…..) Les magasins sont remplis de saucissons mais il n’y a pas de gens heureux. Je ne vois personne avec une flamme dans les yeux » (Svetlana Alexievitch : La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement. Editions Actes Sud).

Curieux comme la morosité vous pousse vers des choses qui la confortent.

Alors, je traque dans le fatras des nouvelles de quoi sourire un peu.

Récolte de la semaine.

ça

Le radicalisme barbu se serait-il infiltré à Bercy ?

ou ça (désolée pour la pub préliminaire)

http://dai.ly/x3knmxi

Ou encore cette histoire de plaque écorchant le nom de George Wolinski affublé d’un y. Correction pour correction, je crois que celui-ci aurait goûté celle-là …

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Very George,  n’est-il pas ?