Pérou : côte pacifique
Je n’avais pas imaginé cela : un désert à la fois sablonneux et minéral, troué d’oasis fugitives, saupoudré de hangars d’élevage de poulets en batterie, presque à ciel ouvert, certains abandonnés, et de cultures enchevêtrées : coton, canne à sucre, vergers, vigne, pour ce que j’ai retenu.
En bord de mer, des villages désertés en ce mois de mai, hiver approchant oblige. Derrière les vitres embuées du bus, ces alternances vertes, blanches, ocre et rosées se dévident.
Le long de la route poussent des colonies dont la viabilité m’échappe. Qu’attendre de cette sécheresse et de ce vent ? Hormis le tourisme et la relative proximité des villes, je ne distingue pas la raison de cette « invasion »- selon le terme de Virgilio, notre guide- de cette installation sauvage et progressive (une cabane en feuille de palmier, puis un abri en bois, puis en dur, une ébauche de village, enfin, sans eau courante ni électricité …) si ce n’est une misère plus grande ailleurs. Avec l’opiniâtreté viendront , peut- être, ces commodités qui nous paraissent si naturelles et qui sont ici de l’ordre du luxe. Pour l’heure, il s’agit de marquer son territoire. Le marquer malgré la bourrasque venue de l’horizon.
Recroquevillés dans leurs tombes à peine protégées par de dérisoires abris en bois, des morts d’un autre âge semblent se gausser de cet univers à la fois désolé et vivant.
( à suivre)
Photos et texte S. Lagabrielle : tous droits réservés


superbe, début! j’ai hâte de pouvoir connaître la suite.BRAVO
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« Temps qui marche infatigablement dans la boue des cendres »
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Ici le sable donne plutôt bizarrement le sentiment d’un temps …arrêté ou qui temporise…..
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